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Discours du 16 juillet 2026

Fatiha Keloua Hachi · Première session extraordinaire 2026 · séance n°17

Je ne suis pas adepte des amendements de suppression, mais celui-ci me paraît important, car la philosophie qui sous-tend l’ensemble de cet article ne convient pas du tout. La protection de l’enfance ne peut pas devenir, faute de moyens, une politique d’accélération de la rupture avec les familles. Sa vocation est avant tout d’accompagner les familles, de soutenir les parents lorsqu’ils traversent des difficultés et de préserver, chaque fois que possible, le lien entre l’enfant et sa famille.Qui seront les enfants adoptés ? Ceux dont les parents sont les plus vulnérables : des parents souffrant de troubles psychiques, plongés dans la précarité, des parents que notre système n’aura tout simplement pas eu les moyens d’accompagner.Alors que les services de la protection de l’enfance sont exsangues, que les professionnels manquent et que l’accompagnement éducatif est fragilisé, raccourcir les délais de constat de délaissement parental fait courir le risque que les décisions soient prises sous la contrainte des carences du système, et non au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est pourquoi nous demandons la suppression pure et simple de cet article.Sans moyens supplémentaires, une telle disposition risque surtout de donner l’illusion d’agir, tout en fragilisant les droits des familles. Une politique ambitieuse de protection de l’enfance commence par donner aux professionnels les moyens d’accompagner les enfants et les parents ; elle ne commande surtout pas d’accélérer les procédures parce que nous n’avons pas investi dans cet accompagnement.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).