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Discours du 13 janvier 2026

Géraldine Bannier · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°111

« Les Jeux olympiques vont nous offrir l’occasion de vanter, à travers l’époque qui est la nôtre, la capacité de la France à montrer ce qu’elle vaut, au travers de sa jeunesse, au travers de ses entreprises, et au travers de ses élus. » Ces mots prononcés en 1989 par le président de la République en vue des Jeux d’Albertville demeurent bien évidemment d’actualité pour la préfiguration des Jeux Alpes françaises 2030. François Mitterrand avait ajouté : « Il faut que les Jeux olympiques soient à l’origine d’un dépassement des Français,… »

« …qu’ils soient à l’origine d’un puissant mouvement d’enthousiasme et […] de volonté. »Lors de nos débats, il a parfois été difficile de percevoir cette volonté et cet enthousiasme partagés. De fait, nous avons vécu ici un bis repetita des discussions préparatoires aux Jeux de 2024 : les mêmes tentatives manifestement dilatoires sont venues des mêmes bancs ; nous avons été témoins d’un strict copier-coller, tout aussi indigeste, des mêmes faux débats.Non, bien évidemment, l’expérimentation d’un dispositif de surveillance algorithmique, qui se poursuivra donc après les Jeux de 2024, ne vise pas d’éventuels manifestants pacifiques !

Elle a pour seule fin, rappelée par le Conseil d’État, d’assurer la sécurité de manifestations particulièrement exposées à des risques d’actes de terrorisme ou d’atteintes graves à la sécurité des personnes.Non, les installations provisoires n’ont pas vocation à rester en place plus longtemps que nécessaire, ni à défigurer le paysage !Non, les bâches publicitaires ou de travaux n’ont pas pour seul intérêt de servir des sponsors avides ! Elles ont une vocation esthétique et, vectrices d’émotion (M. Jean-François Coulomme s’esclaffe), elles peuvent être utilement recyclées – après Paris 2024, certaines l’ont été, en trousses ou en vêtements, notamment par des personnes en réinsertion. Pour rappel, l’affichage autorisé devra « contribuer à la création artistique ou présenter des éléments de contextualisation historique, architecturale ou paysagère » – telle est la rédaction issue de nos débats.Non, ces jeux de 2030 ne seront pas déconnectés de la problématique environnementale, qui nous concerne tous ! Ils seront sobres pour ce qui est de la consommation des espaces : seuls 20 hectares seront concernés. L’empreinte carbone sera examinée de près, l’objectif étant d’améliorer, par les rénovations induites, la performance énergétique d’infrastructures vieillissantes – telle la patinoire de Nice. La fragilité de l’écosystème montagnard et la nécessité de la transition des stations seront au cœur de ces jeux. Les organisateurs n’ont d’ailleurs cessé de le rappeler.Quant à l’exemplarité budgétaire, elle est évidemment de rigueur, tout comme le sont les objectifs d’éthique et de transparence. Le budget sera scruté de près par la Cour des comptes. Pour rappel, le Cojop remettra un rapport détaillant les vingt rémunérations les plus élevées de ses membres – le chiffre a été porté de dix à vingt par un amendement adopté en commission.Malgré le dédale de faux sujets déroulés ici même, jusqu’à plus soif, par une poignée de parlementaires,...

…les débats ont tiré parti de l’expérience de Paris 2024 en levant des freins et en reprenant ce qui a fonctionné. Ainsi, les interdictions de paraître sur les lieux d’un grand événement ou rassemblement seront plus simples à prendre administrativement et l’inspection visuelle des coffres par des agents de sécurité privée sera plus opérationnelle. Le travail du dimanche sera une possibilité, la décision étant communiquée aux salariés deux mois en amont de la période visée. Enfin, et c’est spécifique à ces jeux, des réunions publiques physiques seront tenues dans chaque bassin de vie accueillant des compétitions sportives ou des villages des athlètes. Les amendements que nous avons adoptés permettront de mieux valoriser l’engagement, massif et remarquable, des 20 000 bénévoles qui assisteront les 3 200 sportifs olympiques et paralympiques.J’ai insisté sur ce point en décembre : ces jeux olympiques et paralympiques, rendez-vous auquel seront conviés des milliards d’individus dans un contexte difficile, devront être, plus que jamais sans doute, des Jeux humains. Le monde nous regarde. Et ce n’est qu’à travers l’histoire collective mise en branle que les Jeux, depuis la nuit des temps, se rendent indispensables aux hommes. Citius, Altius, Fortius – Communiter, dit leur devise. Les Jeux restent l’affirmation d’une trêve espérée des combats pour une parenthèse cathartique de compétitions, bien moins mortifère.

Occasion d’un partage de valeurs et de souvenirs, ils permettant à de nouvelles générations de s’approprier l’héritage d’une humanité apte à montrer son meilleur visage : solidaire, convivial, enthousiaste.En 1992, devant l’inoubliable cérémonie orchestrée par Philippe Decouflé, devant Michel Platini et la flamme, devant le sourire d’Edgar Grospiron, mes 12 ans ont indéniablement bénéficié du souffle unique des Jeux. N’en privons pas la jeunesse d’aujourd’hui ! Votons dès à présent ce texte, clé de voûte juridique des Jeux Alpes 2030 : il ouvre tous les possibles. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).