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Discours du 10 février 2026

Eva Sas · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°143

Chaque année, les entreprises touchent plus de 150 milliards d’euros d’aides, selon les chiffres de votre propre administration. Ces aides aux entreprises constituent la seule politique publique qui ne fait l’objet d’aucune évaluation. Aucun mécanisme de contrôle, de transparence ou de suivi n’a été créé pour en évaluer l’efficacité.Quasiment aucune contrepartie ni conditionnalité n’est non plus exigée. Dans la loi de finances pour 2024, nous étions néanmoins parvenus à faire adopter une condition visant les entreprises bénéficiaires des financements France 2030 relatifs aux projets écologiques : le respect de leur obligation légale de publication d’un bilan carbone.Oui mais voilà, même cette mesure minimale n’est pas appliquée, faute de décret d’application. Elle serait pourtant nécessaire, puisque 65 % des entreprises concernées ne remplissent pas leur obligation de publication d’un bilan carbone. Il faut dire que l’État est particulièrement laxiste en la matière : les sanctions sont rares et faibles – à peine 10 000 euros, soit un coût inférieur à celui de la production d’un bilan carbone.L’application de l’article 235 de la loi de finances pour 2024 permettrait au moins de s’assurer que les crédits du plan France 2030 bénéficient à des entreprises qui jouent le jeu de la transition écologique, notamment par leur transparence en matière d’émissions. Une telle exigence serait pleinement cohérente avec les objectifs environnementaux du plan, qui prévoyait d’affecter 50 % de ses financements à des actions de décarbonation.Il n’est plus acceptable que l’État subventionne des entreprises qui ne respectent pas la loi. Les investissements publics doivent être un levier de transformation, pas un chèque en blanc. Dès lors, pouvez-vous nous indiquer pour quelles raisons le décret d’application de l’article 235 n’a jamais été publié ? Pourquoi continue-t-on à distribuer des aides publiques sans même exiger un bilan carbone des entreprises ? (M. Pierre Pribetich applaudit.)

Votre réponse n’est absolument pas convaincante. J’ai l’impression que vous n’avez aucune volonté d’agir en matière d’écoconditionnalité des aides aux entreprises : vous vous livrez à des manœuvres dilatoires, qui visent à toujours reporter son application. Je suis particulièrement déçue par la pauvreté de cette réponse.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).