Discours du 3 juin 2026
Jean-Luc Warsmann · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°261
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Absolument !
J’ai l’honneur d’être le rapporteur pour l’Assemblée nationale de ce texte adopté le 14 janvier par le Sénat. Je salue le travail de son auteur, le sénateur Antoine Lefèvre, et de la rapporteure, au Sénat, Nadine Bellurot, qui nous donne une base solide pour avancer.Ce texte est une étape nouvelle d’un travail que le Parlement a engagé il y a déjà quelques années. J’ai l’honneur d’avoir été l’auteur d’une proposition de loi adoptée ici à l’unanimité en 2010, qui a créé l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, l’Agrasc. Je tiens à saluer le travail de ses équipes.D’autres étapes ont été franchies par la suite, notamment grâce à une nouvelle proposition de loi que j’avais déposée et qui a été adoptée à l’unanimité en 2024. Beaucoup d’entre vous étaient là et s’en souviennent : elle a autorisé la confiscation automatique de l’objet, du produit ou de l’instrument d’une infraction.Donnons des exemples concrets. Le camion dans lequel on retrouve des marchandises volées a vocation à être saisi et obligatoirement confisqué. Un autre exemple : quand le gardé à vue n’est pas jugé en comparution immédiate – c’est la majorité des cas –, il ressort libre avec une convocation devant le tribunal. Si son véhicule est un produit ou un instrument de l’infraction qu’elle est soupçonnée d’avoir commise, cette personne rentrera certes chez elle, mais à pied. Nos concitoyens sont très contents de savoir que la justice commence à agir dès ce stade.Ces deux propositions de loi ont déjà porté leurs fruits. En 2025, plus de 1,4 milliard d’euros de saisies ont été réalisées, contre 521 millions en 2016. Les confiscations ont quant à elles atteint 263 millions. Une marge de progression demeure mais nous avançons, année après année et cette proposition de loi constitue une nouvelle étape.Je souhaite vous présenter brièvement quelques améliorations intervenues en commission des lois.Avec les articles 1er et 1er bis, nous avons voulu renforcer l’information des victimes car celles-ci ont droit au respect. Lorsqu’une victime dépose plainte, l’officier de police judiciaire (OPJ) l’informe du fait qu’elle peut se constituer partie civile, ce qui ouvre la possibilité de toucher des dommages et intérêts. Désormais, on lui expliquera aussi que les biens produits, instruments ou objets de l’infraction pour laquelle elle dépose plainte pourront être saisis et confisqués et que leur vente pourra contribuer à son indemnisation. L’OPJ lui demandera si elle a connaissance de tels biens. Ce faisant, nous souhaitons que les victimes soient mieux informées de leurs droits, mais aussi que les biens produits, instruments ou objets d’une infraction soient repérés en amont et qu’on en trouve trace dans la procédure dès le stade de la plainte.Avec l’article 2, le Sénat nous invite à procéder à des économies en détruisant certains scellés et véhicules. Nous le suivrons et vous proposerons aussi d’améliorer les dispositions. Je vous rappelle que les seules saisies de véhicules entraînent une dépense annuelle de l’État de 35 millions d’euros, soit la moitié des dépenses liées aux scellés. Nous pouvons progresser sur ce point.L’article 3 permet l’exécution provisoire des décisions de saisie. C’est une très heureuse initiative du Sénat.L’article 4 permet de nous adapter à de nouveaux biens dont les médias parlent régulièrement : les cryptomonnaies et les cryptoactifs. Il prévoit leur saisie et surtout, par la même décision de saisie, leur remise à l’Agrasc en vue de leur vente immédiate.L’article 5 contient des avancées pour appliquer les décisions lorsque les détenus sont en fuite.L’article 5 bis constitue un deuxième très grand progrès en autorisant les enquêtes post-sentencielles. De quoi s’agit-il ? Prenons une personne mise en cause condamnée définitivement par la justice de notre pays. Il est prouvé que l’ensemble des infractions qu’elle a commises lui ont rapporté 1 million d’euros, mais seuls 300 000 euros ont pu être saisis puis confisqués. Après ce jugement définitif, 700 000 euros échappent donc à la justice. Avec l’enquête post-sentencielle, que nos voisins belges et luxembourgeois pratiquent déjà, il devient possible d’effectuer de nouveaux actes d’enquête après le jugement définitif et tant que les faits ne sont pas prescrits. Si, par un heureux hasard, des biens refont surface ou que la personne