Discours du 12 mai 2026
Fabrice Brun · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°230
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Le groupe Droite républicaine souhaite tout d’abord saluer l’ambition défendue par cette proposition de loi – j’associe tout particulièrement notre collègue breton Jean-Luc Bourgeaux à mes propos. Le développement du transport maritime à propulsion vélique répond à des enjeux essentiels : réduire notre dépendance aux énergies fossiles, lutter contre le changement climatique et renforcer notre souveraineté énergétique. Par ailleurs, le soutien à cette filière constitue une occasion de décarboner la flotte mondiale,…
…tout en développant une filière industrielle française à forte valeur ajoutée, créatrice d’emplois et d’innovations dans nos territoires maritimes.Nous pouvons en être fiers. Nous, les Français, détenons le deuxième espace maritime mondial et sommes leaders de la filière de la propulsion vélique. Je rappelle que le premier cargo à voile est français. Cocorico ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Jean-Michel Brard applaudit également.)Toutefois, si nous partageons l’objectif de ce texte, nous nous interrogeons également sur le coût et l’équilibre des financements proposés.L’article 3 prévoit des dispositifs particulièrement incitatifs, avec des déductions pouvant atteindre 100 % des surcoûts et des majorations de 20 à 30 % selon la taille des entreprises et la proportion de propulsion vélique utilisée. Nous comprenons l’intérêt de ces mécanismes, mais ils doivent être encadrés. Ces aides doivent être ciblées vers les entreprises réellement engagées dans cette transition, limitées dans le temps et proportionnées à nos contraintes budgétaires.S’agissant du financement, l’article 4 ouvre la voie à la mobilisation des certificats d’économie d’énergie. Nous saluons l’encadrement par la commission de l’usage des C2E à titre expérimental pour trois ans. Ils doivent toutefois rester prioritairement consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments, qui représente déjà un défi considérable pour notre pays. Nous devons veiller à ne pas disperser ces moyens, au risque d’affaiblir cet effort essentiel pour les Français et pour le secteur de l’artisanat.Au-delà de ce texte, nous devons défendre une vision globale de l’avenir du commerce maritime français. La propulsion vélique constitue une réponse intéressante, mais elle ne pourra être la seule solution à la décarbonation du secteur. Le transport maritime représente aujourd’hui près de 2,9 % des émissions mondiales de CO2 et le coût pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 est estimé entre 75 et 110 milliards d’euros pour la filière française. Dans ce contexte, nous devons explorer toutes les alternatives technologiques crédibles et par conséquent soutenir également le développement du nucléaire maritime civil. La France possède une expertise nucléaire reconnue dans le monde entier. Elle doit être capable de la mobiliser pour construire les navires décarbonés de demain, garantir notre indépendance énergétique et préserver notre compétitivité maritime.
Face au réveil des grandes puissances et au retour des logiques impérialistes en Russie, en Chine et aux États-Unis, la France doit poursuivre une ambition maritime complète. Elle doit innover, produire, protéger ses armateurs, préserver la compétitivité économique du secteur et maîtriser ses routes commerciales. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) C’est à ces conditions que nous pourrons défendre une vision française et européenne d’un commerce maritime libre, durable et souverain. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Jean-Michel Brard applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).