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Discours du 3 février 2026

Guillaume Gouffier Valente · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°139

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Je suis moi aussi pour l’amendement, mais je suppose que je peux tout de même m’exprimer, monsieur le président ?Je suis quelque peu gêné, madame la ministre, parce que nous sommes un certain nombre de parlementaires à échanger depuis plusieurs mois avec le gouvernement sur ce sujet – mais pas avec vous-même, c’est vrai. Il y a visiblement certains de vos collègues qui n’ont pas envie de venir ce soir échanger avec nous directement – même s’il y a bien entendu une solidarité gouvernementale et que vous les représentez à ce titre.Cela fait des mois que nous réclamons la reconduction de l’effort de la France en faveur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme – ou malaria.Ce sont des risques majeurs. Vous ne pouvez pas rester silencieuse, d’autant que de nombreux États attendent de connaître la contribution française pour fixer la leur. (M. le rapporteur applaudit.) Au premier rang de ceux-ci figurent les États-Unis ; ils ne vont pas se désengager du Fonds mondial, mais la loi prévoit que leur contribution dépende de celle des autres financeurs, dont la France. L’enjeu est donc important. Le budget est maintenant voté (« Non, il n’a pas été voté ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP)…

…et on sait que la contribution initialement prévue par le gouvernement était largement réduite par rapport au montant de 2025 – 1,6 milliard. En 2026, même si nous n’arrivons pas à la même somme, il faut que nous restions au-dessus des autres pays – l’Allemagne, par exemple, a reconduit un montant de 1 milliard –, que nous continuions d’être une nation motrice sur un sujet qui demeure majeur pour des millions de personnes à travers la planète. (Applaudissements sur les bancs des commissions. – M. Vincent Caure applaudit également.)

Monsieur Lecoq, heureusement que le président de la République n’était pas à Johannesbourg ! On connaît depuis le mois de septembre 2025 le montant prévu de la contribution de la France au Fonds mondial : 700 ou 800 millions d’euros, soit une baisse de 50 %. Je suis donc un peu surpris par nos débats. Si le Président n’a pas participé au sommet,…

…c’est parce que le budget était en cours de discussion ici et qu’il y avait une bataille pour augmenter cette contribution.Monsieur le rapporteur, je ne pense pas que la somme ait bougé. Dans le budget final figurent toujours 700 à 800 millions. Que le gouvernement n’ait pas envie de répondre signifie peut-être qu’il reste une marge de manœuvre pour revenir à 1,6 milliard ou, s’il y a une baisse, pour rester le deuxième contributeur.

Il s’agit d’un enjeu majeur, madame la ministre. Ces derniers mois, le gouvernement n’a cessé de dire qu’il respecterait la voix du Parlement. Or, au Sénat comme ici, cette voix s’est élevée à plusieurs reprises en faveur de la plus grande protection possible de la solidarité internationale, notamment des contributions à la santé mondiale et, tout particulièrement, au Fonds mondial. Aussi serait-il souhaitable d’avoir des éclaircissements sur ce que cache cette absence de réponse à propos d’un montant que tout le monde ici connaît parfaitement.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).