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Discours du 13 janvier 2026

Félicie Gérard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°111

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Nous avons maintenant l’habitude d’ouvrir nos débats par une motion de rejet préalable. Mais celle-ci aurait plus que d’autres des conséquences dangereuses pour notre pays. Le texte serait évidemment rejeté mais, surtout, nous n’aurions plus aucune possibilité d’adopter un budget pour la France avant fin janvier, alors que, dans chacune de nos circonscriptions, le message est le même : les Français nous appellent à clore enfin cette séquence budgétaire. Ils nous demandent de leur donner de la visibilité fiscale et de la stabilité, et de tout faire pour qu’un budget soit adopté au plus vite.Les débats ont eu lieu et les désaccords restent parfois importants, mais nous ne pouvons pas répéter éternellement les mêmes débats et procéder aux mêmes votes. Nous devons mettre un terme le plus rapidement possible au cadre exceptionnel de la loi spéciale, dont la prolongation a chaque jour des conséquences directes sur nos concitoyens. Pour cela, nous devons avancer, et donc rejeter cette motion. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe DR.)

Chacun peut le constater : sur ce projet de loi de finances pour 2026, les discussions sont longues et les compromis difficiles. C’est ce qui nous a conduits à adopter, en décembre dernier, une loi spéciale : un service minimum budgétaire qui assure le fonctionnement de l’État mais qui ne nous donne aucune visibilité sur l’avenir. Les discussions budgétaires étaient nécessaires. Elles ont lieu en première lecture et tous les sujets ont fait l’objet de votes dans l’hémicycle. Le temps des débats est donc révolu ; vient maintenant le temps de doter la France d’un budget.Car, pendant que nous tergiversons, le pays attend. Nos agriculteurs attendent – réclament – des réponses rapides et concrètes à la crise qu’ils traversent. Dans un monde toujours plus instable, nos armées attendent les moyens nécessaires à leur montée en puissance. Nos collectivités locales attendent une visibilité qui leur permettra de préparer l’avenir de nos territoires. Nos entreprises attendent de la stabilité – pour investir, pour créer des emplois et de la richesse. Sans cela, nous ne pouvons financer notre modèle social.Voilà notre boussole ; mais le compromis ne peut se faire à n’importe quel prix. L’adoption du PLFSS a coûté près de 9 milliards d’euros à notre pays – nous avons lancé l’alerte sur ce point à maintes reprises. Le recours à une loi spéciale a coûté, lui, près de 3 milliards supplémentaires. Au total, ce sont donc 12 milliards qu’il nous faut trouver pour maintenir le déficit public sous la barre des 5 %.Le groupe Horizons & indépendants a fait de la maîtrise du déficit un de ses objectifs prioritaires. C’est la condition de notre souveraineté. C’est le respect de la parole de la France, qui n’est pas négociable. Certains, pour y parvenir, continuent de vouloir augmenter les taxes et les impôts. Dans un pays déjà champion du monde de la pression fiscale, il serait pourtant irresponsable de continuer dans cette voie. La France a besoin d’investissements et de croissance ; elle n’a pas besoin de nouveaux outils fiscaux.Dès lors, la maîtrise de nos dépenses publiques est la seule voie qui s’impose. Je n’ai de cesse de le répéter : la baisse de nos dépenses publiques n’est pas une option mais une nécessité. L’État doit pour cela se recentrer sur ses missions régaliennes et mettre fin aux doublons ainsi qu’aux dispersions en tout genre. Chaque euro investi doit l’être avec rigueur, avec efficacité, et dans une vision de long terme.À partir du texte voté au Sénat, nous proposerons des amendements utiles pour la France et pour les Français. Nous défendrons la suppression de nouvelles taxes dangereuses pour la compétitivité de notre pays. Nous proposerons, par exemple, de supprimer l’augmentation du plafond de la taxe sur les cartes grises. Cette augmentation pèserait sur les Français pour lesquels l’utilisation de la voiture n’est pas une option, mais une nécessité. Nous proposerons, de nouveau, la prolongation de la défiscalisation des pourboires. Pour inciter ceux qui le peuvent à investir, pour soutenir l’offre de logements et pour que tous nos concitoyens puissent se loger, nous défendrons avec notre collègue François Jolivet la création d’un véritable statut du bailleur privé.Enfin, nous soutiendrons toute réduction d’une dépense publique qui n’est pas efficiente.Comme toujours, le groupe Horizons & indépendants restera ouvert à toute proposition responsable, aussi longtemps que durera le débat. Cependant, ce débat, en réalité, a déjà eu lieu – chacun le sait. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – M. Nicolas Ray applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).