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Discours du 27 janvier 2026

Jean-Philippe Tanguy · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°128

Pour une fois, monsieur le premier ministre, les faits et les Français vous ont donné raison. C’est suffisamment rare pour être souligné. C’est même un événement unique dans la situation actuelle.En effet, les élections législatives partielles ont démontré que vous aviez raison de redouter une dissolution de l’Assemblée nationale suivie d’élections pour résoudre la crise budgétaire, mais vous aviez raison de votre seul point de vue cynique et parfaitement irresponsable. Le vote des Français est en effet clair, renforcé par l’éclairage de l’ensemble des études d’opinion : les macronistes et leurs boulets LR et PS sont en chute libre et le seul véritable opposant, le RN, avec son allié de l’UDR, est chaque jour plus soutenu. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vos manœuvres et vos compromissions n’ont évidemment qu’un seul but, totalement étranger à l’intérêt national : éviter de retourner devant les Français pour vous sauver vous et, surtout, Emmanuel Macron.Du point de vue démocratique, c’est évidemment une trahison ; du point de vue républicain, c’est évidemment une forfaiture ; du point de vue moral, comme vous l’a dit Marine Le Pen, c’est évidemment une déchéance.Tous les mensonges éhontés et les éléments de langage éculés que vous ressassez avec la complicité des intérêts financiers qui vous maintiennent au pouvoir ne peuvent cacher la vérité, bien comprise par nos compatriotes.Les Français savent que ce budget ne baisse pas les impôts, mais les alourdit d’au moins 9 milliards d’euros, dont 1 milliard pour les ménages. Et encore, c’est sans compter la taxe sur l’épargne et les mutuelles – pour plus de 3 milliards – qui sert à financer votre budget ruineux de la sécurité sociale.Les Français savent que ce budget ne contrôle pas les dépenses, qui explosent de 38 milliards, tout en dégradant les services publics. Ils savent aussi que ce budget n’arrête pas l’emballement fou de la dette, qui augmentera encore de 70 milliards d’euros par trimestre.Les Français savent que ce budget ne maîtrise pas les charges d’intérêt, qui atteignent 74 milliards selon le Haut Conseil des finances publiques (HCFP). Ces intérêts de la dette sont littéralement en train d’étouffer l’économie et les finances de la France : ils atteindront bientôt 90, puis 100 milliards d’euros par an, si le contre-budget du Rassemblement national n’est pas déployé dans les meilleurs délais.Pire encore, les Français savent que ce budget n’assure en aucun cas notre souveraineté puisque chaque euro de dette que vous avez créé – dette passée, actuelle et future – est majoritairement acheté par des intérêts étrangers. Laisser passer votre budget, ce n’est donc nullement renforcer la France, c’est au contraire resserrer le nœud coulant du parti de l’étranger que vous avez noué autour de notre nation ; c’est vendre notre pays, encore et toujours, aux ingérences étrangères que vous condamnez en paroles mais chérissez en actes.

Enfin, les Français savent, parce qu’ils le vivent dans leur quotidien, que votre gabegie budgétaire ne permet même pas de résoudre un seul problème du pays. Jamais dans l’histoire de France un gouvernement n’avait dépensé autant d’argent public, ponctionné autant d’impôts sur les Français, créé autant de déficit et accumulé autant de dettes pour des résultats aussi pitoyables.Le cri du cœur des gilets jaunes – Où va l’argent ? – rejoint aujourd’hui plus que jamais l’interrogation de l’ensemble des Français. Par un paradoxe dont seuls les macronistes ont le secret, plus vous dépensez l’argent des Français, plus vous aggravez leurs problèmes. Exiger toujours plus d’impôts, dépenser toujours plus de moyens tout en pourrissant le quotidien des Français, voilà le vrai bilan du macronisme !Je sais, monsieur le premier ministre, que vous allez réciter la litanie des bienfaits dont vous pensez avoir comblé la France. Vous nous parlerez des budgets que vous attribuez ici à l’armée ou à l’école, là aux forces de l’ordre ou à notre système de santé.Mais alors, pourquoi, collègues macronistes, socialistes et LR, pourquoi nos compatriotes expriment-ils une opinion parfaitement contraire à votre autosatisfaction ? Une majorité écrasante de Français vivraient-ils dans un monde parallèle, en compagnie du Rassemblement national ? Ou alors – une simple idée –, peut-être est-ce vous qui vivez dans un monde parallèle, à force de dorures, de palais de la République, d’éléments de langage pondus par des cabinets de communication et de stratégies foireuses élaborées par McKinsey.Un monde parallèle parfaitement décrit par l’ancien ministre de l’économie, Bruno Le Maire,…

