Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 10 décembre 2025

Jean-Michel Jacques · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°89

Face au retour de la guerre en Europe, à la fragmentation de l’ordre international, à la multiplication des menaces qui se superposent, chacun d’entre nous a conscience de l’importance de nos armées pour nous protéger, préserver notre prospérité, défendre notre liberté et garantir la paix. Face aux nouveaux défis qui s’imposent à nous, la nation doit faire bloc aux côtés de son armée. Et nous, parlementaires, devons plus que jamais agir en responsabilité : il nous appartient d’adopter un budget pour notre défense et d’éviter de porter un coup d’arrêt brutal à notre effort de réarmement.Si nous n’adoptons pas le projet de loi de finances pour 2026, cela se traduirait par le renoncement aux 6,7 milliards d’euros d’investissements supplémentaires prévus pour notre défense – une hausse indispensable à l’heure où la France doit pouvoir compter sur une armée solide et efficace.Or l’effort budgétaire entamé dès 2017 sous l’impulsion du président de la République, chef des armées, doit continuer. Nos efforts, conduits successivement par Florence Parly, Sébastien Lecornu et désormais Catherine Vautrin, nous ont permis d’entamer la transformation de notre outil défensif et, en dix ans, de doubler le budget de la défense ! Ces efforts ont également soutenu notre ambition constante de garantir à la France son autonomie d’analyse, de décision et d’action en tout lieu et en tout temps ; de conserver une dissuasion nucléaire robuste et crédible ; et de renforcer son statut de puissance d’équilibre et de nation-cadre pour d’autres pays.Soyons bien conscients que, dans cette période critique, l’absence d’union nationale autour du budget de nos armées aurait des conséquences sur le temps long. En effet, la défense nationale ne se construit pas d’un claquement de doigts mais par une programmation cohérente et régulière.Mes chers collègues, face aux bouleversements géostratégiques, la classe politique française doit prendre ses responsabilités pour protéger les Français. L’ère qui s’ouvre nous impose de dépasser les clivages politiques et d’agir dans l’intérêt supérieur de la nation. Au-delà des partis, nous devons défendre la patrie.

Oui, mes chers collègues, alors que nous devons continuer à moderniser notre dissuasion nucléaire, il nous faut aussi renforcer les équipements de nos armées par plus de frégates, plus de Rafale et plus de munitions. Il faut intensifier nos efforts dans les domaines du spatial, du quantique, de l’intelligence artificielle, de la dronisation, de la lutte antidrones, de la défense sol-air, de la très haute altitude, de la guerre électronique, de l’artillerie et du feu dans la profondeur. Nous devons continuer à agir en faveur des conditions de vie de nos valeureux soldats, du personnel civil de la défense et de leurs familles, et donner plus de visibilité aux entreprises de la défense qui irriguent nos territoires. Enfin, il nous faut poursuivre nos efforts pour permettre à nos concitoyens de s’engager dans l’armée de la nation, sous la forme du service national ou de la réserve. (Mme Danielle Brulebois applaudit.)

Pour conclure, la défense de la nation exige une mobilisation large des militaires, des entrepreneurs, des services de l’État, des citoyens et des élus. Gardons le cap ! Soyons conscients de notre force, et soyons fiers de notre armée et de nos soldats ! Mes chers collègues, soyons à la hauteur des enjeux : je fais le vœu qu’ensemble, depuis tous les bancs de l’hémicycle, nous garantissions à la France un budget pour sa défense. En avant ! Vive l’armée française, vive la République, et vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Delphine Batho applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).