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Discours du 11 juin 2026

Fatiha Keloua Hachi · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268

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Tout à fait !

C’est n’importe quoi !

Soyez honnête !

Aujourd’hui, en France, la précarité étudiante n’est plus un phénomène marginal. Elle est devenue une réalité de masse. Des centaines de milliers d’étudiants peinent à se nourrir, à se loger et à vivre dignement pendant leurs études. Les statistiques sont terrifiantes : un étudiant sur trois déclare sauter régulièrement des repas, faute de moyens financiers. En un an, le coût de la vie étudiante a augmenté de 4 %, principalement sous l’effet de la hausse des loyers. Même les logements Crous ont vu leurs loyers augmenter, accentuant encore davantage les difficultés des étudiants les plus modestes.Cette situation bouleverse profondément les parcours universitaires. Beaucoup travaillent en parallèle de leurs études dans des conditions épuisantes. Les étudiants ayant recours à l’aide alimentaire redoublent presque deux fois plus que les autres. Enfin, 22 % des étudiants envisagent de raccourcir leurs études pour des raisons économiques, quand d’autres sont contraints d’y renoncer complètement.Face à ce constat catastrophique, nous nous sommes battus pour imposer le repas à 1 euro dans tous les Crous. Après deux années de combat parlementaire, cette victoire collective a constitué une avancée majeure, parce qu’aucun étudiant ne devrait avoir à choisir entre manger et réussir ses études. Malheureusement, ce dispositif reste inégalement appliqué et encore insuffisant au vu des enjeux.C’est pourquoi cette proposition de loi est fondamentale. Pour lutter contre la précarité étudiante, l’indexation des bourses sur l’inflation est indispensable – je dirai même qu’elle relève du bon sens. Leur annualisation est également essentielle, car la précarité ne s’arrête pas pendant l’été. Le Parlement doit donc voter pour ce texte.Je rappelle que, depuis plusieurs années, au moment des débats sur le projet de loi de finances, un amendement indexant les bourses sur l’inflation est déposé par mon groupe politique sur la mission Recherche et enseignement supérieur. Il a même été adopté en commission. Par cohérence, il paraît logique d’adopter cette mesure aujourd’hui.Parce que le combat pour une véritable prise en compte des réalités sociales étudiantes est loin d’être fini, il nous faudra ensuite ouvrir une réflexion plus globale sur le système des bourses – je pense notamment à l’établissement de nouveaux critères et à une meilleure prise en charge des réalités sociales.Je vais faire taire les macronistes : ce n’est pas à cause des socialistes que l’acte II de la réforme des bourses n’a pas eu lieu. Certainement pas ! Je crois plutôt que cela était trop cher pour vous.

Il n’y a eu aucune négociation, il y a eu une dissolution et un nouveau gouvernement macroniste en 2024. Faites un petit effort de mémoire !Enfin, la discussion sur une allocation d’autonomie devra être reprise. Il y a beaucoup à faire. Cette réflexion devra aussi être liée à une grande réforme du logement étudiant. En effet, les promesses faites par Emmanuel Macron, en 2017 puis en 2022, de créer 35 000 logements étudiants supplémentaires d’ici 2027 n’ont pas été suivies d’effets. Des milliers d’étudiants ne trouvent pas à se loger, vivent dans des logements insalubres ou consacrent une part exorbitante de leurs revenus à leur loyer. Certains dorment même à la rue.Or sans logement stable, sans alimentation digne, il n’y a pas de réussite étudiante possible. Permettre à chaque étudiant de vivre dignement pendant ses études est absolument fondamental. C’est un investissement collectif dans l’avenir des jeunes et de la France. Pour que l’accès aux études supérieures ne dépende plus du milieu social dont le jeune est issu, mais soit enfin garanti à tous, nous voterons cette magnifique proposition de loi. Je remercie Mme la rapporteure et le groupe GDR de l’avoir présentée. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).