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Discours du 25 juin 2026

François Piquemal · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°285

Il se fonde sur l’article 58 de notre règlement. Je propose de voter une nouvelle suspension de séance.

Ce sous-amendement rédactionnel substitue « dont » à « en particulier ». (M. Paul Vannier applaudit.)La question du mariage est une question de société. Il s’agit de pouvoir choisir avec qui l’on souhaite s’unir. Je vous vois opiner du chef ; mais ce qui peut passer aujourd’hui pour une vérité de La Palice n’a pas toujours été vrai, en particulier sous l’Ancien régime où les mariages étaient contraints et forcés.La présente attaque contre le droit de se marier nous ramène en quelque sorte à ce qui se pratiquait à l’époque. Les parents décidaient qui se mariait avec qui ; aujourd’hui, M. Ciotti entend décider pour nos concitoyennes et nos concitoyens avec qui ils ont le droit de se marier.Voilà une vision bien rétrograde d’un droit pourtant reconnu par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ce matin, Antoine Léaument nous a lu de très beaux articles de la Déclaration de 1793…

Il y reviendra. Le libre choix de son conjoint ou de sa conjointe est un acquis de la Révolution française.Notre débat voit donc s’opposer deux visions. La première se réclame de la France éternelle – il s’agit en vérité de celle de l’Ancien régime, de celle de l’époque où l’on ne pouvait pas se marier avec qui l’on voulait. (« Oh ! » sur les bancs des groupes RN et UDR.) L’autre se réclame de nos acquis sociaux, idéaux et révolutionnaires ; elle se réclame de la nouvelle France que vous n’arrivez toujours pas à comprendre. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

En vertu de l’article 58, alinéa 5, du règlement, je souhaite que l’Assemblée se prononce sur une suspension de séance.

Les sous-amendements que nous avons déposés s’inscrivent dans la logique du respect des droits fondamentaux. Celui-ci concerne le « droit de mener une vie familiale normale ». Cette formulation est consacrée par la Convention européenne des droits de l’homme et par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.Le combat que nous menons aujourd’hui nous distingue de celles et ceux qui défendent cette proposition de loi qui restreint le droit au mariage, notamment le mariage des personnes qui attendent une régularisation.

Nous, nous défendons les droits fondamentaux pour toutes et tous, y compris pour celles et ceux dont, parfois, nous dénonçons l’avidité et la cupidité. Je veux parler évidemment des ultrariches. Pour vous, ils ne posent pas de problème, vous composez très bien avec eux et vous les soutenez quand il le faut. Ces ultrariches sont des humains comme vous et moi. Leur cœur peut donc battre pour une personne et il peut battre pour une personne qui n’a pas la nationalité française, sans qu’ils le sachent, tout simplement parce qu’ils ne lui ont pas demandé. Peut-être demandez-vous systématiquement à quelqu’un que vous rencontrez sa carte d’identité ou son passeport pour vérifier s’il est français.

François-Henri Pinault, dont la fortune est considérable, s’est ainsi marié en 2009 avec Salma Hayek, qui était mexicaine. Grâce à l’amour et à ce mariage, elle est devenue française. Nous sommes très heureux que Salma Hayek soit française, ne vous en déplaise, chers collègues du Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Je demande, à titre individuel, un vote de l’Assemblée sur une suspension de séance, sur le fondement de l’article 58, alinéa 5 du règlement.

D’après ce qui est affiché, nous en sommes au sous-amendement no 347.

C’est l’occasion de vous féliciter, monsieur le président, pour la bonne tenue de cette séance (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR) malgré sa bordélisation, à plusieurs reprises, par nos collègues de l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)

Ils ont parfois été grand remplacés par le vide, quittant leurs bancs pour aller on ne sait où. On connaissait les pépitos, maintenant les yachts de Monaco ou que sais-je ?

Le sous-amendement vise à compléter l’amendement no 40 avec les mots suivants : « protégés par l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ». Nous souhaitons ainsi rappeler que le droit à la vie privée que la proposition de loi piétine allègrement est protégé par le droit international et a valeur constitutionnelle.J’irai même plus loin concernant cette proposition de loi qui remet en cause nos droits fondamentaux. En cherchant à comprendre comment M. Éric Ciotti pouvait avoir eu une telle idée, j’ai repensé à son admiration pour son mentor, M. Christian Estrosi, avec qui il a été marié politiquement pendant longtemps. D’ailleurs, à un certain moment, on ne savait pas très bien comment les appeler : fallait-il dire Christian Ciotti ou Éric Estrosi ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UDR.)

M. Estrosi voulait le silence pendant les mariages ; M. Ciotti veut aller plus loin en imposant le silence… (Le président coupe le micro de l’orateur.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).