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Discours du 30 avril 2026

Frédéric Maillot · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°216

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Comme à mon habitude, je vais pour ma part attirer votre attention sur les territoires d’outre-mer.Un bailleur de chez nous, à La Réunion, qui possède le deuxième plus grand parc social de l’île, a fait un pari qui s’est avéré gagnant : plutôt que d’expulser à tout-va, il a décidé d’investir dans le recrutement d’une bonne dizaine de conseillers économiques, familiaux et sociaux, ce qui lui a permis – écoutez bien – de réduire de près de 90 % les expulsions. Et pourquoi l’a-t-il fait ? Pas seulement parce que c’est un bon Samaritain, mais parce qu’il a compris qu’il économisait plus d’argent à maintenir les gens dans le logement plutôt que de les expulser, plutôt que d’avoir des dettes de loyer.Par conséquent, êtes-vous prêt à donner les moyens aux autres bailleurs, le secteur étant déjà en crise à La Réunion ? Je vous pose d’autant plus la question que vous savez bien le sort que vous allez faire subir à la LBU, la ligne budgétaire unique – je le précise pour les collègues – exclusivement dédiée à la construction de logements dans les territoires d’outre-mer. Ainsi, alors que la demande est importante en Guyane, la LBU passera de 60 millions à 20 millions d’euros ; la baisse sera tout autant drastique à La Réunion, alors qu’on n’a sorti que 1 000 logements sur les 3 000, voire plus, dont on a besoin chaque année.Plutôt que de réprimander, d’être dans la répression, êtes-vous prêt à une remise à niveau dans le cadre de la LBU ? Êtes-vous prêt à accorder au social une ligne budgétaire unique, c’est-à-dire à la prévention et à l’accompagnement ? Ce n’est pas parce qu’on n’en a pas envie qu’on ne paie pas son loyer, c’est parce que nous traversons une crise économique et sociale. Il faut aider les gens à se maintenir dans le logement tout en les éduquant économiquement afin que tout le monde s’y retrouve – bailleurs, locataires et population dans son ensemble.

Parfois, l’un entraîne l’autre !

Non, certains ont voulu taxer les apprentis !

Dans la continuité de la question de notre collègue Jean-Hugues Ratenon, je vais également appeler l’attention sur les pays dits d’outre-mer, et notamment La Réunion, qui est l’un des très rares territoires à avoir totalement consommé l’enveloppe budgétaire allouée par l’État à la formation. Pourquoi ? Parce que le maillage a pris entre les collectivités locales, notamment la région, avec le pass Formation qui a été mis en place, et l’appel à manifestation d’intérêt. Cela a fonctionné et a permis aux demandeurs d’emploi de se réinsérer, dans un territoire où le taux de chômage des jeunes est très important : faut-il rappeler que nous comptons 43 000 Neet, c’est-à-dire des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (Not in Education, Employment or Training). Ce type de dispositif constitue la meilleure porte de sortie.Madame la ministre, je veux vous interroger sur le maintien de cette enveloppe allouée à La Réunion, dont vous connaissez les caractéristiques : le caractère insulaire couplé à un prix de billet d’avion bien trop cher. Je ne suis d’ailleurs pas favorable à envoyer notre matière grise se former dans l’Hexagone : le retour est très difficile, voire quasiment impossible, puisque les postes les mieux qualifiés sont occupés par les hexagonaux. Il faut investir dans la jeunesse réunionnaise, à La Réunion, avec ces formations.Je milite avec force pour le maintien de cette enveloppe budgétaire consacrée à la formation, qui a été entièrement consommée. Que la calculatrice soit marseillaise ou parisienne, le résultat devrait être le bon pour La Réunion et pour les pays d’outre-mer.

Ça n’a jamais été facile pour nous !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).