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Discours du 17 juin 2026

Éric Michoux · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°274

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Pendant des décennies, notre pays a reposé sur un mix énergétique simple et efficace. Le nucléaire produit en continu, l’hydroélectricité s’adapte aux besoins, offrant une énergie abondante, pilotable, décarbonée et souveraine, une énergie bon marché qui a donné à notre industrie un avantage concurrentiel redoutable.Puis un jour, badaboum ! Les idéologues ont remplacé les ingénieurs. L’extrême gauche décroissante, les ayatollahs verts et les technocrates bruxellois pilotés par le grand capital se sont retrouvés autour de la même table. C’était une alliance improbable. Comme souvent avec les plans des technocrates et des gauchistes, tout a marché, sauf le résultat. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes UDR et RN.) Ils ont imposé une énergie instable : les panneaux photovoltaïques et les éoliennes.On nous promettait l’écologie ; nous avons obtenu l’importation de matériels chinois, la pollution des sols et la destruction des paysages. (M. Bartolomé Lenoir applaudit.) On nous promettait l’indépendance énergétique ; nous avons obtenu la dépendance vis-à-vis de la Chine : les panneaux viennent de Chine, les batteries viennent de Chine, les terres rares viennent de Chine, les éoliennes viennent du même endroit. La facture, quant à elle, arrive bien en France. Sans parler des conditions d’extraction des terres rares : mines à ciel ouvert, bains d’acides, exploitation d’enfants au Congo.Au fond, on s’achète une bonne conscience écologique au détriment des droits humains, de notre souveraineté et même de l’environnement. La nature étant ce qu’elle est, n’en déplaise aux écolos, nous ne maîtrisons ni la force du vent ni l’intensité du soleil. La production de ces énergies intermittentes est décorrélée de la consommation.

Résultat : la France a connu l’équivalent d’un mois de prix négatifs en 2025. (Mme Alma Dufour s’exclame.) On paie nos voisins pour qu’ils acceptent gratuitement notre électricité. Dans n’importe quel autre secteur, produire pour perdre de l’argent, ça s’appelle une faillite.Toutefois, ce système aberrant ne s’arrête pas là : on priorise l’utilisation de l’énergie verte instable sur l’énergie nucléaire. Cette idée brillante s’appelle la modulation. Concrètement, on soumet nos centrales nucléaires à des arrêts forcés pour utiliser en priorité l’électricité instable.

Un tel dispositif fragilise nos centrales et accélère leur vieillissement. Un prix honnête de l’électricité devrait prendre en compte cette vétusté accélérée.Bilan de tout cela : 40 % d’augmentation de la facture d’électricité pour les Français, le tout sans consultation, sans vote et sans légitimité. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.) Pourtant, nos barrages ont un véritable rôle à jouer face aux énergies intermittentes. (Mme Alma Dufour s’exclame.) Ils peuvent stocker l’énergie en utilisant l’électricité lors des pics de production pour se réalimenter en eau.

C’est une véritable batterie souveraine, zéro carbone et made in France. Depuis trop longtemps, les investissements dans l’hydroélectricité sont freinés par l’instabilité réglementaire, le manque de visibilité et les procédures – bref, cette maladie française qui consiste à compliquer ce qui fonctionne. L’hydroélectricité est sans doute l’une des plus belles expressions du génie français. C’est l’intelligence de l’homme – et de la femme, évidemment – qui travaille la nature. Nos barrages ont façonné nos paysages. Ils font partie de notre patrimoine. Ils racontent aussi une certaine idée de la France : une France qui bâtit, qui produit et qui prépare l’avenir.Dans le grondement de leurs turbines résonne encore une ambition : celle d’un peuple qui croyait dans le travail, le progrès et la production. Nos barrages sont bien davantage que des ouvrages de pierre : ils sont des fragments de souveraineté dressés au cœur de nos terres. Ils racontent l’histoire de la France qui construit, qui invente et qui ose, la France qui ne renonce pas, la France qui propose. Vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).