ayant fui à Dubaï – quoique ce soit peut-être moins probable à présent – ou dans un autre pays décide de revenir vivre en France, attirée par la sécurité sociale ou l’école française pour ses enfants, et que son train de vie la trahit, il sera alors possible de rouvrir l’enquête. Nous vous proposerons un amendement pour que tous les fonctionnaires, que ce soit les OPJ ou les agents du fisc, disposent des données nécessaires : il ne faudrait pas que des biens échappent aux autorités alors qu’une décision de confiscation n’a pas été entièrement appliquée.Voilà le sens de notre travail, qui repose sur des valeurs très importantes. Une des meilleures sanctions contre la délinquance, c’est de frapper les délinquants au portefeuille en les privant du patrimoine qu’ils ont accumulé. Il faut donc une loi de plus en plus agile, de plus en plus efficace et adaptée aux nouvelles formes que prend la délinquance dans notre pays – j’ai évoqué les cryptomonnaies. Nous avons aussi le devoir de rendre les lois françaises beaucoup plus respectueuses des victimes et attentives à leurs droits. C’est le chemin que je vous propose d’emprunter avec ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – M. Florent Boudié, président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, applaudit également.)
Merci !
Absolument.
Exactement !
Ils le font à votre initiative !
Merci !
Grâce à l’efficacité de votre plume !
Merci !
Merci !
Quelques mots, d’abord, pour vous remercier les uns et les autres des propos positifs et constructifs que vous avez tenus et pour le soutien très large que recueille ce texte. Dans mon intervention initiale, je n’ai pas abordé l’article 6, relatif aux experts judiciaires. Il est très clair que tous les groupes parlementaires refusent de se satisfaire du texte dans sa version actuelle.Nous travaillons à une solution. Comme vous le savez, dans le texte adopté par la commission des lois, le délai est fixé à 60 jours ; il est assorti d’intérêts moratoires en cas de dépassement. J’ai bien noté que certains d’entre vous souhaitent aller vers un délai de 30 jours, avec un mécanisme de palier. Nous allons laisser la discussion se poursuivre, y compris sur les intérêts moratoires.Plusieurs interventions plaidaient en faveur d’un point de départ du délai au moment de la certification. Je ne pense pas que ce soit réaliste, même s’il faut sans doute prévoir un délai de certification.Nous avancerons sur ces sujets. Je souhaite que nous fassions ensemble les meilleurs pas en avant, et nous terminerons le travail en commission mixte paritaire, dans l’intérêt général de la justice.
Évidemment, nous réaffirmons notre confiance envers l’ensemble des enquêteurs, policiers ou gendarmes, ainsi qu’envers les magistrats, et nous souhaitons leur donner les meilleurs moyens de travailler. L’amendement no 20 reprend une idée initiale de Mme Regol – je salue également l’initiative prise par notre collègue Latombe et son groupe avec l’amendement no 48. Il s’agit d’amendements de cohérence, qui réaffirment ce principe et le droit à l’information de la victime. Avis favorable.
Avis défavorable. L’article 2 représente un progrès par rapport au droit actuel. Nous voulons nous concentrer sur ce qui est important ; nous ne voulons plus dépenser l’argent public et le temps des fonctionnaires de justice à conserver des biens de faible valeur, sans intérêt probatoire, et qui risquent en plus de se dégrader lorsqu’aucune autre solution n’existe. Cet article est donc un progrès et il est attendu.En outre, nous saisissons certes des Ferrari, mais pas seulement : il est important de saisir un véhicule qui a servi à un trafic, même s’il ne vaut que 7 000 ou 10 000 euros. Puisque ces dispositions ont été votées en commission des lois, à partir du moment où les magistrats en sont informés, le procureur pourra le remettre à l’Agrasc. Et, à partir du moment où le véhicule est remis à celle-ci, dans les cinq jours, il sera remis à un commissaire de justice, qui le prendra physiquement. Cela signifie que l’État – le ministère de la justice – n’aura plus de frais de fourrière à payer ; c’est le commissaire de justice qui en aura la charge et qui le mettra en vente.Ce texte permet d’éviter de conserver des biens qui ne servent plus à rien. Je précise qu’il existe, à chaque fois, des possibilités de recours – les droits des personnes concernées sont respectés. Nous fluidifions le dispositif et réduisons les stocks inutiles pour tout ce qui a de la valeur et mérite d’être vendu.
