Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 3 février 2026

Graziella Melchior · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°138

Encore une motion de rejet de la part de nos collègues Insoumis ! À ce stade, ce n’est plus une posture politique, c’est une véritable discipline olympique ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Nous vous reconnaissons au moins une qualité : la constance. (Applaudissements et approbation sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Fidèles à vous-même : opposés hier, opposés aujourd’hui, opposés demain, opposés par principe, toujours.

Votre sport favori est le dépôt de motions de rejet ou de censure. Mais avançons ! La France a été officiellement désignée pays hôte des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, c’est un fait. Dès lors, notre responsabilité collective est simple : donner aux acteurs de terrain les moyens d’organiser ces jeux dans les meilleures conditions.Je l’ai dit lors de la première lecture et je le répète avec force : comme l’édition 2024 des Jeux olympiques et paralympiques l’a démontré de manière éclatante, les Jeux sont avant tout une immense fête sportive et populaire, un moment rare d’unité nationale et de fierté partagée où des femmes et des hommes qui se sont entraînés pendant des années voient enfin leurs efforts récompensés. Ces jeux sont aussi une chance exceptionnelle pour nos territoires. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficieront d’une visibilité mondiale avec des retombées économiques, touristiques et d’aménagement durable. Ce sont des investissements utiles, structurants, pensés pour les habitants, bien au-delà de la seule quinzaine olympique. La France est une terre de Jeux, elle l’a prouvé. En 2030, les Alpes françaises rayonneront sur le toit de l’Olympe.Nous avons l’expérience, les territoires, les athlètes et le savoir-faire. Alors plutôt que de bloquer, de rejeter et de contester systématiquement, faisons ce pour quoi nous sommes réunis : permettre à la France de réussir ces jeux. Ce texte est indispensable à leur bonne organisation. Pour toutes ces raisons, le groupe EPR votera contre cette motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Après plus de huit mois de travaux législatifs, nous devons nous prononcer sur les conclusions de la commission mixte paritaire chargée du projet de loi relatif à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030. Présenté au Sénat en mai 2025, il a été adopté à la quasi-unanimité. Le 13 janvier, notre assemblée s’est à son tour prononcée en grande majorité pour l’adoption de ce texte. La CMP tenue la semaine dernière s’est ensuite avérée conclusive. Députés et sénateurs se sont en effet entendus sur les quarante-cinq des cinquante-cinq articles du texte adoptés par l’Assemblée nationale qui restaient en discussion. Les modifications apportées lors de cette CMP ont porté sur onze articles. Je reviendrai sur certaines d’entre elles.Lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée, nous nous étions majoritairement prononcés pour l’ajout d’un article 3 ter qui visait à inscrire les JOP 2030 dans une trajectoire zéro déchet et zéro plastique à usage unique. Considérant la fragilité juridique de cet apport, la CMP a réajusté cet objectif : elle a inscrit dans la version finale du texte l’obligation pour le Cojop de se fixer un plan d’actions pour réduire la production de déchets et l’utilisation de plastique à usage unique. Ce rapport devra être rendu avant le 31 décembre 2028. Ce sujet m’est cher et nous sommes nombreux ici à attendre du Cojop une ambition élevée en la matière.En outre, l’Assemblée nationale avait ajouté des demandes de rapports au gouvernement sur l’impact budgétaire des JOP. La CMP s’est entendue pour rationaliser ces demandes et en charger la Cour des comptes, ce qui me semble juste pour garantir la pleine transparence de l’évaluation.Un accord a également été trouvé concernant la comptabilisation de l’artificialisation des sols pour les aménagements relatifs aux JOP. À la suite de ce qui avait été défendu à l’Assemblée, les surfaces seront décomptées des projets d’envergure nationale ou européenne ; mais les artificialisations devraient être marginales – elles sont estimées entre 15 et 20 hectares.Enfin, je salue la position commune sur l’article 27 bis ajouté au Sénat. Il vise à permettre l’autorisation d’installation de bâches d’échafaudage comportant un espace dédié à l’affichage sur des immeubles bénéficiant du label Architecture contemporaine remarquable. En effet, cet usage est actuellement possible pour les bâtiments classés, mais non pour ceux bénéficiant de ce label. Selon certains avis, ce texte relatif aux JOP n’est pas le véhicule idéal ; il permet cependant de mettre fin à une situation ubuesque. En permettant de recouvrir ces bâtiments de bâches publicitaires lors des travaux qui les concernent, nous contribuons directement au financement de leur rénovation et au développement de ressources propres pour les établissements et les collectivités.Je salue le travail efficace de la commission mixte paritaire pour aboutir à ce consensus et je remercie les rapporteurs, qui ont considérablement travaillé pour faire avancer le texte à l’Assemblée. Forts de l’exemple de l’organisation des Jeux de Paris 2024, nous allons donner au Cojop et à la Solideo, par cette loi, les moyens législatifs permettant d’entamer enfin le travail d’organisation.Les Jeux d’hiver 2030, qui se tiendront dans les Alpes françaises du 1er au 17 février 2030 et du 1er au 10 mars pour les Jeux paralympiques, sont une chance et une grande fierté pour notre pays. C’est pourquoi les députés du groupe Ensemble pour la République se prononceront en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).