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Discours du 25 mars 2026

Jean-Michel Jacques · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°179

Le monde est une poudrière. Il est devenu plus instable, plus imprévisible, plus dangereux. Au retour de la guerre en Europe, à la fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces qui se superposent s’ajoute aujourd’hui un embrasement généralisé du Proche et du Moyen-Orient.Heureusement, face à ces crises, sous l’impulsion du président de la République, chef des armées, nous avons renforcé et accompagné en profondeur la transformation de nos armées depuis 2017. En l’espace de dix ans, le budget de notre défense nationale a été doublé pour nous protéger et préserver notre prospérité, pour défendre notre liberté et pour garantir la paix.Dans le domaine de la défense – vous nous le rappelez souvent, madame la ministre des armées –, il nous faut aller encore plus vite, plus fort ! Ce sera d’ailleurs l’enjeu de l’actualisation de la loi de programmation militaire dont nous allons débattre en ces lieux d’ici à quelques semaines. Il nous faut absolument capitaliser sur les retours d’expérience et procéder aux ajustements nécessaires afin de consolider notre défense.J’identifie trois axes. Le premier : notre dissuasion nucléaire. Depuis plus de soixante-cinq ans, elle est la clé de voûte de notre défense. Il s’agit de la garantie ultime de la sécurité de notre nation et de la protection de nos intérêts vitaux, qui ont toujours revêtu une dimension européenne. Notre dissuasion nucléaire est robuste et crédible, et nous devons continuellement poursuivre sa modernisation, dans ses deux composantes, océanique et aéroportée.

Le deuxième axe : notre autonomie d’analyse, de décision et d’action. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient le montrent bien : il nous faut prendre en compte les évolutions des boucles technologiques plus rapidement et produire plus vite. Nous devons mettre l’agilité au cœur de l’organisation de notre industrie de défense. Nous devons donc mener un effort plus important en utilisant le meilleur de nos ressources. Collectivement, nous devons être encore plus attentifs aux besoins opérationnels de nos valeureux soldats. Sans remettre en cause l’intérêt des grands programmes d’armement, il est essentiel de laisser toute leur place aux plus petits équipements et aux munitions, qui apportent souvent un gain opérationnel considérable.Par exemple, il faut investir davantage dans la dronisation et la robotisation – dans tous les milieux – et dans la lutte antidrone. La situation au Moyen-Orient nous le rappelle encore.J’en viens au troisième axe : notre rôle de puissance de sécurité et de stabilité. La France doit rester cet allié fiable, attaché au multilatéralisme, au droit international et au respect de ses engagements. Le soutien que nous avons encore récemment apporté à nos partenaires, en Europe et au Moyen-Orient, le démontre bien. C’est pourquoi nous devons continuer à investir dans le spatial, la très haute altitude, la défense sol-air, les frappes dans la profondeur, le renseignement, le quantique, l’intelligence artificielle, la guerre électronique et la dronisation.

Plus que jamais, face à l’instabilité du monde, la France doit demeurer une puissance militaire capable d’agir pour défendre ses valeurs, ses intérêts et notre liberté – seule ou avec ses alliés. Notre porte-avions, le Charles de Gaulle, et son successeur en sont un symbole fort : celui d’une France libre.N’oublions pas qu’investir pour notre défense, c’est également investir en faveur de notre diplomatie, car pour être entendu, il faut être craint, et pour être craint, il faut être puissant.

Alors, continuons d’être à la hauteur de ces enjeux. Vive l’armée française ! Vive la République ! Vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).