Défavorable, clairement.
Défavorable. Le texte est équilibré.
La commission a rejeté cet amendement. Le texte est très clair : le procureur ou le juge d’instruction doit rechercher si l’on peut vendre le bien ou l’utiliser. Premièrement, le bien peut-il être affecté, y compris à titre gratuit ? Car votre remarque a du sens. Deuxièmement, peut-on le vendre ? À défaut de possibilités d’affecter et de vendre, il est détruit. Votre amendement est donc satisfait. Obliger le procureur à consigner les contacts informels qui lui ont permis de s’assurer qu’aucune affectation n’était envisageable ne ferait qu’alourdir la procédure. Avis défavorable.
Je suis pour la cohérence en matière de délais. Je ne vois pas pourquoi le délai de recours serait supérieur, lorsqu’il s’agit de la destruction d’un bien, à celui qui prévaut pour sa vente ou son affectation à titre gratuit. Nous accepterons par la suite des amendements visant à apporter plus de cohérence, nous n’allons donc pas différencier les délais de recours. Avis défavorable.
La vente aussi.
Je comprends tout à fait l’intention de l’amendement. Néanmoins, au moment de la saisie, donc avant le jugement, l’affectation des biens doit bénéficier en priorité aux services régaliens, qui luttent contre la délinquance. L’affectation à titre gratuit, une fois le bien confisqué, après le jugement, peut se faire au bénéfice de personnes morales d’intérêt général ou de l’économie sociale et solidaire. Je me permets par ailleurs d’observer que la notion de réutilisation n’existe pas en droit : ce qu’il faut envisager, c’est l’affectation à titre gratuit. Pour ces raisons de principe et de forme, mon avis sera défavorable, comme en commission.
Mais faiseux ! C’est l’essentiel !
Défavorable.
Il est défavorable sur les deux amendements, mais pour des raisons différentes. L’amendement no 3 vise à permettre d’affecter gratuitement des biens saisis à des parcs naturels nationaux ou régionaux. À mon sens, les biens saisis doivent en priorité être affectés aux services régaliens qui ont permis ces saisies. Les parcs naturels nationaux et régionaux peuvent déjà se voir affecter des biens, mais à condition qu’ils aient été confisqués. L’amendement est donc satisfait par le droit en vigueur.Quant à l’amendement no 8, je l’ai dit en commission, il pose une question de principe. L’habitat indigne est un vrai sujet, d’autant plus qu’il peut faire l’objet de deux procédures : une procédure pénale qui peut aboutir à une saisie ou une confiscation et, le cas échéant, une procédure administrative, parce qu’un immeuble est souvent squatté et qu’il faut reloger ses habitants. Si ces procédures durent trop longtemps, l’immeuble continuera de se dégrader et, quand il pourra être cédé, sa valeur négative compliquera sa réhabilitation. En outre, pendant la durée de la procédure, le bien, même s’il a été muré, peut être squatté à nouveau, ce qui conduira à une nouvelle opération de relogement. Les deux procédures doivent donc être coordonnées, mais ce n’est pas l’objet de cette proposition de loi.Depuis 2010, il est possible d’engager la vente avant jugement de biens, type automobile, dont la conservation coûte de l’argent ou qui souffrent d’une déperdition de valeur. Cela ne me choquerait pas que nous adaptions la procédure pénale afin de pouvoir, lorsque la procédure administrative n’aboutit pas, prendre en main ces biens avant le jugement et ainsi éviter qu’ils se dégradent et réduire les risques pour l’environnement et le voisinage.Le travail à mener est réel, et je remercie notre collègue d’avoir trouvé le moyen de l’évoquer dans l’hémicycle. L’objectif était probablement de susciter le débat et de réfléchir à une manière d’améliorer le droit positif. Si l’amendement no 8 n’est pas retiré, j’y donnerai un avis défavorable, parce que ce sujet ne relève pas de cette proposition de loi.
