Discours du 7 mai 2026
Frank Giletti · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°225
Lors des discussions sur la LPM, en 2023, nous nous interrogions déjà sur la meilleure façon de pallier la carence en lance-roquettes unitaire et en capacité de frappe dans la profondeur. Le ministre ne savait pas s’il fallait acheter sur étagère des Himars ou des systèmes coréens, ou développer une solution en toute souveraineté. Nous disposons aujourd’hui de solutions françaises : le Foudre, de Turgis Gaillard ; le FLP-T 150, développé par Thales et ArianeGroup ; le Thundart, de MBDA et Safran – j’espère ne pas en oublier. C’est l’occasion de mettre à l’honneur la réactivité de notre BITD – base industrielle et technologique de défense –, grâce à laquelle nous disposons de solutions françaises et souveraines. Il est donc nécessaire d’y faire référence.
Si les premiers retours d’expérience de la guerre en Ukraine pouvaient laisser penser qu’on en avait fini avec l’hélicoptère de combat aéroterrestre – en réalité, il semble surtout que les Russes n’en faisaient pas un bon usage –, les derniers rebondissements au Moyen-Orient, où ils sont employés dans la lutte antidrone, les ont remis sur le devant de la scène.Dans ce contexte, la trajectoire actuelle de rénovation des hélicoptères Tigre, qui concerne seulement quatorze appareils, apparaît insuffisante au regard des enjeux opérationnels et de la nécessité de maintenir une flotte homogène. Une telle limitation du nombre d’appareils rénovés ferait peser un risque de fragmentation capacitaire, de complexification du soutien et de réduction de la disponibilité opérationnelle.Une cible plus ambitieuse, pouvant aller jusqu’à quarante-deux appareils rénovés, ayant été envisagée, il n’y a pas de raison de la ramener à quatorze dans le contexte actuel. S’il est vrai que l’utilisation de l’hélicoptère de combat est amenée à évoluer, cet appareil demeurera indispensable.
J’aurais souhaité dire un mot de l’amendement no 674 de Mme Goulet, qui va suivre, et revenir sur les propos de M. le rapporteur.Si, avant d’être ramenée à quatorze, la cible avait été fixée à quarante-deux appareils, c’est bien que les armées avaient jugé bon de rénover davantage d’hélicoptères. Les derniers Retex de la guerre en Ukraine montrent l’importance de l’hélicoptère de combat pour ouvrir des brèches, à condition de bien l’utiliser, ce que les Russes font mieux désormais. Même dans un conflit de haute intensité, ces hélicoptères de combat ont de l’importance.Si vous me permettez de défendre très brièvement l’amendement de Mme Goulet : quid du Tigre et de son successeur à horizon 2032-2035, dans le contexte de l’abandon par les Allemands du projet de coopération ?
Il ne tend qu’à demander dix Rafale supplémentaires pour la marine. (Sourires sur les bancs des commissions et des ministres.) M. le rapporteur ne devrait pas être surpris par ce chiffre, qui ne vient pas de nulle part : c’est celui qu’ont avancé le président de la République et le premier ministre, lui-même ancien ministre des armées. Pourquoi dix Rafale pour la marine ? Vous le savez fort bien, ces Rafale sont les premiers à être entrés en service, en 2001, et seront donc les premiers à devoir être remplacés. De plus, afin d’éviter tout problème lié à l’hétérogénéité de la flotte, la marine devra aussi veiller à ce que ne se crée pas un décalage avec les Rafale arrivés plus tard.Au rapporteur qui va me demander comment financer ces acquisitions, je réponds : de la même manière que le président de la République et le premier ministre l’avaient imaginé. J’ajoute que nous avons également des solutions en prélevant du côté de l’Union européenne.
Allons-y !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).