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Discours du 4 février 2026

Guillaume Lepers · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°140

Le monde change. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, il y a un an, la politique étrangère des États-Unis percute chaque semaine un peu plus la scène internationale. Pour nous, Français, et pour nos voisins européens, elle bouscule plus de soixante-dix ans d’une relation entre les deux rives de l’Atlantique fondée sur la démocratie, le respect des règles de droit, le commerce et une défense armée mutuelle. Aujourd’hui, force est de constater que Donald Trump fait fi de cette relation et tente d’imposer ses vues à l’Europe et au monde, au mépris de la souveraineté des États, qu’ils soient démocratiques ou non.Dans une mise en scène dont lui seul a le secret, Donald Trump annonce nous imposer 20 % de droits de douane. À l’issue d’une négociation, ces droits sont ramenés à 15 %, mais à des conditions qui, si elles venaient à être mises en œuvre, imposeraient une soumission inacceptable de l’Union européenne aux États-Unis. Elles feraient obstacle à notre autonomie stratégique dans des secteurs comme l’énergie, la défense ou l’industrie.La question que soulèvent cet accord et la présente résolution est donc simple : devons-nous nous soumettre à la brutalité de l’administration Trump ?Le monde change vite et l’Union européenne ne va pas tarder à être marginalisée si elle ne se réforme pas. Elle doit sortir de son monde de Bisounours pour s’affirmer à l’international dans le cadre des compétences exclusives que nous lui avons déléguées, et uniquement dans ce cadre-là. Dans ces domaines, il nous faut une Europe plus forte, plus efficace, plus rapide, moins bureaucratique.Cette Europe doit aussi respecter les peuples qui la composent ainsi que leurs représentants. Ce n’est pas ce qui a été fait avec l’accord sur le Mercosur ; le combat se poursuit désormais devant la Cour de Luxembourg. C’est pourquoi le projet d’accord dont nous parlons devrait être soumis à un vote à l’unanimité du Conseil, avant d’être examiné par les parlements nationaux des vingt-sept États membres. Ne pas le faire serait une erreur démocratique, à laquelle je refuse que nous nous habituions.S’agissant du contenu de la proposition de résolution, je regrette le discours antilibéral des considérants, qui soulignent les externalités négatives du commerce international. Il importerait d’en indiquer également les externalités positives, bien plus nombreuses, pour notre économie et nos emplois, pourvu que les échanges se fassent dans le cadre d’accords gagnant-gagnant, qu’ils soient juridiquement encadrés et que les parties soient loyales.

Avec Laurent Wauquiez et le groupe de la Droite républicaine, nous refusons clairement la soumission de la France à la volonté unilatérale et brutale des États-Unis de bousculer le commerce mondial. Nous voterons donc en faveur de la proposition de résolution, afin d’envoyer un message clair au Conseil européen. À l’heure du retour des empires, nous croyons dans une France forte, au sein d’une Europe forte, pour défendre nos valeurs de démocratie et de liberté, et refuser que notre destin nous soit imposé. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et HOR.)

Faut arrêter !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).