L’exécution provisoire est un progrès. Avis défavorable.
Je m’inscris dans la droite ligne de ce que je vous ai dit tout à l’heure : notre objectif est l’uniformisation. En commission, nous avons constaté qu’il existait un délai de cinq jours pour un recours contre une décision du procureur, mais de dix jours lorsqu’elle émanait du juge d’instruction. Qu’il s’agisse d’une non-restitution par le juge d’instruction, d’une destruction, d’une aliénation ou de l’affectation d’un bien, le délai est toujours de dix jours. En revanche, s’agissant des décisions du procureur de la République, le recours contre une décision d’aliénation d’un bien, son affectation à un organisme ou à un service de police s’effectue dans un délai de cinq jours, avec une exception : le délai pour une décision de non-restitution par le procureur est fixé à un mois.Je vous propose donc, par ce sous-amendement, de compléter l’amendement de Mme Regol afin d’uniformiser les délais applicables à l’ensemble des décisions en matière de saisie et de confiscation de biens, qu’elles soient prises par le procureur ou par le juge d’instruction. En effet, l’amendement porte de cinq à dix jours tous les délais de recours pour les décisions du procureur, à l’exception de celui qui était fixé à un mois – pour une raison que j’avoue ne pas comprendre, car je ne vois pas ce qui justifie une telle différence de traitement entre le fait de détruire un bien, de l’affecter, de le vendre ou de ne pas le restituer.Un collègue soulignait tout à l’heure que le code de procédure pénale comportait de nombreuses incohérences ; nous y remédions ici en appliquant un délai de recours unique de dix jours pour toutes les décisions, qu’elles soient prises par le parquet ou par le juge d’instruction. J’émets donc un avis favorable à l’amendement ainsi sous-amendé.
Il va de soi que lorsque le premier président de la cour d’appel est saisi, il tient compte des conséquences manifestement excessives de la mesure : c’est l’objet même de l’appel. S’il constate de telles conséquences, il donne droit à l’appel.En revanche, votre amendement, qui prévoit que l’ordonnance soit « expressément motivée », revient à alourdir la procédure par une notion juridique susceptible d’alimenter tous les contentieux possibles. La commission n’a pas été convaincue, je ne le suis pas davantage ; j’émets donc un avis défavorable.
Défavorable, même si je comprends votre intention, d’autant plus que j’avais proposé lors de l’examen de la proposition de loi de 2024 que les décisions de saisie soient communiquées par tout moyen – comprendre : sans délai – à l’Agrasc. Vous aviez d’ailleurs adopté cette disposition, qui figure désormais à l’article 41-5 du code de procédure pénale pour ce qui concerne le parquet et à l’article 99-2 du même code pour le juge d’instruction. La communication de l’information est donc de droit.Nous avons demandé des statistiques sur l’application de ces articles : on nous a répondu que les données exactes n’étaient pas disponibles, mais que la communication des informations était de plus en plus rapide et qu’elle ne cessait de progresser. Fixer un délai que nous n’aurions – en l’absence de sanction – aucun moyen de faire respecter ne constituerait pas un réel progrès. Pour toutes ces raisons, même si je suis d’accord sur le fond, j’émets un avis défavorable sur l’amendement.
La loi du 24 juin 2024 dit bien que les décisions de saisie « sont » communiquées : dans la loi, l’indicatif vaut impératif. (M. Jérémie Iordanoff proteste.)
En commission, j’avais effectivement donné un avis favorable sur un amendement de notre collègue Jordan Guitton – qui émanait vraisemblablement de son groupe : je crois que nous avons trouvé une bonne solution pour déterminer la valeur de l’actif après sa vente automatique. J’avais en revanche émis un avis défavorable sur un autre de ses amendements, similaire à celui qu’il défend à présent en séance, visant à intégrer au dispositif de vente immédiate avant jugement tous les cryptoactifs, y compris ceux comportant une fonction d’anonymisation. Ceux-ci étant utilisés par la délinquance organisée, un organisme public ne peut pas avoir pour rôle de les remettre sur le marché.À la suite de remarques formulées par plusieurs collègues, nous avons recherché comment trier le bon grain de l’ivraie, si j’ose dire – l’expression est peut-être un peu malheureuse s’agissant de cryptoactifs, monsieur le ministre. Bref, un avis de recherche a été lancé, qui n’a pour l’heure donné aucun résultat. Si nous parvenons à trouver une voie satisfaisante d’ici à la réunion de la commission mixte paritaire, je vous assure que nous tenterons de la prendre, monsieur Guitton. En l’état, on ne peut cependant appliquer le dispositif à tous les cryptoactifs anonymisés – ce serait fournir du carburant à la délinquance organisée. J’émettrai donc, comme en commission, un avis défavorable sur cet amendement, tout en m’engageant à discuter avec vous, si vous en êtes d’accord, d’une éventuelle voie médiane que nous trouverions d’ici la CMP.
