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Discours du 28 avril 2026

Graziella Melchior · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°213

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En 2022, le président de la République a lancé le chantier du service public de la petite enfance pour pallier les carences du secteur. Si les questions relatives au nombre de places et au financement des structures d’accueil demeurent fondamentales, l’approche quantitative, aussi nécessaire soit-elle, ne doit pas occulter l’exigence de qualité de l’accueil.À cet égard, deux dimensions demeurent largement sous-estimées : le contact avec la nature et la santé environnementale. Trop d’enfants passent l’essentiel de leurs journées en intérieur, parfois exposés aux écrans ou à des produits chimiques, dont les effets sur la santé sont documentés. Les chiffres sont alarmants : au quotidien, les enfants passent aujourd’hui dix fois moins de temps dehors qu’il y a trente ans, et 40 % d’entre eux ne jouent jamais en extérieur durant la semaine. Ce déficit de nature nuit à leur santé physique, cognitive et émotionnelle.Pour y remédier, il convient d’agir dès le plus jeune âge. C’est pourquoi j’ai déposé une proposition de loi transpartisane visant à reconnaître l’éducation au-dehors et en contact avec la nature et à réaffirmer la place de la transition écologique à l’école. Grâce à elle, nous pourrons inciter et soutenir les professionnels de la petite enfance, en montrant que l’État ainsi que les collectivités ont pris la mesure de cet enjeu. La nature ici n’est pas conçue comme un supplément d’âme, mais comme le moyen d’assurer la santé, le développement et le bien-être des jeunes enfants.Des structures, soutenues notamment par des associations comme Label Vie, s’engagent d’ores et déjà en faveur de l’éducation au-dehors, de la qualité environnementale, de l’alimentation durable et de l’adaptation des matériaux du quotidien. Mais elles le font souvent sans soutien public spécifique, alors que le fait de s’engager dans de telles démarches devrait devenir un critère structurant conditionnant les financements publics. Madame la ministre déléguée, soutenez-vous l’intention de cette proposition de loi que vous aviez cosignée en tant que députée ? Comptez-vous conditionner les financements à des critères environnementaux dans la prochaine convention d’objectifs et de gestion ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).