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vie-politique.fr

Discours du 8 juillet 2025

Guillaume Lepers · Première session extraordinaire 2025 · séance n°9

Encore une motion de rejet préalable.

Encore du temps perdu pour notre assemblée. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Encore les mêmes insultes contre le monde agricole.Vous avez le droit d’être contre ce texte ; vous avez le droit de refuser de voir la souffrance de nos agriculteurs. En revanche, ce que vous ne pouvez pas faire, c’est jouer systématiquement avec notre règlement pour bloquer chaque semaine les travaux de notre assemblée.

Madame Meunier, vous dénoncez un texte débattu « dans l’obscurité de la commission mixte paritaire », mais votre groupe et celui des écologistes sont les seuls responsables de cette situation. Oui, ce sont bien les milliers d’amendements déposés par les écologistes et les Insoumis qui ont empêché le débat de se tenir ici. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes DR, RN, EPR et UDR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

C’était un blocage assumé de votre part !

Motion de censure, fake news, harcèlement d’agriculteurs, harcèlement d’élus : vos méthodes ne sont pas à la hauteur de la situation ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Nous nous battons pour une France des territoires, des territoires fiers dont les agriculteurs pourront, demain, nourrir les générations futures. (Mêmes mouvements.)

Vos combats ne sont pas ceux d’élus engagés, mais de professionnels de l’obstruction parlementaire. Pas d’écoute, pas de dialogue, pas de compromis : drôle de conception de la démocratie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Sans ce texte, les agriculteurs n’auront pas accès à l’eau, ne pourront pas utiliser les mêmes outils que leurs concurrents européens et développer leurs élevages.

Assumez de vouloir la mort de l’agriculture française ! Nous, députés du groupe Droite républicaine, avec Laurent Wauquiez, nous nous tiendrons toujours aux côtés des agriculteurs et nous continuerons de rejeter l’obstruction parlementaire que vous avez élevée, semble-t-il, au rang de projet politique. Vous l’aurez compris, nous voterons contre votre motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Enfin ! Nous ne sommes plus qu’à quelques minutes d’un vote crucial pour l’avenir de notre agriculture. (« Oh là là ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Un vote qui nous permettra de donner au monde agricole des solutions concrètes, viables et durables.

Un vote qui, enfin, redonnera de l’espoir et des perspectives à ceux qui nous nourrissent.

Avant de monter à cette tribune, je repensais aux manifestations de janvier 2024. Elles ont pris naissance dans mon département, le Lot-et-Garonne. Alors maire, j’ai vu, entendu et ressenti la détresse de nos agriculteurs, leur sentiment d’abandon ainsi que leur lassitude face à une réglementation kafkaïenne et une administration sourde.Depuis trop longtemps, notre agriculture est à bout de souffle. Elle est cernée par des normes de plus en plus complexes, paralysée par les surtranspositions des exigences de l’Union européenne et exposée à une concurrence étrangère souvent déloyale. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.) Nous en connaissons les résultats : exploitations qui ferment, vocations qui s’éteignent et territoires ruraux qui se désertifient.

Malgré les tentatives de certains dans cet hémicycle – on les entend encore –…

…pour empêcher l’examen de ce texte, nous avons tenu bon. Je tiens à remercier Mme la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, le rapporteur Julien Dive…

…ainsi que le sénateur Laurent Duplomb, auteur de cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)Ce texte est d’abord un texte de responsabilité qui redonne de la cohérence à un système réglementaire devenu fou. Ainsi, l’acétamipride est interdit en France alors que l’Union européenne l’a autorisé jusqu’en 2033. En 2024, plus de la moitié de la récolte de noisettes a été détruite faute de solution de substitution efficace, ce qui a mis en péril plus de 300 producteurs dans le Lot-et-Garonne. Pendant ce temps, les noisettes turques, traitées avec des produits interdits chez nous, nous inondent : c’est une aberration. (Mêmes mouvements.)

Contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, l’article 2, adopté en CMP, ne réintroduit pas les néonicotinoïdes. Il encadre, il cible, il offre des bouffées d’air frais à des filières confrontées à une impasse sanitaire.

Je pourrais également vous parler de la situation de la filière de la pomme, de celle de la cerise et bientôt de celle de la prune.

Ce n’est pas un retour en arrière, c’est un sursaut de lucidité.C’est également un texte de compétitivité qui allège les procédures administratives, fluidifie les démarches liées aux installations classées, notamment pour les élevages, et favorise le développement de l’assurance récolte sur les prairies – outil devenu essentiel face à la fréquence accrue des aléas climatiques. Il propose une gestion plus rationnelle, plus rapide et plus efficace.C’est, enfin, un texte de pragmatisme qui revient sur certains des effets contre-productifs de la loi Egalim. La séparation de la vente et du conseil en matière de produits phytosanitaires avait fait disparaître le conseil de proximité, affaibli l’innovation et rendu plus compliquée la vie des exploitants. Le texte issu de la CMP réautorise le conseil en matière de produits de biocontrôle et introduit la notion de conseil stratégique global.Ce texte ne tourne pas le dos aux enjeux environnementaux, bien au contraire.

Il les rend applicables, concrets et compatibles avec les réalités du terrain. Il vise à restaurer la confiance entre les agriculteurs et notre administration.

Nos agriculteurs et notre agriculture n’ont plus besoin de compassion, mais de solutions : il n’y a pas d’avenir pour notre pays sans nos paysans.Ce texte, on le sait, ne résoudra pas tous les problèmes auxquels le monde agricole est confronté. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir, notamment au sujet du revenu des agriculteurs…

…et à celui des nombreuses surtranspositions qui les pénalisent. Il nous faudra rester vigilants au sujet des accords entre l’Union européenne et le Mercosur. Ce texte a cependant le mérite de mettre fin à la logique punitive qui a prévalu jusqu’à présent : c’est un changement de logiciel bienvenu.Le groupe Droite républicaine défend une agriculture libre, compétitive, respectée et fière.

Voilà pourquoi nous continuerons de veiller avec attention à la défense du monde paysan, et pourquoi nous voterons avec force et détermination en faveur de cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).