Discours du 20 juillet 2026
François Jolivet · Première session extraordinaire 2026 · séance n°22
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Le groupe Horizons & indépendants ne votera pas la motion de rejet. C’est nous inviter à ne pas débattre. Nous n’avons pas peur du débat. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Lorsque l’on invite à ne pas débattre, cela signifie que l’on est prisonnier de dogmes, et nous ne souhaitons pas l’être. Nous voulons débattre pour, je le rappelle, une loi d’urgence agricole. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
Le groupe Horizons & indépendants considère que nul ne naît pour subir son origine, sa vie personnelle ou sa profession, et qu’il appartient à la puissance publique de proposer des solutions, de protéger, afin que chacun puisse choisir, à chaque moment de sa vie.Ce qui nous réunit ce soir, c’est l’agriculture, ce sont les familles d’agriculteurs – car l’agriculture se pratique en famille. La commission mixte paritaire est parvenue le 16 juillet à un accord que certains jugent inespéré et qui est aujourd’hui soumis à notre vote.
La commission mixte paritaire, reconnaissons-le, a amélioré le texte. Le projet de loi contribue à répondre aux multiples crises climatiques, économiques et sociales qui frappent l’agriculture. Il ne résoudra pas tous les problèmes ; il restera nécessaire d’accompagner certains agriculteurs qui quittent le métier, ce qui me fait mal, à moi qui viens de ce métier et de cette famille.Le texte contient trois axes par lesquels le gouvernement, contrairement à ce qu’on raconte sur certains bancs, répond à la très grande majorité des demandes de toutes les organisations syndicales agricoles.
Le premier axe concerne l’eau, dont le stockage sera facilité. Madame la ministre, vos conseillers ont dû vous dire qu’en 1990, un ministre assis à votre place avait lancé la création des retenues collinaires qui, dans mon département de l’Indre, ont été baptisées étangs. Les agriculteurs qui ont investi dans ces dispositifs subventionnés par l’État ne sont plus autorisés à irriguer ; par ce texte, vous réparerez ce non-sens.Le second axe touche à la prédation du loup ; je souhaite rendre hommage au travail de notre collègue Xavier Roseren, rapporteur pour ces articles en première lecture. Il est difficile, pour un éleveur, de se dire tous les matins, en allant voir ses animaux, que certains auront disparu. Dans les zones de montagne, on les retrouve dans les ravins, quand on les retrouve ; dans l’Indre ou dans la Vienne, on les retrouve étendus dans les champs. Les agriculteurs vont voir leurs animaux tous les jours. Je vous remercie d’avoir répondu à leur attente.Le troisième axe est relatif aux moyens de production, notamment aux bâtiments d’élevage. Il s’agit de donner à toute personne, notamment dans les zones intermédiaires, la possibilité de vivre de l’agriculture et de profiter de la valeur ajoutée qu’il produit à l’aide de bâtiments d’élevage, par exemple de poulaillers. Il n’est pas question ici, comme je l’ai entendu, d’élever des poulets par millions ; cela n’existe pas en France, et d’ailleurs nulle part dans le monde. Que de mensonges entend-on à cette tribune ! Il s’agit surtout de faire en sorte que celles et ceux qui ne connaissent pas l’agriculture cessent d’attaquer en justice tout et n’importe quoi au nom de dogmes et d’idéologies vendus comme la vérité, alors qu’ils ne sont que mensonges. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)À ceux qui, depuis la tribune, accusent le gouvernement d’être complice du saccage du monde, je vous invite à regarder le monde et la place qu’y occupe la France. L’agriculture française est la plus saine au monde. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Disons la vérité ! Vous faites de cette question un enjeu politique, or la politique ne fonctionne pas sur des mensonges. Les électeurs vous donneront tort. Comme l’a très bien dit le président Fesneau, nous préférons croire à la science plutôt qu’aux complots. Renoncer à la science, qui a construit la Ve République, c’est entrer dans le parti des complotistes ; nous ne souhaitons pas cela. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe EPR. – MM. Eric Liégeon et Éric Martineau applaudissent également.) Contrairement à ce que vous affirmez, les produits que vous évoquez ne seront pas autorisés par le texte : ils demeureront interdits. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe HOR.)
Je remercie Mme la ministre de l’agriculture et M. le ministre délégué chargé de la transition énergétique d’avoir défendu cette mesure.Vous comprendrez bien que nous ne votons pas ici le texte d’un sénateur que l’histoire oubliera ; nous votons une loi d’urgence agricole. Je vous invite à l’adopter pour les familles d’agriculteurs, pour ceux qui aimeraient vivre de leur métier et n’y parviennent pas. Le groupe Horizons & indépendants votera majoritairement pour le projet de loi, et j’en suis heureux. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).