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Discours du 6 mars 2025

Jean-Carles Grelier · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°119

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J’ignore si vous êtes comme moi, mais je me suis souvent demandé ce qui pouvait pousser un homme ou une femme, au terme de sa journée, à se lever au cœur de la nuit, à quitter sa famille et à revêtir un uniforme pour rejoindre un lieu inconnu et des circonstances qui ne le sont pas moins, afin de porter secours. J’ai la forte conviction qu’il y faut incontestablement un petit supplément d’âme et un petit supplément d’humanité, qui font la force et la grandeur de l’engagement des sapeurs-pompiers.

À Mayotte, ils étaient là. Lors des inondations dans le Nord ou en Bretagne, ils étaient là. À La Réunion, ils sont encore là. Dans chacun de nos départements, dans chacune de nos circonscriptions, ils sont, au quotidien, les acteurs de la sécurité et de la santé, ceux qui permettent souvent à la vie et à l’espoir de l’emporter.Dans les camions rouges, ils sont 3 492 médecins, 8 812 infirmiers, 632 pharmaciens, 311 vétérinaires, 104 cadres de santé et 373 psychologues, professionnels ou volontaires.Au moment de la crise sanitaire, ils étaient là aussi. Ils n’eurent que rarement droit aux applaudissements et n’ont pas bénéficié des revalorisations salariales du Ségur de la santé. C’est pour ces professionnels de santé dûment formés et aguerris que la présente proposition de loi a été conçue, afin de leur donner un statut et une sécurité juridique qui leur font défaut.La médecine de sapeurs-pompiers n’est pas une médecine comme les autres. C’est une médecine de l’urgence et de la crise, une médecine polyvalente et plurielle. Lorsqu’il monte dans un camion rouge, le médecin de sapeurs-pompiers peut être amené à faire de la médecine d’urgence, alors qu’il n’est pas urgentiste. Lorsqu’il s’assure de l’aptitude des sapeurs-pompiers professionnels ou fait de la prévention auprès des sapeurs-pompiers volontaires, il exerce la médecine du travail, alors qu’il n’est pas médecin du travail. Lorsqu’il prodigue des soins à un sapeur-pompier qui s’est blessé en intervention ou à l’entraînement, il pratique la médecine générale, alors qu’il n’est pas médecin généraliste.La médecine de sapeurs-pompiers ne correspond donc pas aux schémas traditionnels. À l’instar de la médecine militaire, elle possède un statut et une organisation qui lui sont propres. Cette proposition de loi vise à reconnaître cette particularité aux professionnels de santé des services d’incendie et de secours (SIS). Elle est juste cela, mais tout cela.S’il représente une avancée dans la reconnaissance due aux services de santé des sapeurs-pompiers, ce texte ne retire ni n’enlève rien à ces femmes et hommes en blanc essentiels au bon fonctionnement de nos Samu et de nos services d’urgence. Je tiens d’ailleurs à leur exprimer, depuis cette tribune, mon respect et ma considération. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS. –M. Julien Rancoule applaudit également.)Reconnaître aux professionnels de santé des SIS la particularité de leur métier, leur offrir un statut et une formation adaptée, c’est aussi rendre plus attractives ces missions essentielles au bon fonctionnement de ces services. Mesure-t-on suffisamment que, sans contrôle de l’aptitude des sapeurs-pompiers, sans prévention des risques inhérents à leur fonction, il n’y aurait plus de sapeurs-pompiers ? Je grossis sans doute un peu le trait, mais telle est bien l’équation que nous avons à résoudre. En seulement dix ans, le nombre de médecins de sapeurs-pompiers a fondu de plus d’un millier, soit 25 % de l’effectif total. Aussi la proposition de loi tend-elle également à renforcer l’attractivité des métiers de santé auprès des sapeurs-pompiers, qu’ils exercent en qualité de professionnels ou de volontaires.À ce stade du parcours législatif, je tiens à remercier le président Marc Fesneau et les députés du groupe Les Démocrates, grâce auxquels je peux défendre ce texte à la tribune. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Je remercie également le gouvernement actuel, et ceux qui l’ont précédé, pour leur écoute attentive et bienveillante. Je remercie, sur tous les bancs de l’Assemblée, celles et ceux d’entre vous qui, par leurs observations et leurs amendements, ont contribué à améliorer la qualité de la proposition de loi. Enfin, parce que je ne me suis pas engagé seul, la fleur au fusil, dans cette aventure, je remercie le médecin capitaine Antoine Reydellet ; je salue l’énergie et la passion qu’il a mises dans l’élaboration de ce texte, depuis de longs mois, à mes côtés. (Mêmes mouvements.)Les 13 724 personnels de santé des services d’incendie et de secours interviennent chaque jour pour assurer la sécurité des personnes, à toute heure et en tout point du territoire national. Ensemble, saisissons l’occasion qui nous est donnée de leur exprimer notre estime, notre profond respect et la reconnaissance de la nation ; ils leur sont dus. (Mêmes mouvements.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).