Discours du 25 juin 2026
Ersilia Soudais · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°284
L’extrême droite ne comprend rien à l’amour. C’est bien dommage, et c’est pour cela que nous examinons des propositions de loi comme celle-ci. L’extrême droite n’est que haine. On le constate tous les jours. Hier encore, en commission des lois, nous avons entendu des propos racistes et abominables à propos des gens du voyage. D’ailleurs, madame Darrieussecq, vous dites que vous ne voulez pas être assimilés à l’extrême droite, mais, excusez-moi, hier, les macronistes ont également émis des propos extrêmement racistes, ce qui nous incline ensuite à penser que vous avez quelques idées en commun. (Mme Geneviève Darrieussecq s’exclame.)Autre anecdote : dans une discothèque de l’Aveyron, on a pu entendre « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » Il est donc bien dommage que l’extrême droite ne soit pas là, nous aurions pu insuffler à nos collègues un petit peu d’amour. Pour ma part, mon premier métier étant celui de professeure de français, j’ai dispensé à des classes de quatrième des cours sur l’amour ; quelques cours de rattrapage seraient peut-être bienvenus. Dans ce cadre, je faisais étudier à mes élèves le poème d’Éluard intitulé « Je t’aime ». L’entendre ferait du bien aux fascistes, mais ils ne sont pas là.« Je t’aime pour toutes les femmesQue je n’ai pas connuesJe t’aime pour tout le tempsOù je n’ai pas vécuPour l’odeur du grand largeEt l’odeur du pain chaudPour la neige qui fondPour les premières fleursPour les animaux pursQue l’homme n’effraie pasJe t’aime pour aimerJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’aime pas »« Qui me reflète sinon toi-mêmeJe me vois si peuSans toi je ne vois rienQu’une étendue déserteEntre autrefois et aujourd’huiIl y a eu toutes ces mortsQue j’ai franchiesSur de la pailleJe n’ai pas pu percerLe mur de mon miroirIl m’a fallu apprendreMot par mot la vieComme on oublie »« Je t’aime pour ta sagesseQui n’est pas la miennePour la santé je t’aimeContre tout ce qui n’est qu’illusionPour ce cœur immortelQue je ne détiens pasQue tu crois être le douteEt tu n’es que raisonTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moi »« Tu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moi » (« Vive l’amour ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Paul Christophle applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).