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Discours du 15 décembre 2025

Graziella Melchior · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°93

Il nous revient en ce jour d’examiner le projet de loi relatif à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030, qui se tiendront sur le territoire des Alpes françaises, du 1er au 17 février pour les Jeux olympiques, puis du 1er au 10 mars pour les Jeux paralympiques.Je salue l’engagement et la mobilisation conjointe des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui, en partenariat avec les Comités nationaux olympique et paralympique français, et avec le soutien constant de l’État, ont vu leur candidature retenue par le Comité international olympique. C’est une fierté pour notre pays, reconnu pour sa tradition historique d’accueil des Jeux d’hiver, depuis la première édition à Chamonix en 1924, puis à Grenoble, en 1968, et à Albertville, en 1992.Ce choix s’inscrit aussi dans la foulée de la grande réussite qu’ont constituée les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 aux yeux du monde entier. Et c’est forts de cette expérience que nous nous penchons sur ce projet de loi, tirant profit de toutes les dispositions législatives qui avaient permis le succès des JOP de Paris et qui, dans leur essence, sont reprises pour renouveler et adapter le modèle aux Jeux d’hiver de 2030.Ainsi, ce texte, adopté par le Sénat à la quasi-unanimité, prévoit un ensemble de mesures dérogatoires afin de garantir la réalisation dans les délais des infrastructures et dispositifs nécessaires à l’événement.Le budget prévisionnel des Jeux d’hiver est naturellement important, estimé par le Comité d’organisation à 1,9 milliard d’euros. Néanmoins, un rapport demandé par le gouvernement à l’Inspection générale des finances indique qu’il pourrait atteindre 2,4 milliards d’euros, dont environ 900 millions à la charge de l’État. Il conviendra donc que les porteurs du projet veillent à ce que l’argent public soit employé utilement et investi de manière que les territoires organisateurs puissent en bénéficier au mieux et pour longtemps. Au cours des prochaines années une transparence totale devra être garantie sur le financement.Une prévision de 1,6 million de billets vendus ; l’accueil de touristes, de passionnés, de près de 3 000 athlètes et des 20 000 volontaires mobilisés : ces jeux auront évidemment des retombées immédiates, puis à plus long terme, pour tous les acteurs du tourisme alpin.Néanmoins, rien ne doit être cédé à un enjeu prioritaire, celui d’une exigence environnementale forte. Ce défi, qui avait déjà été relevé pour les Jeux de Paris afin de viser une sobriété inédite, est en effet plus important encore, car, en matière de changement climatique, la montagne est en première ligne. Dans l’ensemble des Alpes françaises, les glaciers ont perdu 26 % de leur surface et plus d’un tiers de leur volume en quarante ans.Aussi les Jeux de 2030 doivent-ils être l’occasion de mener des projets exemplaires en matière de transition écologique et d’adaptation au changement climatique. C’est un point sur lequel nous avons été nombreux à être vigilants, notamment à l’occasion de l’examen du texte dans les commissions : celle du développement durable et de l’aménagement du territoire, celle des affaires économiques, celle des lois et celle des finances.C’est la commission des affaires culturelles, de l’éducation et du sport, saisie au fond, qui a examiné vingt-quatre des trente-sept articles du projet de loi. Ainsi, les cinq articles du titre Ier, qui comprennent les dispositions visant à assurer la mise en œuvre du contrat hôte et à permettre des dérogations en matière de publicité, ont été adoptés globalement conformes par cette commission.Le titre II pose un cadre renforcé en matière d’éthique et d’intégrité, notamment dans la lutte contre la corruption et contre le dopage, et impose au Cojop 2030 d’élaborer une charte du volontariat encadrant les conditions de recours aux bénévoles.Les articles du titre III regroupent les dispositions relatives à l’aménagement, à l’urbanisme, à l’environnement et au logement, largement inspirées des textes relatifs aux Jeux de Paris 2024. Ils prévoient des ajustements procéduraux, destinés à permettre la livraison dans les délais des équipements nécessaires.Le titre IV, qui porte sur les règles applicables en matière de santé et de travail, a été et sera sujet à débat, sur la question du travail dominical notamment. Les dispositions relatives à la sécurité contenues dans le titre V ont été adoptées globalement conformes au texte initial.Nous allons commencer demain nos travaux dans l’hémicycle ; je souhaite que les débats soient apaisés, à l’image de ceux que nous avons eus en commission des affaires culturelles. Chers collègues, par l’adoption de ce projet de loi, donnons à celles et ceux qui vont œuvrer à l’organisation de ces jeux les moyens de se lancer pleinement dans cette aventure et de contribuer ainsi au rayonnement sportif de notre pays et à la mise en valeur de ces régions alpines sensationnelles. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – M. Bertrand Sorre, rapporteur, applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).