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Discours du 20 juillet 2026

Hubert Ott · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21

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La montagne est un espace singulier ; un territoire où la nature et l’activité humaine ont appris, au fil des siècles, à cohabiter et à s’équilibrer. La France a cette chance rare d’être un pays de montagnes variées : les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, le Jura, la Corse ou encore les Vosges. Cette pluralité géographique a façonné nos paysages, nos arts de vivre, et surtout une agriculture unique ; une agriculture qui compose avec les écosystèmes, qui sculpte et entretient les paysages, qui favorise la biodiversité et la captation de carbone. En montagne, on produit avec le relief, avec le climat et avec les saisons. Ces contraintes font aussi la force de cette agriculture, qui obtient ainsi des produits de qualité, à forte typicité, porteurs d’appellations et de savoir-faire apportant une véritable valeur ajoutée territoriale. Sans l’agriculture de montagne, il n’y aurait pas cette gastronomie qui participe au rayonnement de notre pays et qui illustre cette capacité à tirer parti d’un territoire sans chercher à le soumettre.La montagne demeure aussi un espace de vérité : là où la mondialisation tend à uniformiser, elle a su conserver son identité avec une authentique capacité à résister à la banalisation des modes de production et des paysages. Mais la montagne est aujourd’hui en première ligne face au changement climatique : évolution de l’enneigement, transformation des forêts, risques naturels accrus et pression croissante sur la ressource en eau. Dans nos massifs, ces bouleversements ne sont pas une abstraction, ils fragilisent l’agriculture, les forêts, les activités touristiques et sportives. Nos territoires doivent donc s’adapter.La montagne est à la fois un territoire à protéger et un territoire à faire vivre. C’est précisément tout le sens de cette proposition de loi. Je veux saluer le travail collectif conduit par les parlementaires de la montagne, toutes sensibilités confondues,…

…ainsi que celui de l’Association nationale des élus de la montagne et de son président, également auteur de ce texte, Jean-Pierre Vigier. Quarante ans après la loi « montagne » de 1985 et dix ans après sa modernisation, ce texte s’inscrit dans la continuité d’un principe fondateur : la montagne a droit à sa différence. L’égalité républicaine ne signifie pas en effet appliquer partout les mêmes règles, sans tenir compte de réalités locales. Elle suppose au contraire d’adapter les politiques publiques aux contraintes et aux besoins de chaque territoire. Oui, maintenir une école, garantir l’accès aux soins, accompagner les mobilités pour permettre à nos vallées de rester accessibles et soutenir l’agriculture ou préserver une filière bois mise à mal par le changement climatique peuvent représenter un effort particulier, mais il faut y voir le prix du maintien d’une population vivante dans ces territoires. Car une montagne délaissée et désertée par ses habitants est une montagne qui se ferme, qui perd ses savoir-faire et qui devient inhospitalière.Le maintien des services publics est donc essentiel. Dans nos villages d’altitude, la question de l’école et de l’accès aux soins conditionne directement l’habitabilité par une vie locale. Le soutien à l’agriculture de montagne l’est tout autant, mais celui-ci ne peut pas être pensé avec les mêmes critères que pour l’agriculture de plaine, puisque notre agriculture repose sur l’élevage extensif, le pastoralisme et une gestion particulière, mais vertueuse, des espaces et des ressources. La prise en compte des usages pastoraux dans la gestion de l’eau répond, comme le développement de retenues collinaires, à une nécessité concrète face aux épisodes de sécheresse qui menacent tant ces territoires. Adapter les règles signifie tenir compte des difficultés liées aux reliefs afin de permettre le maintien des populations, des activités et des services.Penser et réussir l’avenir de la montagne suppose avant tout de le construire avec celles et ceux qui y vivent. La montagne est un espace de vie, de biodiversité, de culture et de production. Elle est aussi en première ligne face aux bouleversements climatiques et peut forcément nous apprendre à mieux concilier l’activité humaine, quelle qu’elle soit, avec la préservation de la nature.Parce que la montagne a droit à sa différence, parce que préserver la montagne, c’est aussi permettre à celles et ceux qui y vivent de continuer à y travailler, à y entreprendre et à y transmettre leurs savoir-faire, et parce que notre pays est fort de ses montagnes et que celles-ci enrichissent et renforcent notre destin commun, notamment notre aptitude à la résilience face au monde incertain qui nous attend tous, le groupe Les Démocrates soutient avec conviction cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. Vincent Descoeur applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).