Discours du 13 janvier 2026
Gérault Verny · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°111
Cette motion de rejet préalable ne vise pas à améliorer le PLF, mais à en empêcher l’examen. Or le rôle du Parlement n’est ni de se taire ni de bloquer, mais de débattre, d’amender et de contrôler. Le groupe UDR assume ses désaccords avec le gouvernement. Nous les avons exprimés et nous continuerons à les exprimer. Nous déposerons des amendements mais nous refusons de confondre opposition et obstruction.La nouvelle lecture du PLF n’est pas une formalité ; c’est un moment utile et nécessaire pour corriger un texte, en améliorer la sincérité et défendre des choix budgétaires responsables. Rejeter avant même d’examiner, c’est priver les députés de leur droit fondamental : travailler sur le budget de la nation, ligne par ligne, au nom des Français.Dans un contexte de finances publiques dégradées, notre responsabilité collective n’est pas de produire des postures, mais de produire du travail parlementaire. Refuser cette motion de rejet préalable, ce n’est pas soutenir le gouvernement : c’est respecter le Parlement. Pour toutes ces raisons, le groupe UDR votera contre la motion. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et quelques bancs du groupe RN.)
Depuis le mois d’octobre, que de temps perdu pour que rien ne change. Notre constat reste le même : pendant ces trois mois de débats parlementaires, j’ai pu observer ce qui ronge la France depuis des décennies.
J’ai compris l’inquiétude de ceux qui ne croient plus en notre capacité à redresser nos finances publiques et la colère des Français contraints de choisir entre se soigner, nourrir leur famille ou payer leurs impôts. J’ai vu une gauche idéologique et radicale qui ne connaît rien au fonctionnement des entreprises sur lesquelles reposent pourtant 70 % des recettes de l’État et les emplois des Français. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.)Vous ne comprenez pas, vous ne connaissez pas, mais vous voulez tout contrôler. La gauche persiste à vouloir taxer toujours plus, jusqu’à la moindre perspective de réussite, pour s’assurer qu’aucun ingénieur ou aucun entrepreneur ne puisse créer de la richesse en France.
Et s’ils partent, tant pis. À cause de vous, 57 % des élèves ingénieurs envisagent déjà de partir à l’étranger pour construire le monde de demain.
Cette gauche sévit encore grâce à son appui sur ce qui reste du camp macroniste et des Républicains, qui ne savent plus comment prendre part au débat. En commission, les députés de la Macronie ont reconnu eux-mêmes que ce budget était complètement déconnecté. Vous êtes coincés entre votre fidélité au président de la République et la réalité de son bilan.Car les faits sont là : 75 000 faillites d’entreprises cette année, soit le plus haut niveau depuis 1991. La dette publique atteint 3 480 milliards d’euros. À cause de vous, les Français devront payer 75 milliards d’euros cette année – six fois le budget de la justice et 3 000 euros par actif –, pour rembourser les intérêts de la dette auprès de créanciers, souvent étrangers. Vous avez entraîné le pays dans votre chute vertigineuse. Vous avez perdu le contrôle. Au lieu d’assumer vos responsabilités, vous persistez. Vous nous proposez maintenant fièrement d’alourdir encore la charge fiscale de 17 milliards d’euros. Malgré tout, certains s’obstinent encore à attaquer l’alliance de l’UDR et du Rassemblement national, trop libérale pour les uns et trop sociale pour les autres.
C’est un comble, car nous sommes les seuls à ne pas être comptables de la situation dramatique dans laquelle se trouvent la France et ses finances publiques. Le groupe UDR est fier de compter 75 % de députés issus du secteur privé, dont 30 % de chefs d’entreprise. Nous savons ce que signifie créer, embaucher, produire, et donc enrichir la nation.Nous savons que trop d’impôt tue l’impôt, que les prélèvements étouffent la croissance et l’emploi, et que chaque euro de taxe supplémentaire se répercute toujours sur les ménages les plus modestes et les classes moyennes. Nous nous opposerons systématiquement au poison mortel que représentent ces impôts pour notre économie. Nous défendrons la baisse des impôts sur la production et sur le travail, de ceux qui pèsent directement sur le pouvoir d’achat, comme les cotisations étudiantes et les impôts de succession – ces « taxes sur la mort » qui empêchent les Français de transmettre leur réussite et provoquent la revente des entreprises familiales à des fonds étrangers alors qu’elles qui sont essentielles à notre économie.Notre rôle n’est pas de taxer plus ceux qui performent, mais de créer l’environnement favorable pour l’émergence de nouveaux champions. Moins de taxes et moins de normes, c’est plus d’entreprises ; et plus d’entreprises en croissance, c’est plus de recettes et plus d’emplois, plus d’innovation technologique, bref, c’est la création du monde de demain qui se fait en France.
Je vous exhorte donc à revenir à la raison, chers collègues, à arrêter cette gabegie budgétaire et à favoriser la création de richesse en France, pour…
…les Français. Telle doit être notre boussole. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).