Discours du 28 avril 2026
Eva Sas · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°213
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Monsieur le ministre, je souhaite vous alerter sur le sans-abrisme, car de plus en plus de personnes vivent à la rue en France, dans une indifférence quasi générale. Les chiffres de la dernière Nuit de la solidarité sont effrayants : on y a recensé 3 857 personnes à la rue à Paris, un chiffre en hausse de 10 % par rapport à 2025 – avec 140 personnes dans le 20e arrondissement et 380 personnes dans le 12e, des chiffres également en forte augmentation. Mais le sans-abrisme, ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont des hommes et des femmes que la société n’a pas su protéger. Ce sont les enfants de l’aide sociale à l’enfance (ASE) qui, arrivés à majorité, sont mis à la rue. Ce sont les personnes qui vivent avec un trouble psychique et qui sont abandonnées par un système psychiatrique défaillant. Ce sont aussi les réfugiés qui ne peuvent pas travailler.Pour y répondre, il faut une politique qui s’attaque à l’ensemble de ces causes. Cela passe par des contrats jeunes majeurs pour les jeunes de l’ASE, par le renforcement des moyens de la psychiatrie, par la régularisation des sans-papiers pour qu’ils puissent travailler et se loger dignement. Cela passe aussi, bien sûr, par l’hébergement d’urgence. Et sur ce point, l’État n’est pas au rendez-vous. Le nombre de places stagne à 203 000. Les moyens, à hauteur de 200 millions d’euros, sont sous-budgétés selon la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) elle-même. Dès lors, pourquoi avoir refusé d’intégrer au budget adopté par 49.3 les amendements pour augmenter ces crédits, alors qu’ils avaient été adoptés de manière assez consensuelle par l’Assemblée et le Sénat ?Cela passe aussi par le plan Logement d’abord et par les places en pension de famille, qui constituent la seule solution durable pour sortir des personnes de la rue. C’est la raison pour laquelle nous avons fait adopter en commission des finances, avec le rapporteur François Jolivet, une augmentation du nombre de ces places. À nouveau, pourquoi avoir écarté cette mesure avec le 49.3 ?Monsieur le ministre, nous ne devons pas nous habituer à ces hommes et ces femmes dans la rue. Allez-vous enfin faire de la lutte contre le sans-abrisme une priorité de votre ministère et du futur projet de loi sur le logement ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).