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Discours du 17 novembre 2025

Félicie Gérard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°56

Nous examinons ce soir une motion de rejet du PLFG pour 2025 déposée par le groupe La France insoumise. Par définition, une motion de rejet consiste à refuser le débat. Nous ne sommes donc plus à une contradiction près : depuis des semaines, La France insoumise nous dit craindre que l’Assemblée nationale ne puisse aller au terme de la discussion et voter sur le projet de loi de finances – mais là, elle refuse purement et simplement le débat.

Le projet de loi de finances de fin de gestion n’a pourtant rien d’anecdotique : il adapte les crédits aux réalités de l’exécution budgétaire et sécurise les dépenses indispensables à la continuité de l’action publique. Rejeter ce texte d’office, c’est prendre le risque de laisser des dizaines de dispositifs sans cadre budgétaire et ainsi d’aggraver notre déficit. Votre motion de rejet ne propose pas de solution alternative. Le groupe Horizons & indépendants votera donc tout simplement contre. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et EPR.)

Le projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 est un texte technique ; il n’en demeure pas moins essentiel puisqu’il permet de contrôler l’exécution du budget en cours et de s’assurer que les engagements pris sont tenus.L’objectif de déficit était fixé à 5,4 % pour 2025. Le groupe Horizons & indépendants l’avait souligné en février lors de l’adoption de la loi de finances initiale : cet objectif n’était pas assez ambitieux. Néanmoins, il permet d’amorcer une reprise en main de nos comptes publics. Cet objectif doit donc impérativement être préservé et ne pourra l’être qu’à la condition d’adopter ce texte.Ce projet de loi est nécessaire car il permet de couvrir les dépenses obligatoires intervenues en cours d’année. C’est par exemple le cas de l’allocation aux adultes handicapés, des dépenses de sécurité civile ou encore de la solde de nos militaires. Toutes ces dépenses ne peuvent être supprimées et, en cette fin d’année, nous devons procéder à des ajustements budgétaires pour assurer leur financement. Cela doit se faire par des redéploiements internes et des annulations de crédits – si bien qu’au total, nous ne dépensons pas davantage.C’est assez rare pour le souligner : le niveau de déficit fixé par la loi de finances initiale a été respecté, malgré un contexte économique instable. C’est le signe d’une exécution budgétaire plus maîtrisée que les années précédentes,…

…notamment grâce à des surgels budgétaires et à un pilotage des dépenses de l’État plus resserré tout au long de l’année. Cependant, nous l’avons rappelé lors de l’examen en commission : cette stabilité du déficit ne doit surtout pas nous conduire à relâcher nos efforts de maîtrise des comptes publics.

Le respect de la trajectoire fixée par la loi de finances repose en partie sur des facteurs conjoncturels, tels qu’une dynamique favorable des recettes fiscales. Or rien ne garantit que ces conditions favorables se maintiendront. Rien ne garantit non plus que cette assemblée poursuivra l’effort de réduction du déficit en 2026 : le vote de dizaines de milliards d’euros de dépenses supplémentaires, lors de l’examen du budget en commission des finances, n’est pas de nature à rassurer sur le sérieux du texte qui résultera de nos travaux. Nous demeurons donc dans une zone de risque budgétaire : la moindre variation de taux, la moindre dégradation de la conjoncture économique, la moindre instabilité politique nouvelle induite par nos votes aggravera le déficit.Le groupe Horizons & indépendants, mes chers collègues, n’a de cesse de le répéter : le sérieux budgétaire et la trajectoire de réduction de la dette ainsi que du déficit ne sont pas négociables. L’objectif de réduction de la dette et du déficit fixé en loi de finances pour 2025, pour insuffisant qu’il nous soit apparu, a néanmoins été tenu. Notre groupe votera donc en faveur du PLFG pour 2025. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).