Discours du 13 novembre 2025
Isabelle Rauch · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°49
L’article du PLF pour 2026 dont nous nous apprêtons à débattre n’est pas une simple disposition budgétaire : il dit quelque chose de la vision que nous avons de l’Europe et de la place que la France veut y tenir.Le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne, évalué à 28,8 milliards, constitue la contribution de notre pays au budget commun. Ce montant, en hausse par rapport à 2025, doit être considéré comme l’expression de l’engagement assumé d’une nation qui croit en la valeur de la coopération européenne. Cette progression s’explique d’abord par le fait que le CFP pour 2021-2027 touche à sa fin, ce qui entraîne comme toujours un pic de paiements visant à solder les programmes engagés. Elle résulte aussi du rattrapage des retards provoqués par la crise du covid-19 dans la mobilisation des fonds européens. Enfin, elle traduit des choix politiques : le plan de relance européen, la solidarité envers l’Ukraine, la réponse commune aux défis migratoires et énergétiques.En d’autres termes, cette hausse est à la mesure de notre courage, de notre solidarité. Être Européen, ce n’est pas attendre des dividendes ; c’est prendre sa part de responsabilité dans la stabilité, la prospérité et la sécurité du continent. Loin d’un statut de simple payeur, la France reste en outre le deuxième bénéficiaire du budget européen : près de 16 milliards chaque année, dont 9,5 milliards pour la PAC, 3,5 milliards pour la cohésion, des enveloppes substantielles pour la recherche, l’innovation, l’espace, la jeunesse et la défense. Notre pays bénéficie aussi du plan de relance européen, avec 34 milliards déjà versés, et capte 20 % des financements du Fonds européen de la défense (FED).Le budget européen – à peine 1 % du PIB cumulé des États membres – constitue ainsi un levier incomparable pour financer ce qu’aucun État ne pourrait porter seul : la transition énergétique, la sécurité, la recherche, la mobilité des jeunes, l’autonomie industrielle. Dans un monde fracturé, l’Union, forte de ses 450 millions de citoyens, demeure un multiplicateur de puissance et de stabilité. En adoptant l’article 45, nous affirmerons que l’Europe n’est pas une charge supplémentaire, mais un choix souverain et stratégique ; c’est pourquoi le groupe Horizons & indépendants votera avec conviction en faveur de cet article. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)
Si j’ai bien compris, il me revient de conclure cette discussion avant la mise aux voix. Députée de la Moselle comme Robert Schuman, je ne pouvais pas ne pas prendre la parole.Nous avons besoin de l’Europe, elle nous protège depuis très longtemps. Soyons fiers et heureux d’honorer cette contribution. Sur la terre d’où je viens, dans la tradition dont je suis issue, nous vivons l’Europe au quotidien. Je sais exactement, comme d’ailleurs tous ceux qui vivent dans cette circonscription, ce que nous lui devons.Quand j’entends que nous pourrions réduire notre contribution, voire presque sortir de l’Europe, cela me fait mal. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN). Mesdames et messieurs les députés, je vous ai écoutés avec patience !Je souhaite que le montant de notre contribution reste au niveau qui est le sien actuellement. Nous en avons besoin. Le marché intérieur européen représente 450 millions de personnes, nous ne pouvons pas nous en priver. Les entreprises en ont besoin et il est indispensable pour assurer notre souveraineté.
Je suis donc fermement opposée à ces amendements et je voterai pour l’article 45. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).