Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 24 mars 2026

Éric Michoux · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°177

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Le litre de carburant coûte en moyenne 2,40 euros, dont 1,44 euro de taxes – le député Tanguy parlait tout à l’heure de 2,20 euros, mais le prix a malheureusement augmenté depuis. À un tel niveau, ce n’est pas une taxe, mais un braquage. Le carburant s’installe comme un impôt, sans débat, sans vote et sans démocratie.Manger ou conduire, il faut choisir : voilà maintenant la réalité du quotidien pour les Français – notamment les infirmières à domicile, les taxis, les artisans, les transporteurs routiers et les travailleurs en général. Dans les territoires ruraux, c’est la double peine : sans voiture, vous ne pouvez pas vivre. Après les ZFE, c’est une nouvelle assignation à résidence.Écoutez la colère qui gronde ! Ne soyez pas indifférents à la souffrance du peuple de France ! Écoutez les entrepreneurs, écoutez la France qui travaille ! Ils sont déjà saignés par vos impôts. Ils subissent de plein fouet votre hausse des carburants. Réservoirs à sec, frigos à sec, salaires à sec, économie à sec : la France est à sec par votre aveuglement ! L’augmentation du prix des carburants met un coup d’arrêt brutal à notre économie. Les Français renoncent à se déplacer et l’économie tourne au ralenti.Pourtant, baisser les taxes sur les carburants vous permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux Français : ce n’est pas de l’argent perdu, mais de l’argent réinjecté dans l’économie et la consommation, qui crée de la TVA. Allez-vous enfin baisser les taxes sur les carburants comme en Italie, en Espagne et en Suède, où elles sont passées à 5,5 % ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.)

Votre réponse ne me satisfait pas : quand le baril a été acheté à 60 ou 70 dollars à la veille de la crise et que le lendemain, le litre est vendu 20 ou 30 centimes plus cher, bien avant que le prix du baril ne passe à 100 dollars… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Vous savez très bien vous diviser tout seuls !

Je commencerai par un chiffre : 380 000 tonnes en 2024, c’est la production mondiale de terres rares. Avec des réserves mondiales estimées à 120 millions de tonnes, nous avons des stocks pour les deux cent cinquante prochaines années. Le seul souci, c’est la Chine, qui est spécialisée et concentre à elle seule 90 % de la production raffinée.En réalité, les terres rares sont partout dans notre quotidien : dans les téléphones et les ordinateurs, dans nos batteries, dans nos systèmes de stockage, dans nos véhicules, dans notre production d’énergie, et surtout, désormais, dans notre armement. Concrètement, sans terres rares, pas de communication, pas de système de santé, pas de déplacements, pas de système de défense – tout le monde a fait ce constat. Face à une telle situation, comment assurer notre souveraineté ? Comment garantir notre indépendance militaire, diplomatique, stratégique et économique ?Je voudrais insister sur la place des matériaux stratégiques dans les énergies renouvelables et les véhicules électriques. Il faut 200 kilogrammes de terres rares pour faire fonctionner certaines éoliennes standards et une tonne de terres rares pour une éolienne offshore ; 40 % des terres rares servent pour l’éolien et les voitures électriques. Et je ne parle pas du lithium, nécessaire aux batteries des véhicules électriques et produit par trois pays seulement dans le monde !Et puis, il y a le grand silence. Le silence sur les mines à ciel ouvert, en Chine, où il faut 50 à 1 500 kilogrammes de roche pour extraire un seul kilogramme de terre rare. Le silence sur les conditions inhumaines d’extraction, notamment pour les enfants au Congo. Le silence sur les traitements à l’acide pour extraire les terres rares de la roche, qui infiltrent les nappes phréatiques, Le silence sur toutes les pollutions directes ou indirectes. Le voilà, le vrai visage de l’écologie ! Une transition moralement acceptable chez nous, au détriment des droits humains, de notre souveraineté et même de l’environnement !Cet exemple est loin d’être anecdotique : la réalité est la même pour le balsa, un bois nécessaire à la construction des pales d’éoliennes, dont l’Amazonie équatorienne représente 75 % du marché. Pour chaque éolienne, ce sont 6 tonnes de balsa qui sont nécessaires. Pour un seul mât d’éolienne, il faut couper quarante arbres dans la forêt amazonienne, puis les faire venir chez nous par cargo. Voilà la face cachée de la dictature verte ! Pris de panique face à leur bêtise, ses partisans en viennent à s’inquiéter de notre dépendance aux matériaux stratégiques. C’est absurde. Ubuesque, même ! Face à ces enjeux de souveraineté qui les dépassent, ils plaident pour une meilleure filière de recyclage. De fait, seul 1 % des terres rares est recyclé. Et soudainement, nos écologistes ont une grande idée : il faut plus de recyclage. La belle affaire !Pour rappel, c’est vous qui, en 1998, avez stoppé le projet Superphénix, qui aurait permis de produire durablement des combustibles nucléaires, puisqu’il avait pour objectif d’anticiper une hausse de la demande et de limiter notre dépendance aux importations d’uranium. On doit l’arrêt de ce projet à Mme Voynet, qui était alors ministre de l’environnement. Une fois de plus, l’hypocrisie verte dans toute sa splendeur : celle qui refuse d’exploiter nos ressources, celle qui refuse d’investir dans notre industrie et qui, après, s’étonne que nous soyons dépendants !Collègues écologistes, vous voulez plus d’éoliennes, plus de solaire : assumez-en les conséquences ! Assumez la dépendance. Assumez les importations, la destruction de notre industrie. Assumez que votre modèle repose sur des chaînes d’approvisionnement que nous ne maîtrisons pas et qui sont antisociales et destructrices de la nature. On ne peut à la fois prêcher la souveraineté et organiser l’impuissance : grâce à vous, les États-Unis gèrent notre numérique, la Chine gère notre industrie, les ayatollahs gèrent notre pensée.

La France mérite mieux, elle mérite une vraie stratégie. Je vais vous donner une solution, une vision : arrêtez les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, les batteries des voitures électriques, qui ont détruit notre industrie, et vous aurez réglé 70 % du problème des terres rares ! En revanche, le recyclage n’en concernera qu’un pourcentage très faible, complètement diffus au sein de la production de téléphones. Regardons les choses en face et mettons un terme à cette industrie venue de Chine !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).