Discours du 9 juillet 2026
Ian Boucard · Première session extraordinaire 2026 · séance n°10
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Renaissance, c’est eux, désormais ! (M. Ian Boucard désigne les bancs du groupe RN.)
C’est un bon début !
Tout à fait !
Il s’agit d’encadrer le pouvoir de police administrative des préfets concernant les interdictions de déplacement de supporters. J’ai été sensible au fait que le ministre de l’intérieur indique vouloir individualiser les sanctions et ne pas les rendre collectives. Or, dans le cas des interdictions de déplacement, elles sont clairement collectives.On peut ainsi se retrouver dans des situations ubuesques où, par exemple, le préfet prononce une interdiction alors que des supporters ont déjà entrepris leur déplacement. À vingt-quatre heures du match, la justice administrative ne peut plus intervenir. Et, parce qu’il y a eu des dérives lors d’un match il y a vingt-cinq ans, les supporters de Cannes – en National 2 – sont par exemple interdits de déplacement à Nîmes, ou les supporters de Sochaux empêchés de se rendre à Dijon.Comme l’interdiction repose sur la qualité de supporter, le simple fait de porter le maillot de Dijon à Sochaux – ou l’inverse – fait de vous un délinquant. Cela soulève un problème d’interprétation.Deux arguments pour finir. Le premier est celui de M. Courbon. Il a raison de rappeler que les tribunes de stade sont l’un des derniers espaces de sociabilisation – il n’en reste plus beaucoup dans notre pays – où un chef d’entreprise et son ouvrier peuvent se retrouver dans la même tribune. (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP approuvent.)Le second concerne la qualité de supporter. On l’a vu récemment, les supporters peuvent être empêchés de se déplacer, mais les partenaires – ceux qui sont en loge – peuvent, eux, se rendre au match. Cela pose un problème d’équité. (Mêmes mouvements.) Nous sommes une grande République, et nous avons un bon ministre de l’intérieur. L’État devrait donc être en mesure de garantir la sécurité d’une rencontre sportive – qu’il s’agisse de Nîmes-Cannes, de Sochaux-Dijon ou de n’importe quelle autre rencontre.
Enfin, je partage les propos de M. Le Fur : les débordements qui ont lieu après certains matchs – notamment après la deuxième victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions – ne sont pas forcément le fait de ceux qui étaient au stade – en l’espèce au Parc des Princes. Il s’agit plutôt de faits de nature comparable à certaines manifestations : des groupes violents comme les black blocs se mêlent aux cortèges sans être des supporters de football – ou des militants lors des manifestations du 1er mai – pour tout casser dans Paris. (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Pour une fois, j’allais dans votre sens : ce n’est pas parce que les black blocs sont présents le 1er mai qu’ils sont militants politiques. (M. Carlos Martens Bilongo fait un geste de la main pour indiquer à l’orateur qu’il doit s’interrompre.)Cher collègue, ce n’est pas à vous de me dire quand finir mon intervention. J’arrêterai quand la présidente me le dira. Nous devons pouvoir assurer la sécurité.
J’ai parlé des black blocs !
Non, des black blocs ! Vous les considérez comme les vôtres ?
Oui, je fais la distinction !
Pas de souci.
Il y a des secteurs bien plus à genoux que celui des HLM !
Quel rapport avec l’amendement ?
Je tiens à apporter quelques précisions afin d’éclairer le vote, car ceux qui auraient écouté Antoine Léaument ne peuvent pas savoir quel est l’objet de l’amendement de M. Le Fur : il est intervenu deux minutes sans jamais citer son contenu !
Cet amendement vise à étendre les dispositions de l’article 5, par exemple à des personnes qui loueraient un appartement par l’intermédiaire d’Airbnb et qui, à la fin du contrat de location, ne partiraient pas.Collègues insoumis qui applaudissez en permanence, notamment quand il est question de Robespierre (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent) : plongez-vous dans l’histoire, mais attention, dans toute l’histoire ! Car s’il vous arrivait un jour d’être plus modérés que Robespierre, vous pourriez connaître le destin de Danton. En 2026, vous vous retrouvez excommuniés par les écologistes ou les socialistes sans être guillotinés ; mais si M. Mélenchon devient président, il pourrait vous arriver pire ! (Sourires sur les bancs des groupes DR et HOR.)
Il s’agit d’équilibrer les mesures de l’article 5 en faveur des résidences secondaires. Du fait d’un vide procédural, il n’est en effet pas possible d’expulser les squatteurs d’une résidence secondaire.À l’extrême gauche qui ne manquera pas de nous reprocher de défendre les bourgeois et les classes très aisées, je rappellerai que les classes les plus bourgeoises ne sont pas les seules à posséder des résidences secondaires. Il fut un temps où notre pays permettait l’ascension sociale.Il fut un temps où les ouvriers, par exemple, par leur travail, pouvaient accéder à la propriété relativement jeunes et, dans certains endroits – sans doute pas à Saint-Tropez, j’en conviens –, acquérir une résidence secondaire. Vous dites que 34 % des résidences secondaires sont détenues par des ménages aisés et ce chiffre vous paraît énorme. Mais cela signifie que 66 % de ces résidences ne sont pas détenues par des personnes issues de classes particulièrement aisées (M. Pierre-Yves Cadalen s’exclame) et qu’elles sont susceptibles d’être squattées, alors que c’est peut-être le seul héritage que leurs propriétaires pourront laisser à leurs enfants.
Il s’agit d’un amendement intéressant, qu’il faudrait réécrire en vue de la commission mixte paritaire.Je reviens au débat qui oppose M. Kasbarian à l’extrême gauche de cet hémicycle. Si cette dernière n’avait pas fait tomber le gouvernement de M. Barnier, le projet de loi relatif au développement de l’offre de logements abordables de M. Kasbarian, qui présentait un grand intérêt et que la commission des affaires économiques du Sénat avait approuvé, aurait eu le temps d’arriver dans cet hémicycle. Il aurait notamment permis de revenir sur les quotas fixés par la loi SRU et de lutter contre le logement social à vie – qui a permis à certains députés d’extrême gauche de continuer à vivre dans des logements sociaux alors même qu’ils étaient députés, avaient largement les moyens d’habiter ailleurs et auraient pu les libérer au profit de familles qui en avaient cruellement besoin ! (Mmes Cendrine Chazé et Anne-Sophie Ronceret applaudissent.)Sur cette question, vous êtes des tartuffes : bien sûr que nous manquons de logements, mais à chaque fois qu’on veut mener à bien des projets de construction, ceux qui s’y opposent et déposent des recours sont toujours des associations, des militants ou des partis politiques de gauche. Lors de l’examen du projet de loi de simplification de la vie économique, nous avons défendu des mesures visant à accélérer la construction : vous vous êtes opposés à chacune d’entre elles. Vous nous dites qu’il n’y a pas assez de logements, mais dès que l’on veut en construire plus, vous êtes contre.
M. Kerbrat, que je remercie pour sa sincérité, a eu l’immense honnêteté de le dire : il n’est pas pour la construction, il est pour le squat. Voilà ce que vous défendez. À chacun son projet de société ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Mme Cendrine Chazé applaudit également.)
On va t’expliquer !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).