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Discours du 25 novembre 2025

Fabien Di Filippo · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°68

Un constat peut être partagé par notre assemblée de façon unanime : l’intégration ne fonctionne plus comme par le passé. Les formes d’immigration ont changé ; les parcours de vie des personnes qui rejoignent la France semblent très différents. En tout cas, la puissance du communautarisme s’étend au détriment de l’intégration républicaine.Efforçons-nous d’entrer dans ce débat avec objectivité, sans tabou ni idéologie – d’ailleurs, ce sont bien souvent ceux qui accusent les autres de faire preuve d’idéologie qui en sont le plus pétris.Je m’en tiendrai donc à des chiffres et à des faits. Le chômage s’élève à 12,7 % pour les populations immigrées, à 11,6 % pour leurs descendants et seulement à 6,8 % pour le reste de la population. Nous ne sommes donc plus dans la situation que nous avons connue il y a un demi-siècle, avec une immigration de travail et une intégration qui en découlait de manière beaucoup plus simple et automatique. La France a le droit de choisir qui mérite de la rejoindre et dans quelles conditions.Lorsqu’on s’intéresse au coût de l’immigration, on peut évoquer par exemple les mineurs non accompagnés, dont on ne sait d’ailleurs pas toujours s’ils sont réellement mineurs – il faut dire que l’on s’oppose, pour l’instant, à la pratique de tests osseux. Leur prise en charge coûte 50 000 euros par an et par personne.Il faut aussi parler de l’AME et du panier de soins – même si j’ai cru comprendre que c’était un sujet tabou. Aussi caricatural que cela puisse paraître, il permet d’accéder, après neuf mois de présence sur le territoire, à des soins très loin de présenter un caractère d’urgence, comme la pose d’une prothèse de hanche ou l’intervention pour oreilles décollées – des exemples que personne n’aime entendre mais que nous cesserons de répéter. Or ce dispositif devrait uniquement se limiter à une aide d’extrême urgence dans l’objectif de se prémunir de certaines épidémies ou de sauver des vies.On peut aussi mentionner le titre de séjour pour soins, supprimé lors de l’examen, en première lecture à l’Assemblée, du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ce dispositif permet à des personnes venues de pays très développés, parfois plus riches que le nôtre, de bénéficier de la générosité de notre système social.Vous le voyez, nous ne nous contentons pas de stigmatiser certaines situations, nous soulignons les défaillances d’un système social qui est aujourd’hui – pardonnez-moi l’expression – cul par-dessus tête.Je citerai aussi le cas de certains étrangers – issus notamment de pays avec lesquels nous avons des accords qui ont été remis en cause – qui bénéficient d’aides sociales alors qu’ils n’ont jamais cotisé ni travaillé dans notre pays.J’en viens à la situation dans nos prisons. On y dénombre 19 000 détenus étrangers, soit presque un quart de la population carcérale, alors que les étrangers représentent moins de 10 % de la population française.Sur ces questions, je signale que nos voisins européens sont revenus en arrière – d’abord les Allemands, ensuite les travaillistes britanniques et même les socialistes espagnols.Il est temps de tirer les conséquences de tout cela. Je ne dis pas que les étrangers n’ont pas vocation à rejoindre notre pays, à y construire un projet de vie, à contribuer à la grandeur de la France et à sa marche en avant. Mais, en lieu et place d’une immigration incontrôlée, nous devons revenir à une immigration de travail, dans le respect des principes républicains. Les personnes qui viennent dans notre pays doivent, d’une part, avoir envie de contribuer à sa richesse par leur travail et par leur investissement et, d’autre part, dire à leurs enfants qu’ils sont des fils de France et qu’ils doivent en épouser pleinement les lois et les valeurs.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).