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Discours du 27 avril 2026

Hanane Mansouri · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°210

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Le débat porte sur la crédibilité des efforts de la France pour sortir de la procédure pour déficit excessif et ramener son déficit sous les 3 % du PIB d’ici à 2029. Autrement dit, la France tient-elle réellement son cap, ou se contente-t-elle de cocher les cases en repoussant les décisions difficiles ?Vous vous félicitez que le déficit soit revenu à 5,1 % du PIB en 2025, mais la dépense publique a encore augmenté : elle atteint 56,6 % du PIB. Les prélèvements obligatoires, eux, passent de 42,7 % à 43,6 % du PIB. Le redressement affiché repose donc sur l’augmentation des impôts, non sur une transformation durable de l’État. La Cour des comptes rappelle que le déficit budgétaire reste très élevé ; sa réduction en 2025 repose sur une hausse d’impôts de 14,4 milliards d’euros et sur des mesures de gestion et d’économies peu pérennes qui ne permettent pas un redressement durable. Les recettes fiscales nettes de l’État ont augmenté de 30,7 milliards d’euros en 2025 pour atteindre 356,4 milliards, et cette progression s’explique uniquement par des hausses d’impôts supportées par les entreprises et par les Français.En réalité, vous n’avez pas de stratégie de redressement, mais une stratégie d’asphyxie fiscale. Or la France n’a pas un problème de recettes, mais un problème de dépenses : notre pays est déjà parmi ceux où la pression fiscale est la plus élevée. Alors, mécaniquement, la pauvreté progresse : selon l’Insee, le taux de pauvreté monétaire a atteint 15,4 % en 2023 – un niveau record –, ce qui représente 9,8 millions de personnes en France métropolitaine. C’est bien la preuve qu’un modèle fondé sur toujours plus de dépenses et toujours plus d’impôt ne garantit ni la justice sociale, ni la prospérité, ni la souveraineté budgétaire.Le plus préoccupant, c’est que la dette continue de monter. Le Haut Conseil des finances publiques estime que la dette publique atteindra 118,4 % du PIB en 2026, après avoir atteint 115,6 % en 2025. Le déficit de 5 % que vous prévoyez pour cette année reste très supérieur à ce qu’il devrait être pour stabiliser la dette. Même quand vous prétendez stabiliser la trajectoire, vous ne savez pas stabiliser la dette. En 2026, la charge de la dette augmentera de près de 12 milliards d’euros, pour dépasser 78 milliards d’euros. Ce sont 78 milliards qui ne vont ni à l’école, ni à la sécurité, ni à l’hôpital, ni à la baisse des impôts ; 78 milliards, c’est huit porte-avions, c’est trois fois le budget de la police nationale.C’est là que le rapport d’avancement devient franchement inquiétant. Vos hypothèses économiques sont revues à la baisse – vous reconnaissez que la croissance est faible, que l’inflation est plus forte et que la charge de la dette explose – mais, sur le plan budgétaire, tout ira bien. La trajectoire est tenue, le déficit est maîtrisé, les engagements européens sont respectés. En d’autres termes, l’économie se dégrade, mais le budget, lui, tient miraculeusement. Où sont les économies ? Où sont les mesures ? Où sont les réformes ? Vous faites là un pari qui n’est pas sérieux.Il faut changer de méthode. Il n’y a donc plus de temps à perdre. Vous savez ce qu’il faut faire. Commencez par les évidences : mettez fin à la politique des chèques. Les Français ne veulent plus de chèque financé par les impôts qu’ils paient dès qu’ils travaillent, consomment ou prennent leur voiture ; ils veulent simplement pouvoir vivre dignement du fruit de leur travail. Ils veulent se loger, se nourrir, transmettre, entreprendre, sans devoir demander à l’État de leur rendre une petite partie de ce qu’il leur a pris. La politique du chèque, c’est une caricature d’un État qui prélève trop, redistribue mal et entretient la dépendance.Vous pouvez aussi lutter réellement contre la fraude sociale et fiscale, réduire les dépenses de fonctionnement inutiles, revoir les rémunérations les plus excessives dans les structures publiques et parapubliques, supprimer les doublons administratifs, ou encore mettre fin aux subventions sans objet, aux opérateurs sans résultats, aux comités sans utilité, aux agences qui produisent plus de rapports que de services.Les Français attendent des actes. Lorsque la volonté politique existe, les économies sont possibles. À Nice, par exemple, notre président de groupe Éric Ciotti, à peine élu, a engagé une rupture concrète avec la gestion précédente en faisant 60 millions d’euros d’économies.

Il a diminué les indemnités d’élus, mis en vente des voitures de fonction et des biens immobiliers, réduit les dépenses de communication, supprimé des subventions inutiles. La fin du gaspillage a entraîné, au bout du compte, une baisse rapide de la fiscalité locale, donc un gain direct de pouvoir d’achat pour les Niçois.

Vous pouvez l’applaudir !

Voilà la méthode que nous défendons : engager le choc de la baisse fiscale nécessaire, ciblée sur le travail, la production et les classes moyennes, et en faire le déclencheur d’une vraie transformation de la dépense publique ; rendre de l’argent aux Français dès maintenant et traquer chaque euro de gaspillage. Pour nos compatriotes, faites preuve de courage, ou laissez la place à ceux qui en ont ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).