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Discours du 17 juin 2026

François Piquemal · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°274

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Monsieur le ministre, madame la rapporteure, monsieur le président de la commission des affaires économiques, j’espère que vous allez bien aujourd’hui et que vous êtes en forme, parce qu’en écoutant tout à l’heure ma collègue macroniste, on aurait presque cru que le Grand Soir arrivait. Je suis désolé de vous le dire, mais ce n’est pas le cas. Cette proposition de loi n’améliorera pas les conditions de vie des millions de Françaises et de Français qui attendent un logement digne.Pourtant, son intitulé laisse entendre qu’elle faciliterait l’accès des fonctionnaires au logement public. J’aurai donc plusieurs questions. Cette loi, qui affiche une telle ambition, annonce-t-elle la construction massive de logements publics ? Enfin, disons la construction d’un nombre raisonnable de logements, comme le demande l’Union sociale pour l’habitat – et non La France insoumise –, soit 200 000 logements publics par an, afin de répondre à une demande qui a explosé sous le régime macroniste, avec désormais 2,7 millions de ménages en attente d’un logement public.

Désolé, vous serez déçus, comme moi.Prévoit-elle la généralisation de l’encadrement des loyers ? Bien sûr que non. L’encadrement des prix du foncier, qui empêchent de nombreux jeunes ménages d’accéder à la propriété ? Non. Un meilleur partage de la propriété immobilière, à l’heure où l’on sait que 3,5 % des multipropriétaires détiennent la moitié des logements mis en location ? Non.

Prévoit-elle un retour vers le futur, comme dans le célèbre film que vous connaissez sûrement ? Non. Ici, il s’agit plutôt d’un retour vers le passé, vers le XIXe siècle, lorsque l’accès au logement d’un travailleur dépendait du bon vouloir de son seigneur ou, pour parler le langage moderne, de son employeur. Désormais, on pourra mettre fin à votre bail dans un logement public si, au fil de votre parcours de vie professionnelle, vous décidez de quitter la fonction publique. Y aura-t-il encore des logements pour les plus précaires ? De moins en moins, puisque l’on puisera dans ceux qui leur sont destinés pour les attribuer, éventuellement, à des fonctionnaires dans le besoin.On réinvente ici une ruse assez éculée du capitalisme : attiser la guerre des pauvres entre eux. C’est quelque chose que l’on retrouve dans le magma macroniste. Et, cerise sur le ghetto de ces années macronistes, on en arrive à encourager la vente de terrains publics en pleine crise du foncier. Autrement dit, on prive la puissance publique des moyens nécessaires pour mener une stratégie foncière et planifier la construction de logements accessibles.Bref, j’ai essayé de synthétiser au maximum et je ne serai pas plus long. Vous l’aurez compris, La France insoumise votera contre cette proposition de loi, qui s’inscrit dans la logique macroniste que l’on connaît depuis des années en matière de logement et qui a démontré jusqu’ici son inefficacité, avec un bilan pour le moins calamiteux, alarmant et catastrophique. Mais, je vous rassure, madame la rapporteure, monsieur le président de la commission, monsieur le ministre, car je sais que vous l’espérez au fond de votre cœur : Jean-Luc Mélenchon arrive. Ce sera en 2027. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).