Discours du 11 mai 2023
France Jamet · Vers un secteur des algues de l’Union fort et durable (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, l’inestimable valeur de l’or bleu n’est plus à démontrer. Le problème, c’est que nos politiques publiques peinent à l’entendre. J’en veux pour preuve le potentiel inexploité des algues en Europe aujourd’hui, qui ne représente qu’1 % de la production mondiale. Notre algoculture est au stade embryonnaire, alors que scientifiques, nutritionnistes et industriels s’accordent à vanter l’intérêt des plantes aquatiques dans de multiples domaines: chimie, antibiotique nouvelle génération, bioéthanol, complément alimentaire, cosmétique, compost, biogaz.
Les débouchés sont multiples, à condition d’en prendre la mesure et de savoir les exploiter et les rentabiliser. Même les phosphates et les nitrates dégagés par les algues vertes qui s’amoncellent sur notre littoral breton pourraient être exploités pour faire pousser des algues vertueuses sous contrôle, dont la plus-value pourrait contribuer notamment à dédommager nos communes impactées, et leur donner le pouvoir de revaloriser leur territoire.
Mais face aux gros opérateurs, aux lobbies de la chimie et des multinationales, je ne pense pas qu’il soit besoin de rapport ou d’expert missionné par la Commission. Nous devons dès maintenant faire preuve de courage, d’audace et de volonté politique. Et si nous n’innovons pas, si nous restons à la traîne en matière de recherche, cette richesse naturelle va nous échapper et notre production locale sera condamnée. Notre souveraineté alimentaire sera l’enjeu de demain, nous le savons tous. Nous devons défendre l’or bleu, nos mers, nos océans maintenant.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.