Discours du 6 mai 2026
Frank Giletti · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°222
Lors de la présentation de la loi de programmation militaire (LPM) en 2023, j’avais défendu l’idée que ceux qui ont servi dans la réserve opérationnelle – ils sont nombreux dans cet hémicycle – puissent effectuer des périodes de réserve. Cela leur permettrait de s’entraîner et d’approfondir leur connaissance du monde militaire, et, par là, de mieux exercer leur mandat de député, notamment lorsqu’ils sont membres de la commission de la défense nationale et des forces armées.J’avais à l’époque demandé au ministre des armées d’étudier dans quelle mesure notre fonction de parlementaire et celle de réserviste opérationnel pourraient être compatibles. Je lui avais rappelé cette demande à plusieurs reprises, directement ou par l’intermédiaire de son cabinet, et il s’était engagé ici même, au banc des ministres, à réaliser une telle étude. Madame la ministre, cet amendement me donne donc l’occasion de vous relancer sur le sujet.Nous nous abstiendrons sur le vote de cet amendement. Il est mal cadré, mais nous comprenons tout à fait l’esprit et la volonté dont il procède, ainsi que son objectif, que nous partageons. À l’heure où nous souhaitons que la nation se rapproche des forces armées, pour créer le lien entre la nation et l’État dont nous ne cessons de parler, les représentants de la nation que nous sommes devraient eux aussi pouvoir donner de leur temps aux armées. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Cet amendement vise à mettre à l’honneur notre BITD. Dans cet hémicycle, nous vantons tous ses mérites, et à juste titre : elle est capable de produire des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, des satellites ainsi que les meilleurs chars et avions du monde, à l’image du Rafale. Cette BITD, nous l’écoutons trop peu, alors même qu’elle participe à la réduction de notre déficit commercial. C’est en effet l’un des rares secteurs, avec le luxe, à contribuer positivement au solde de notre balance commerciale.Pourtant, nous n’avons pas entendu les acteurs de la BITD lors de l’élaboration du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013. Je souhaite que nous puissions travailler avec eux et les entendre pour le prochain livre blanc. C’est l’objet de cet amendement.Nous ne les avons pas non plus suffisamment écoutés lors de nos auditions sur l’actualisation de la LPM, si ce n’est lors d’une séquence d’une heure et demie où seuls les trois grands groupements – le Gican, le Gifas et le Gicat – ont été entendus, laissant de côté les grands groupes, les PME et les entreprises de taille intermédiaire. Pourtant, cette industrie a beaucoup de choses à nous dire, puisque nous passons soi-disant énormément de commandes et que nous sommes en économie de guerre – non, je plaisante. Ses informations non filtrées sont d’une grande valeur pour les parlementaires que nous sommes.Cet amendement a donc une double visée : mettre à l’honneur notre BITD et l’intégrer pleinement à nos prochaines réflexions ainsi qu’au prochain livre blanc.Je souhaite enfin remercier Mme la ministre d’avoir accédé à notre demande concernant l’étude sur les réservistes. Si les conclusions de cette étude sont positives, cela ravira nombre d’entre nous, car il me semble important de partager les expériences des soldats et des militaires pour alimenter nos débats. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)
Par cet amendement, nous demandons un rapport, ce que nous faisons très rarement, car nous connaissons la surcharge de travail des services – nous n’en demanderons que deux concernant le projet de loi actualisant la LPM.Ce rapport présentant les recettes extrabudgétaires – les 13,3 milliards budgétés en 2023 – nous semble particulièrement important. Vous annoncez un supplément de 36 milliards pour passer de 400 à 436 milliards, alors que le montant de la LPM adoptée en 2023 était de 413 milliards. Ces 13 milliards ont disparu, par un tour de passe-passe. Le moment est peut-être venu de préciser pourquoi il n’en est plus fait mention. Par ailleurs, comme cette LPM s’applique depuis 2024, cela signifie aussi que des recettes ont été recouvrées sur ces recettes extrabudgétaires en 2024, en 2025 et sur une partie de 2026.En commission, j’avais demandé un rapport annuel. M. le rapporteur, qui avait trouvé l’idée intéressante, m’avait demandé de retravailler l’amendement pour prévoir la remise du rapport à mi-parcours de la LPM. C’est ce que j’ai fait. Je vous ai écouté, monsieur le rapporteur ; je pense donc que vous émettrez un avis favorable. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).