Discours du 10 février 2026
Jean-Michel Jacques · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°143
Parce que le rôle d’un député est d’évaluer la bonne exécution des politiques publiques, nous sommes réunis aujourd’hui pour débattre de l’application des lois. Il s’agit d’un exercice primordial pour notre pays, car c’est à travers ces lois que notre nation fait des choix pour son avenir. Je salue donc votre initiative, madame la présidente, qui enrichit nos travaux.Parmi ces lois, la loi de programmation militaire (LPM) reflète l’ambition de la France pour son rayonnement et sa prospérité. Le vote d’une loi de programmation militaire est un acte politique majeur. Nos armées protègent le pays et défendent nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. La bonne application de cette loi est donc essentielle pour notre sécurité et pour la paix.Anesthésiées par les dividendes de la paix durant des décennies avant 2015, nos armées ont été fragilisées par une application incomplète des précédentes lois de programmation. Heureusement, depuis 2017, un tournant a été opéré grâce à l’impulsion donnée par le président de la République, chef des armées. En 2027, le budget de la défense aura doublé en l’espace de dix ans ; une trajectoire respectée à l’euro près, qui a permis de préparer nos armées et d’entamer leur transformation. Cela répond à l’ambition de conserver une dissuasion robuste et crédible, de garantir à la France son autonomie d’analyse, de décision et d’action, et de renforcer notre statut de puissance de stabilité et de nation-cadre.Face au retour de la guerre en Europe, à la fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces, il faut accélérer ce réarmement. C’est tout le sens de l’actualisation de la loi de programmation militaire. Avant cela, notre commission a jugé utile de faire un point sur l’application de la dernière loi. Nous avons donc mené une mission d’information dont les conclusions ont été rendues cet automne. J’ai tenu à présider cette mission et à donner à chacun des groupes politiques la possibilité d’y participer, ce qu’ils ont fait. Je les en remercie et je remercie également les deux corapporteurs de cette mission, nos collègues Yannick Chenevard et Sébastien Saint-Pasteur, pour leur travail précis.J’en viens maintenant à l’application de cette loi. La première annuité budgétaire a été exécutée conformément à sa programmation et toutes les mesures d’application ont été prises. Nous avons constaté que des efforts significatifs ont été entrepris dans différents domaines stratégiques tels que le cyber, le spatial, le renseignement, les munitions ou l’intelligence artificielle.Certaines adaptations calendaires ont été apportées à la trajectoire capacitaire initiale. Cela s’explique en partie par le retour d’expérience de la guerre en Ukraine, l’évolution des menaces et certaines ruptures technologiques majeures. Cela peut se comprendre ; pour conserver sa force et sa cohérence, une loi de programmation doit rester vivante.Nous avons identifié plusieurs axes d’efforts qui pourraient être concrétisés lors de son actualisation. En plus de poursuivre la modernisation de notre dissuasion, nous avons besoin de plus de frégates, de Rafale et de drones. Nous devons intensifier nos efforts dans le spatial, la très haute altitude, la défense sol-air, la lutte antidrone, la frappe dans la profondeur, le quantique, l’intelligence artificielle et la guerre électronique.Nous devons également continuer d’agir pour simplifier les procédures et pour valoriser l’audace, car l’objectif est bien de gagner en efficacité.Il est indispensable de continuer d’agir en faveur des conditions de vie de nos valeureux soldats, de leurs familles et de nos blessés. L’actualisation de la loi de programmation militaire devra également donner une meilleure visibilité en matière de commandes aux entreprises de la défense qui irriguent tous nos territoires.Enfin, il nous faut poursuivre nos efforts pour permettre à nos concitoyens de s’engager s’ils le souhaitent, grâce aux réserves et au service national.Pour conclure, je forme le vœu que notre assemblée poursuive, au cours des prochaines semaines, le travail constructif qu’elle a entrepris. L’ère qui s’ouvre nous oblige plus que jamais à dépasser les clivages et à agir dans l’intérêt supérieur de la nation. Vive l’armée française, vive la République et vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).