…persuadé d’avoir géré les comptes publics « à l’euro près » – en réalité, à 60 milliards d’euros près – (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR), par Élisabeth Borne, capable d’affirmer, sans rire, qu’elle n’avait aucune leçon de finances publiques à recevoir, ou encore par Gabriel Attal, pris en flagrant délit de parjure en soutenant qu’il avait parfaitement géré les finances de la France, dans un exercice de déficit record.Le budget que vous imposez aux Français est contraire à tous vos engagements de redressement des comptes publics. Il est la preuve manifeste que vous êtes dans un déni total du réel – régime Potemkine reposant sur le mensonge d’État.Votre déni de la faillite budgétaire n’a d’égal que votre aveuglement coupable sur la submersion migratoire que connaît notre pays – submersion migratoire aggravée par Bruno Retailleau, jamais avare d’une énième trahison de ses électeurs. En paroles, toujours ces vaines, creuses et insupportables paroles, vous prétendez maîtriser l’immigration, contrôler nos frontières et renvoyer les clandestins.Dans la réalité, en 2025, votre gouvernement a délivré 11 % de titres de séjour de plus qu’en 2024. Vous enchaînez les tristes années records, sur ce sujet comme sur tant d’autres ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Alors que vous n’avez que l’immigration de travail choisie à la bouche, les titres de séjour pour motifs économiques baissent de 13 %. Alors que Bruno Retailleau, lorsqu’il était dans l’opposition, s’opposait à toute régularisation, il en a maintenu 90 % une fois entré au gouvernement.Votre mensonge sur l’état financier et économique du pays, tout comme votre échec face à la submersion migratoire qu’il subit, se traduisent d’ailleurs par un phénomène préoccupant, un énième tabou que seul le Rassemblement national ose évoquer : la fuite des Françaises et des Français de leur propre pays. Les clandestins étrangers restent, les talents français fuient, voilà le vrai bilan du socialo-macronisme à la sauce Retailleau ! (Mêmes mouvements.)Finalement, ceux qui parlent le mieux des macronistes, ce sont parfois les macronistes eux-mêmes. Rachida Dati, en son temps, avait qualifié le macronisme encore triomphant de « parti de traîtres de gauche et de traîtres de droite » : belle prophétie, que seule Marine Le Pen avait surpassée en dénonçant, quinze ans en avance, l’UMPS.Gabriel Attal, lui, a parfaitement analysé le macronisme agonisant, en vous qualifiant collectivement hier de « champ de ruines ». Une fois n’est pas coutume, comment donner tort à notre ancien premier ministre ? Après tout, que restera-t-il des macronistes après le départ d’Emmanuel Macron en 2027 ?

Plus de 1 500 milliards de dettes, une submersion migratoire hors contrôle, une école déclassée, un système de santé débordé, une souveraineté énergétique dégradée, une agriculture sacrifiée, une industrie en crise, un modèle d’assimilation républicaine abîmé, une réputation internationale déclassée : la liste, hélas, est non exhaustive.Un champ de ruines, oui, sur lesquelles rodent les centristes de toutes catégories, ahurissants ego sur pattes, se chamaillant pour savoir qui a le moins de convictions mais le plus de vanité pour continuer à gouverner la France. (Mêmes mouvements.) Car si la France est en ruine, les ambitions des centristes se portent au mieux : pas un jour sans que vos chamailleries ridicules n’alimentent les gazettes, pendant que les Français souffrent.Quelle belle métaphore involontaire de M. Attal pour définir ce qu’est l’extrême centre, de toute éternité : charmant peuple de nains de jardin opportunistes,…

…toujours prompts à s’imaginer comme des géants de l’histoire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) L’extrême centre n’a laissé et ne laissera dans l’histoire de notre pays, à travers tous les régimes que vous avez eu le malheur de hanter, qu’une seule trace : le goût amer de l’incompétence et de la trahison.Trahison nationale évidemment – nul besoin de développer – ; trahison des idées, quand vous en avez ; trahison des électeurs, quand il vous en reste ; et même trahison des amis. Un instinct de survie élémentaire pousse en effet le centriste au parricide, au matricide et au fratricide. C’est plus fort que lui, c’est plus fort que vous, c’est « à l’insu de votre plein gré » ! (Mêmes mouvements.)

Collègues macronistes, LR et socialistes, vous êtes des renards déguisés en agneaux. L’extrême centriste n’a d’ailleurs pas son pareil pour accuser ses adversaires de ses propres turpitudes. Vous accusez le Rassemblement national d’être démagogue,…

…alors que c’est vous qui ruinez la France avec des chèques en blanc avant toutes les élections. Vous accusez le RN d’être autoritaire, alors que c’est vous qui méprisez le résultat des élections et gouvernez contre nos institutions. Vous accusez le RN d’être antirépublicain, alors que c’est vous qui vous aplatissez devant l’islamisme et qui vous alliez à la moindre occasion à l’islamo-gauchisme. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Là encore, la liste est, hélas, très loin d’être exhaustive !Mais l’histoire de l’extrême centre nous rassure sur un point essentiel : votre règne toxique finit toujours par aboutir à la victoire des forces nationales. Du marais révolutionnaire au marigot de la IVe République, l’extrême centre a ruiné la France, sans savoir que les patriotes seraient toujours là pour la sauver.

Dans son malheur, la France a en effet la chance de conserver intactes les forces de son propre sursaut et de son propre redressement. La France souffre sous le poids mort de votre incompétence, de votre racket fiscal, de votre bureaucratie et de votre soumission aux intérêts étrangers.

Mais sitôt libérée de vous, la France renaîtra ! Chacun peut imaginer – et le Rassemblement national en premier lieu – ce que le talent de nos agriculteurs, de nos ouvriers, de nos entrepreneurs, de nos chercheurs, de nos enseignants, de nos soignants et de nos élus de terrain, ce que tous les talents de la France sauront accomplir avec des dirigeants qui les aiment, qui les respectent et qui les défendent – j’ai nommé Marine Le Pen et Jordan Bardella ! (Mêmes mouvements.)

Il est donc logique, chers collègues macronistes, socialistes et LR, que votre seul projet pour la France, après quinze interminables années de règne, est et sera toujours d’empêcher la victoire du Rassemblement national, tel l’extrême centre de la IVe République qui faisait tout pour empêcher le retour du général de Gaulle. (M. Antoine Léaument rit.)Mais le temps mûrit toute chose, y compris la vérité qui saute désormais aux yeux de tous.

Macronistes, LR, socialistes, vous êtes le malheur de la France ; nous, le Rassemblement national, sommes l’espérance et le sursaut ! (Les députés du groupe RN, rejoints par plusieurs députés du groupe UDR, se lèvent et applaudissent vivement.)

C’est raté !

C’était dans les années 1950 !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).