J’y suis défavorable à titre personnel ; la commission a également rejeté l’amendement. L’article 5 constitue un vrai progrès, puisqu’il permet d’exécuter une peine de confiscation même quand la personne est en fuite. Il faut cependant préserver l’équilibre de cette disposition et en garantir la proportionnalité : le fait d’autoriser l’exécution d’une décision de justice alors que la personne condamnée n’en a pas connaissance et n’a donc pas été en mesure d’exercer son droit au recours doit donc se limiter aux crimes et délits punis d’au moins trois ans d’emprisonnement. Au reste, je ne suis pas sûr de la validité de votre liste de délits : il me semble notamment que l’auteur d’un abus de bien social encourt une peine bien supérieure à un an – jusqu’à cinq ans, si je ne m’abuse. Avis défavorable.
La commission était défavorable à ces deux amendements. Le texte issu du Sénat, qui institue cette nouvelle procédure, me paraît bon. Je rappelle que j’ai moi-même convaincu la commission des lois de supprimer deux des trois étapes de la procédure, qui alourdissaient le dispositif : celle relative à la signification par tout moyen électronique et celle qui consistait à demander à la juridiction de se prononcer une nouvelle fois en cas de non-signification de sa première décision.Demeure donc cette étape de signification de la décision par voie de publication de l’avis ; je ne vois pas l’intérêt de réduire son délai de quinze à dix jours. Gagner cinq jours n’apportera rien, l’essentiel est d’avoir supprimé les deux autres étapes. Quant à porter ce délai à un mois, cela ne me semble pas nécessaire, le délai de quinze jours étant suffisant. Restons-en au texte tel qu’il est rédigé : avis défavorable sur les deux amendements.
Il ne s’agit pas d’un fichier mais d’un avis rendu public. Il ne me semble pas que le décret précisant les modalités de publication doive faire l’objet d’un avis de la Cnil. Avis défavorable.
Défavorable.
La société est loin de s’excuser : elle ne cesse de renforcer la législation en la matière ! Cependant, le Conseil constitutionnel a rappelé dans une décision de juillet 2005 qu’en vertu du principe d’individualisation des peines, le législateur doit laisser au juge une marge de manœuvre qui inclut la prise en compte de la personnalité de l’auteur.Chère collègue, nous ne cessons d’avancer en matière de confiscation : en 2024 comme aujourd’hui, nous avons étendu les cas de saisie obligatoire sauf décision motivée. Nous poussons donc le curseur aussi loin que nous pouvons. Mais il s’agit là d’une question de principe : l’individualisation des peines est un principe à valeur constitutionnelle. Par conséquent, avis défavorable.
L’amendement tend à introduire la possibilité d’ordonner une mesure de gel à la demande des autorités compétentes d’un État européen, en cas de risque imminent de disparition des biens dépistés, ce qui constitue un grand progrès.Vous savez, en effet, qu’un des enjeux tient à la circulation de l’argent : ayant quitté un pays, il est viré dans un autre, puis dans un troisième, et, le temps que les procédures suivent leur cours, il est déjà parti, parfois hors de l’Union européenne, après avoir joué à saute-mouton dans plusieurs pays européens. Par conséquent, la possibilité de geler une somme dont un autre État membre nous signale la présence en France, le temps de mener la procédure, me paraît être un grand progrès dans la lutte contre les trafics d’argent sale.Qui plus est, j’approuve le choix du gouvernement de se saisir de la présente proposition de loi pour respecter les délais de transposition de cette directive européenne. Pour ces deux raisons, avis favorable.
