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Discours du 3 juin 2025

François Bayrou · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°223

Avant de répondre très directement à la question que vous m’avez posée, je souhaite que nous ayons une pensée pour les forces de l’ordre, ceux qui font le travail, ceux qui sont sur le terrain, ceux qui subissent ces assauts. (Les députés et les membres du gouvernement se lèvent et applaudissent.)Merci de ce mouvement.

Ce sont ces forces qui subissent ces attaques et ces agressions, et qui, en notre nom, font l’impossible pour maintenir l’ordre dans les événements que vous avez si justement décrits.Vous avez ainsi décrit ce qu’est l’exaspération de millions de Français qui regardent ces scènes avec le sentiment qu’il n’y a rien à faire, que c’est une fatalité. Ce sentiment est inacceptable. Posons la question simplement : pouvons-nous ne rien faire face à la multiplication de ces événements ? Ma réponse est non.Vous avez indiqué plusieurs pistes pour améliorer la réponse pénale à ces actes.Je veux dire deux choses qui traduisent mon sentiment. La première, c’est peut-être – et le garde des sceaux l’a proposé – que là où sont inscrites dans la loi des peines maximales, on puisse inscrire aussi des peines minimales. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe HOR. – M. Emeric Salmon applaudit aussi.)

La deuxième chose, c’est que ces événements…

…n’ont rien à voir avec une rixe à un coin de rue. C’est prémédité, préparé, organisé ; ce sont des violences en réunion pour lesquelles la loi prévoit des aggravations de peines, mais qui sont extrêmement complexes car elles exigent des accumulations de circonstances particulières, notamment quant à la gravité des blessures.

Il faut être beaucoup plus clair et que l’aggravation des peines liée à des violences en réunion et préméditées soit plus nette, plus lisible pour tout le monde, notamment en simplifiant l’application des circonstances aggravantes.

Donc premièrement, peines minimales quand il le faut, deuxièmement, amélioration des circonstances aggravantes de telle sorte qu’il soit clair aux yeux de tous…

…que ce type de violences préméditées, préparées, organisées et désormais régulières, ne peut être accepté dans un pays comme le nôtre. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).