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Discours du 28 avril 2026

Jean-Philippe Nilor · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°213

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Comment expliquer que, face à l’ampleur de la crise du logement social devenue structurelle en outre-mer, l’État persiste dans une logique de désengagement ? J’ai bien compris que vous ne l’aviez appris que cet après-midi lors des questions au gouvernement, mais les crédits de la ligne budgétaire unique accusent depuis quelque temps une baisse mortifère – moins 20 % en deux ans – qui, manifestement, s’accélérera en 2027. Les plans Logement outre-mer (Plom) successifs avaient pourtant été présentés comme des réponses ambitieuses, avec, prétendument, la production de 10 000 logements par an. Sur le terrain, le constat est sans appel : objectifs non atteints, retards accumulés, décalage persistant entre les effets d’annonce et la réalité objectivement vécue par nos concitoyens. L’incohérence est patente ; elle est indécente. On reconnaît l’urgence, mais on affaiblit les moyens ; on affiche des ambitions, mais on reconduit des dispositifs recyclés qui ont pourtant prouvé leur totale inefficacité.Au fond, le problème est aussi celui de la méthode. Comment prétendre résoudre durablement la crise du logement dans les territoires d’outre-mer sans réellement territorialiser cette politique ? La territorialisation n’est pas un slogan mais bien le prérequis pour lever les freins, qu’ils soient fonciers, économiques, démographiques, climatiques ou sanitaires, et pour construire des réponses efficaces au plus près des réalités propres à chaque territoire.Monsieur le ministre, ma question est directe et les réponses convenues habituelles ne suffisent plus. Comptez-vous rompre avec cette logique centralisée et inadaptée, sanctuariser la LBU, tirer les leçons des échecs des Plom et arrêter d’empiler des plans sans enveloppes budgétaires à la hauteur des enjeux, cela pour chaque territoire ? En Martinique, ce ne sont pas moins de 16 000 familles qui attendent et qui espèrent désespérément, et je pèse mes mots. Étouffer cet espoir alors que l’Hexagone fait l’objet d’un vaste plan de relance pour le logement, c’est admettre qu’en matière de logement social, comme dans tant d’autres domaines, nous vivons en outre-mer en souffrance – ce que vous pouvez aussi écrire en deux mots : en sous-France !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).