Discours du 20 juillet 2026
Éric Michoux · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21
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Toutes les quatre minutes, un Français meurt d’une maladie cardiovasculaire. Huit décès pour AVC sur dix pourraient être évités. Alors même que nous revendiquions une des meilleures médecines au monde, il faut y voir un véritable scandale. Nous sommes dans un pays qui préfère financer la maladie plutôt que la prévention. Alors que prévenir coûte quelques euros, nous choisissons de guérir à grands frais de milliards. En bref, nous attendons l’infarctus pour agir : quelle absurdité !La prévention est pourtant le meilleur investissement qu’une nation puisse faire : elle sauve des vies, soulage les familles et protège le système de santé. Prévenir, c’est aussi l’économie la plus intelligente que puisse faire un pays. La prévention doit s’adresser tout particulièrement aux femmes : elles sont les premières victimes des maladies cardio-neuro-vasculaires ; leurs symptômes sont souvent sous-estimés ; elles se sacrifient et font moins de consultations préventives pour s’occuper des autres.Deux ans – j’ai bien dit deux ans –, c’est l’espérance de vie que les habitants des territoires ruraux ont perdu après cinq années de socialisme et dix années de macronisme. Quelqu’un qui vit à la campagne a deux ans d’espérance de vie de moins qu’un citadin. L’accès aux soins est devenu un privilège urbain. C’est un renoncement à la promesse républicaine d’égalité. En France, le code postal est devenu un nouveau facteur de risque : voilà le bilan sanitaire de ceux qui promettaient d’en finir avec les déserts médicaux grâce aux maisons France Santé !Bilan : plus 6,4 millions de Français n’ont plus de médecin traitant. Ce chiffre devrait suffire à déclencher un plan national. En Bresse, dans ma circonscription, comme dans beaucoup de régions rurales, consulter un généraliste impose parfois quarante minutes de déplacement routier. Concrètement, il est maintenant plus facile de trouver un dealer qu’un médecin. (Murmures sur divers bancs. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.) Voilà la sinistre réalité !Les déserts médicaux sont aussi des déserts de prévention. Il y a deux France dans notre République : celle des villes et celle des champs. Dans les territoires ruraux, décrocher un rendez-vous relève davantage du miracle que de la médecine. Pourtant, les élus se démènent et redoublent de créativité pour attirer les médecins. Ils sont seuls face au manque de professionnels de santé. Et bientôt, on demandera aux maires de soigner eux-mêmes leurs administrés, qui deviendront les patients.La bureaucratie est devenue la première maladie chronique de notre système de santé, comme de tous nos systèmes. Les médecins passent plus de temps à remplir des formulaires qu’à soigner. Ils consacrent d’ailleurs plus d’un tiers de leur temps à des tâches administratives. Pire, en dix ans, le volume du code de la santé publique a augmenté de plus de 20 %. La technocratie ronge toute la France.Un pays qui n’a plus ni âme, ni valeurs, ni ambition finit par tenir son peuple avec toujours plus de lois et de normes, plus de contrôleurs et d’inspecteurs, plus de contrôleurs de contrôleurs. Cela s’appelle le communisme. Emmanuel Macron a réussi à faire de la France le dernier pays communiste ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.) Et le communisme est une maladie qui nuit gravement à la santé ! (Sourires.)
Chers collègues, une civilisation se juge au nombre de maladies qu’elle sait éviter. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de renforcer la lutte contre les maladies neuro-cardio-vasculaires. Le groupe UDR votera pour cette proposition de loi de notre collègue – également médecin – Yannick Neuder. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).