Il ne s’agit ni des mêmes fondements ni des mêmes biens. Le seuil de cinq ans ne concerne pas les biens dont on sait qu’ils sont le produit ou l’instrument de l’infraction, mais les biens à l’origine injustifiée, pour lesquels le texte vise à renverser la charge de la preuve : si vous détenez des biens à l’origine injustifiée, c’est-à-dire dont vous ne savez pas expliquer d’où ils viennent, ils vous seront confisqués, même si l’on ne peut prouver qu’ils sont le produit ou l’instrument de l’infraction.Sur l’amendement no 39, je maintiens l’avis défavorable que j’ai donné en commission. Je m’étais permis de rappeler aux collègues la décision du Conseil constitutionnel, rendue le 26 novembre 2010, qui avait validé la disposition permettant la confiscation eu égard à la gravité des infractions auxquelles elle était applicable.En renversant la charge de la preuve pour les infractions punies de cinq ans d’emprisonnement ou plus, il me semble que nous allons déjà assez loin, s’agissant de saisir des biens dont leur détenteur ne sait pas justifier de l’origine, mais dont l’autorité judiciaire – c’est-à-dire nous, la France – ne sait pas davantage prouver qu’ils sont le produit ou l’instrument de l’infraction. Même si ma main ne tremble pas alors que nous allons aussi loin, je tiens à ce que le texte conserve un équilibre conforme à la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Avis défavorable à l’amendement.
Avis défavorable.Selon la jurisprudence de la Cour de cassation, si le délinquant condamné jouit de la propriété économique du bien, le fait qu’un tiers en ait la propriété juridique n’empêche ni la saisie ni la confiscation dudit bien. En conséquence, on peut parfaitement agir dès lors que la mauvaise foi du propriétaire juridique est établie. Mais la rédaction de l’amendement me semble trop extensive et trop risquée.
Sur cet amendement, dont l’adoption alourdirait inutilement le dispositif, l’avis de la commission est défavorable.
Il prévoit plusieurs garanties procédurales.
Nous nous apprêtons à autoriser, avec raison, l’enquête post-sentencielle. Je reprends mon exemple : une personne a fait l’objet d’une condamnation définitive à une peine de confiscation à hauteur de 1 million d’euros. On a confisqué des biens d’une valeur de 300 000 euros. Il reste donc à saisir l’équivalent de 700 000 euros.S’il est voté, l’amendement permettra l’application de cette condamnation. Si un gendarme ou un policier réalise un contrôle d’identité et constate que la personne contrôlée apparaît dans le fichier des personnes recherchées (FPR) parce qu’elle a été condamnée à une peine de prison alors qu’elle n’est pas détenue, on l’interpellera afin d’appliquer la condamnation.Nous proposons de créer un dispositif tout à fait semblable, qui permettra, par exemple, à un officier de police judiciaire ou à un fonctionnaire des finances publiques de savoir immédiatement si l’une des personnes sur lesquelles il enquête a fait l’objet d’une condamnation définitive à une peine de confiscation qui n’a pas été appliquée, ou pas entièrement.Suivant la même logique que celle qui préside au fonctionnement du FPR ou de Tracfin, nous proposons que les décisions de confiscation non exécutées – et, évidemment, non prescrites – figurent dans une base de données du ministère de la justice afin que tout soit public. À partir du moment où la justice a prononcé des peines définitives de confiscation au nom du peuple français, toutes celles et ceux qui en ont besoin doivent en être informés afin que ces peines soient appliquées.Il n’y aurait pas pire scandale, aux yeux de la population de notre pays, que de découvrir que quelqu’un que la justice a condamné à voir ses biens confisqués se remet à mener grand train sur notre territoire, après l’avoir quitté pendant deux ou trois ans. La présente disposition constitue une ceinture de sécurité : elle assurera l’effectivité du recours à l’enquête post-sentencielle.
J’espère convaincre notre collègue de retirer son sous-amendement, faute de quoi mon avis sera défavorable. Premièrement, la mesure en discussion n’a évidemment rien à voir avec les biens de faible valeur, pas plus d’ailleurs qu’avec les biens en général. Si on vous confisque une voiture, elle est confisquée : ce sont les confiscations en valeur qui sont partiellement ou totalement non exécutées.Deuxièmement, la prescription s’applique : une condamnation prescrite ne sera pas exécutée.Troisièmement, je propose que nous nous mettions à la place l’un de l’autre : l’avis de la Cnil sera évidemment requis, puisqu’il est question de décisions qui l’exigent.
