Discours du 1 juin 2026
Graziella Melchior · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°257
Il est des moments de la vie d’une députée qui marquent et que l’on n’oublie jamais. Tel sera assurément le cas de ma conversation avec les membres du collectif du collège Saint-Pierre au Relecq-Kerhuon, ainsi que des auditions conduites dans le cadre de la commission d’enquête. Nous avons entendu ces femmes et ces hommes nous raconter, avec des détails glaçants, les violences sexuelles, physiques et morales qu’ils ont subies dans ce lieu inviolable que devrait être l’école. Ces récits, dont certains remontent parfois à trente, quarante ou cinquante ans, témoignent du profond traumatisme qui les a hantés tout au long de leur vie. J’ai une pensée pour eux, et je nourris l’espoir que cette proposition de loi pourra un peu les apaiser ; qu’elle fera définitivement entrer le pays dans la voie de la réparation à leur égard ; et qu’elle permettra, enfin, que ce qu’ils ont subi ne se reproduise jamais.L’article 1er acte la reconnaissance solennelle, par la nation, des violences commises ainsi que des manquements graves des autorités publiques qui les ont laissées perdurer. Cet acte symbolique constitue une réponse politique forte, attendue par les victimes, par leurs familles et par les collectifs mobilisés ; il affirme la responsabilité de l’État et pose les bases d’une politique réparatrice.Je tiens à vous remercier, madame la rapporteure, d’avoir défendu cette proposition de loi avec tant de détermination, mais aussi pour votre écoute, notamment à l’égard des propositions que je vous avais soumises. J’avais notamment pu vous faire part de la situation d’une enseignante de ma circonscription qui avait quitté, par le passé, plusieurs établissements à la suite de comportements inadmissibles : constatant une certaine impuissance de l’État, je vous avais appelé à faire des préconisations pour renforcer le suivi des sanctions disciplinaires – nous en discuterons à l’article 6.Aux victimes d’hier et d’aujourd’hui, je veux dire que nous les entendons, que nous les croyons et que nous les remercions pour leur courage, qui contribue à ce que l’omerta soit enfin brisée. (Mme la rapporteure applaudit.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).