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Discours du 4 mai 2026

Jean-Michel Jacques · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°218

« Les Français […] ne peuvent pas se désintéresser de leur défense dans le monde troublé où nous vivons » : ces mots sont de Pierre Messmer, alors ministre des armées. Ils furent prononcés en 1960, au lendemain de l’adoption de la première loi de programmation militaire par le Parlement. Ces mots sont plus que jamais d’actualité.Face au retour de la guerre en Europe, à l’embrasement du Moyen-Orient, à la fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces, chacun de nous doit être convaincu de l’importance de nos armées. Nous, parlementaires, devons prendre nos responsabilités et agir en veillant à ce que l’armée française continue à disposer des moyens dont elle a besoin. C’est tout l’objet de l’actualisation de la loi de programmation militaire.Cet investissement de 36 milliards d’euros supplémentaires intervient dans un contexte d’aggravation des menaces, confirmé par la revue nationale stratégique de 2025 et objectivé par les travaux menés par notre commission. Cet effort s’inscrit dans la continuité de l’impulsion donnée en 2017 par le président de la République, chef des armées, pour encourager la transformation en profondeur de nos armées. En l’espace de dix ans, nous aurons doublé le budget de la défense.Il faut renforcer encore davantage notre dissuasion nucléaire,…

…qui doit rester robuste et crédible. C’est la garantie ultime de la sécurité de notre nation et de la protection de nos intérêts vitaux. Ces derniers ont toujours revêtu une dimension européenne : tout en préservant pleinement notre souveraineté, nous devons à présent les appréhender à l’échelle du continent tout entier. Clé de voûte de notre défense, la modernisation de notre arsenal nucléaire est une nécessité absolue.Nous devons également garantir notre autonomie d’analyse, de décision et d’action. Pour ce faire, il nous faut prendre en compte plus rapidement les évolutions des boucles technologiques et produire plus vite, et plus efficacement. Il faut placer l’agilité au cœur de nos organisations, du ministère des armées et de notre industrie de défense. Sans remettre en cause l’intérêt des grands programmes d’armement, il est essentiel de laisser toute leur place aux petits équipements : nous devons investir davantage dans les munitions, la dronisation, la robotisation et la lutte antidrones. Ces efforts sont complémentaires des investissements que nous estimons nécessaires dans le spatial, la très haute altitude, l’artillerie, les frappes dans la profondeur, le renseignement, la guerre électronique, l’informatique quantique ou l’intelligence artificielle.Enfin, nous devons préserver notre rôle de puissance de sécurité et de stabilité. La France doit rester cet allié fiable, attaché au multilatéralisme et au droit international.

Plus que jamais, face à un monde troublé, la France doit demeurer une puissance militaire qui sait se faire entendre à travers sa diplomatie et qui est capable d’agir seule ou avec ses alliés pour défendre ses valeurs, ses intérêts et notre liberté.Mes chers collègues, j’ai pleinement confiance dans le fait que, comme en commission de la défense, nous ferons de cet examen un débat constructif sur notre politique de défense, et que nous serons tous guidés par la même boussole : l’intérêt supérieur de la nation.Avant de conclure, je veux rendre hommage aux femmes et aux hommes engagés pour notre défense, civils et militaires. Au-delà des trajectoires financières et capacitaires, ce sont eux qui constituent la première richesse de nos armées.Vive l’armée française, vive la République et vive la France ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe HOR. – M. Michel Barnier applaudit également.)

Monsieur Lachaud, vous avez commencé votre intervention en énumérant les différentes menaces. Et vous avez bien raison car c’est vrai qu’elles existent, qu’elles sont nombreuses et qu’elles viennent de partout – d’Europe, du Moyen-Orient, de Chine, mais aussi de l’instabilité de nos relations avec les États-Unis.Mais vous inversez les rôles et les responsabilités. Vous dites que la France serait menaçante et déstabiliserait le monde parce qu’elle se réarme. C’est totalement faux. Pour qu’une diplomatie puisse produire ses effets, il faut qu’elle soit adossée à une force militaire.

Et c’est l’ambition de cette actualisation de la loi de programmation militaire que de donner à la France la possibilité de faire levier avec son armée pour faire respecter autant que possible le droit international. Il s’agit ainsi d’être une puissance de stabilité.

Dans votre propos, vous dévalorisez totalement l’investissement que le peuple français consent depuis des années pour renforcer sa défense,…

…pour équiper ses valeureux soldats qui partent faire valoir les intérêts du pays là où on le leur demande. Vous dévalorisez d’un bloc tous les équipements nécessaires à leurs missions, qu’ils concernent l’espace, les airs, le sol, les mers ou le monde sous-marin. De plus, vous oubliez de dire que ces investissements irriguent nos territoires. Ainsi, 90 % des dépenses liées au futur porte-avions France libre seront faites un peu partout dans l’Hexagone. Tout cela, vous l’effacez.

Vous faites bien d’en parler, car elle est concernée par les investissements dans la défense.

Vous feriez mieux d’écouter plutôt que de faire de la politique politicienne ! Au fond, votre motion de rejet trahit les Français et leurs soldats. Vous leur mentez, mais les soldats qui nous écoutent ne sont pas dupes.

Nous avons besoin de cette actualisation, et votre motion de rejet constitue une trahison de tout le travail fourni jusqu’à présent. (Applaudissements sur les bancs des commissions.)

Ouh là là, ce n’est pas bien !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).