Pour toutes ces raisons, l’alinéa est nécessaire.
Le texte issu des travaux de la commission prévoit un délai de paiement de 60 jours, aucun des membres de la commission des lois n’ayant approuvé le délai de 180 jours voté au Sénat.Au 31 décembre de l’année dernière, l’encours de la dette de l’État était de 278 millions d’euros et le rythme de croisière mensuel des paiements, de 65 millions d’euros. Ce qui signifie que réduire le délai de paiement à 60 jours requerrait 128 millions d’euros, tandis qu’il faudrait 65 millions pour atteindre le délai de 30 jours que beaucoup d’entre nous appellent de leurs vœux.En application de l’article 88 du règlement de notre assemblée, j’ai donné un avis favorable à l’amendement no 52, qui me semble refléter le plus fidèlement les débats de notre commission. Il permet d’aboutir à un délai de 30 jours tout en nous donnant du temps pour y parvenir, de manière mesurée et bornée.Cela impose que le ministère du budget rende disponibles les crédits nécessaires. Le vote de cet amendement entraînera naturellement le versement d’intérêts moratoires. Il ne s’agit pas de diminuer les moyens du ministère de la justice en amputant son budget de la valeur de ces intérêts moratoires parce qu’il n’aurait pas les crédits nécessaires pour rattraper son retard. Et il s’agit encore moins de placer le ministère de la justice dans une situation impossible, qui lui imposerait d’aller chercher des crédits ailleurs pour tenter d’éteindre l’incendie. Si l’Assemblée vote cette mesure, ce sera un message très clair adressé au ministère du budget afin qu’il dégage les moyens nécessaires dans les prochaines lois de finances.Enfin, je voudrais répéter ici les propos que j’ai tenus en commission lorsque nous avons auditionné les experts : il faut que nous fassions un effort, mais cet effort doit s’appuyer sur deux jambes. La première requiert que l’État assume ses obligations et paie plus rapidement, afin que les experts ne privilégient plus l’activité libérale.
La deuxième jambe, c’est la qualité du travail remis par les experts – le résultat de ce travail et le délai utilisé pour l’accomplir. Je me tourne vers vous, monsieur le ministre de la justice. En adoptant cette disposition ce soir à l’assemblée, nous allons demander à l’État de consentir un effort très important, et nous allons nous battre en commission mixte paritaire pour que cette disposition figure dans la version finale de la loi. En contrepartie, je me permets de demander au ministère de la justice de déterminer, par tout moyen qu’il jugera opportun – par exemple une charte, étant entendu que cela ne relève pas selon moi du domaine législatif –, des manières de travailler beaucoup plus vertueuses pour les experts, aussi bien en matière civile qu’en matière pénale.Je ne porte pas de jugement, je n’exprime pas de regret, je préfère parler pour l’avenir. En tout cas, si l’État se met à payer dans un délai de trente jours, nous ne pourrons pas admettre en tant que députés – je crois que mes collègues sont d’accord avec moi – de voir dans nos circonscriptions des procédures qui attendent des mois parce que des magistrats ou des fonctionnaires de justice sont obligés de renvoyer les affaires dès lors que des avis d’expert ne sont pas arrivés dans les temps.Cela doit être gagnant-gagnant. D’un côté, nous allons appeler l’État à faire un effort à un moment où les finances publiques sont particulièrement contraintes. De l’autre, j’appelle avec beaucoup de vigueur l’ensemble des experts – qu’ils interviennent en matière civile ou en matière pénale – à en tenir compte et à s’organiser pour jouer un rôle de facilitateurs, grâce aux compétences et à l’expertise qu’ils apportent, afin de mettre les tribunaux en mesure de juger plus rapidement et de rendre ainsi la justice plus efficace. De la sorte, l’ensemble des parties pourra bénéficier de l’effort budgétaire fourni.Je suis donc favorable à l’amendement no 52 et défavorable aux autres amendements.
Je n’ai pas dit cela !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).