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Discours du 4 juin 2026

Éric Michoux · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°263

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Neuf cents euros net par mois…Voilà la retraite moyenne d’un agriculteur, donc même pas encore pour tous ! Sept cent quarante euros par mois…Voilà la pension moyenne d’un conjoint collaborateur et, là aussi, même pas pour tous. Pourtant, ces hommes et ces femmes ont participé à la grandeur de la France, à la reconstruction économique de notre pays ; ils ont contribué à la prospérité des Trente Glorieuses et des décennies suivantes ; ils ont permis à la France d’assurer sa prospérité et sa souveraineté alimentaire et de devenir une grande puissance agricole.Au lendemain de la guerre, lorsque la France devait se relever, ils ont été de ceux qui ont répondu présents. Sur les terres de Bresse, de Bretagne, du Sud-Ouest et du Nord comme dans nos territoires ultramarins, ils ont modernisé leurs exploitations, investi, travaillé sans compter. Ils ont accepté les sacrifices, les journées interminables, les semaines sans repos, des revenus souvent modestes ; malgré la pluie, malgré le soleil brillant et dans le froid de l’hiver, toujours dans les champs, toujours auprès des bêtes. Ils l’ont fait pour une certaine idée de la France. Ils l’ont fait pour nourrir notre pays. Ils l’ont fait pour bâtir l’agriculture la plus performante et la plus admirée du monde, qu’elle était. La puissance agricole française n’est pas née dans les bureaux des administrations : elle est née dans les champs, dans les étables, dans les vergers, elle est née du courage, du travail et de l’abnégation des générations successives d’agriculteurs.Quand une profession nourrit un pays, on ne peut pas abandonner ses membres à l’heure de la retraite.Le groupe UDR partage donc l’objectif de revaloriser les pensions des retraités prévu dans ce texte. Mais on ne construit pas de bonnes retraites avec de mauvais revenus, ni l’avenir agricole de la France à coups de formulaires, de contrôles et de contraintes administratives. On ne construit pas non plus l’avenir de la France et de l’agriculture avec les petits hommes gris de l’OFB – l’Office français de la biodiversité –, de l’Ademe – l’Agence de la transition écologique –, ou encore de l’Agence Bio, ni d’autres parmi les centaines d’agences qui existent. À ce propos, si on cherche les moyens de financer l’augmentation des retraites, simplifions les structures de toutes ces agences et nous trouverons les ressources nécessaires pour donner des retraites dignes à nos retraités.Le véritable enjeu est aussi de redonner de la rentabilité aux exploitations, de réduire les charges qui pèsent sur le travail, d’alléger le poids des prélèvements et des normes, et de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier avant de pouvoir vivre honorablement de leur retraite.Il est temps de changer de logique, de passer d’une culture de la défiance à une culture de la confiance. Nous défendons une agriculture forte, compétitive et fière, une agriculture rentable qui produit, qui innove, qui transmet. Nous le devons aux générations futures mais aussi en reconnaissance à l’engagement de nos anciens. Redonnons à l’agriculture française la place qu’elle mérite ! Refaisons de la France le grenier à blé de l’Europe !Je conclurai en citant Jean-Jacques Rousseau : « L’agriculture est le premier métier de l’homme ; le plus honnête, le plus utile, et par conséquent le plus noble qu’il puisse exercer. » Vive la France et vive les agriculteurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).