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Discours du 7 avril 2025

Fabrice Roussel · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°163

Je tiens tout d’abord à remercier les élus de Moselle pour cette initiative parlementaire et à saluer les sénateurs, notamment ceux de Loire-Atlantique, qui ont fait en sorte que cette proposition de loi prenne en considération le devenir de la centrale de Cordemais.Ce texte est important, car il redonne des perspectives d’avenir à des sites de production d’énergie laissés sans solution depuis plus de cinq ans. C’est essentiel pour redonner espoir aux salariés, aux bassins économiques, et pour contribuer concrètement à la transition énergétique et à la souveraineté industrielle. Je pense que nous partageons l’idée que la fermeture des centrales à charbon, prévue par la loi « énergie-climat » de 2019, est nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Union européenne et ceux que la France s’est fixés.Initialement prévue pour le début de l’année 2022, cette fermeture a dû être reportée en raison des menaces qui pesaient sur la sécurité d’approvisionnement de notre pays, ainsi que de l’indisponibilité importante du parc nucléaire cette année-là. Désormais, la sécurité d’approvisionnement semble de nouveau garantie et ne nécessite plus le maintien de l’activité des centrales à charbon. Notre pays prévoit donc la cessation totale de l’usage de ce combustible fossile d’ici à 2027.Allant dans cette direction, le site de Saint-Avold est parvenu à faire émerger un projet consensuel de reconversion mélangeant gaz naturel et biogaz. Son modèle économique, cela a été dit, reposera sur sa participation au mécanisme de capacité. Le maintien de cette centrale, dite reconvertie, dans ce territoire va contribuer à la transformation de son bassin industriel, faciliter l’implantation de nouveaux projets et contribuer ainsi au dynamisme économique local.C’est parce que ce projet nécessite l’adoption de nouvelles dispositions législatives que nous examinons cette proposition de loi et que le groupe Socialistes et apparentés votera en sa faveur.Concernant l’avenir de Cordemais, l’affaire est tout autre. C’est, avec la centrale de Saint-Avold, la dernière centrale à charbon en activité sur le territoire français. En Loire-Atlantique, ce sont près de 500 salariés qui participent activement au dynamisme économique de la région, et plus d’un millier en comptant les emplois indirects. Le devenir du site, dont l’emprise s’étend sur 150 hectares, est un enjeu majeur pour le territoire.Je tiens d’ailleurs à saluer la mobilisation des salariés, qui ont œuvré sans relâche pour assurer la pérennité du site (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également), et l’engagement des élus locaux, qui ont travaillé pour qu’il y ait un avenir à Cordemais.Ce site présente en effet bien des intérêts : infrastructures opérationnelles, compétences reconnues, dispositif pilotable, relié à RTE, et situé en bord de Loire. Les salariés ont mis beaucoup d’énergie dans le projet Ecocombust. (M. Julien Gokel applaudit.) Malheureusement, il a été balayé d’un revers de main par EDF, alors même que le président de la République s’était engagé, le 24 septembre 2023, à la conversion des centrales à charbon à la biomasse. La parole présidentielle aura donc été bafouée par une entreprise détenue à 100 % par l’État ! Un comble !

Il est temps de contraindre l’opérateur à concevoir un projet en adéquation avec son territoire. Si l’article 4 de cette proposition de loi le formalise, ce n’est d’ailleurs pas là une nouveauté. Cette demande était déjà inscrite dans le pacte de Cordemais, signé par l’État et les collectivités en 2020 et visant à assurer l’avenir économique, social et écologique du territoire. Ce pacte demandait à EDF de s’engager dès 2022 pour proposer des projets alternatifs. Or il n’en a rien été. Espérons qu’un texte de loi aura plus de poids que la signature d’un pacte.Quant à l’annonce de l’implantation d’une usine Framatome pour nous faire passer la pilule, elle ne peut pas être une solution. Ce projet d’usine de fabrication de tuyaux destinés aux réacteurs nucléaires de type EPR 2 n’est en rien une activité de production d’énergie. Les compétences humaines qu’elle nécessite sont sans rapport avec celles d’une centrale, et seuls 200 emplois sont annoncés. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et LFI-NFP.)Ce site doit rester un site de production d’énergie. Et si rien, dans cet article 4, n’impose à EDF la réalisation du plan qu’il devra présenter au plus tard le 31 décembre 2026, les salariés comptent sur vous, et sur nous, pour obliger EDF à tenir ses engagements. Le site présente un potentiel de reconversion réel, que ce soit avec la biomasse, l’hydrogène, ou encore l’éolien offshore. Monsieur le ministre, il vous appartient donc d’aller au bout de vos engagements et de trouver une solution convenable pour les 500 employés de Cordemais, qui sont baladés depuis des années, sans certitude quant à leur sort. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).