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Discours du 27 avril 2026

Jean-Philippe Tanguy · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°210

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Ni Emmanuel Macron ni votre gouvernement ne parviennent à cacher les résultats économiques catastrophiques de notre pays. Et pour cause, les Françaises et les Français le paient chèrement et directement dans leur quotidien. Qu’il s’agisse, hélas, du niveau réel des salaires et des pensions de retraite par rapport à celui de l’inflation, du poids exorbitant des dépenses contraintes dans le budget des familles, de la fermeture quotidienne des usines et du décrochage visible à l’œil nu de notre pays par rapport à ses voisins européens et à ses compétiteurs internationaux, ils savent que vous avez échoué. Nos compatriotes constatent l’effondrement des comptes publics, en premier lieu parce qu’ils épongent cet échec et votre mauvaise gestion en acquittant des impôts systématiquement en hausse.Contrairement à ce que vous avez encore affirmé en commission des finances il y a quelques minutes, monsieur le ministre de l’économie, les macronistes avaient bien promis – je cite Mme de Montchalin, s’exprimant en janvier 2025 sur TF1 – zéro hausse d’impôt pour les classes moyennes et populaires en 2025, et en particulier – je cite encore Mme de Montchalin – zéro hausse de la taxe sur l’électricité.

C’était évidemment faux : tout le monde pourra le vérifier, il y a bien eu une hausse de 4 milliards d’euros de la taxe sur l’électricité, et une hausse totale de 30 milliards d’euros des impôts pesant sur nos compatriotes – les Françaises et les Français finissent toujours par payer. Votre point commun avec la gauche – pardonnez-moi ce pléonasme –, monsieur le ministre, c’est que l’essentiel des hausses d’impôt que vous prétendez cibler sur les multinationales et les plus favorisés finit toujours par retomber sur les familles moyennes et populaires. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Pour le reste, l’état calamiteux des finances publiques reste – je m’en étonne et je le déplore – un sujet bien peu traité par le débat public, en particulier lors des dernières élections, où les lobbys, les intérêts divers et variés, et une grande partie des médias étaient plus soucieux de faire barrage à la vérité – le Rassemblement national – qu’à la faillite – le macronisme. Par un numéro de magie assez bien exécuté, je dois le reconnaître, vous avez réussi, monsieur le ministre, à maquiller l’état réel de notre pays. Nos finances publiques ressemblent pourtant bien plus à celles de l’Espagne ou de l’Italie avant la crise des dettes souveraines qu’à celles de l’Allemagne.Finalement, votre seul point commun avec Mozart, chers macronistes, n’est pas d’être virtuoses ou talentueux, mais de finir votre œuvre par un requiem inachevé. Désormais, on le sait, la meilleure définition du macronisme est celle d’un asile tenu par les fous.

Avec une vanité qui dépasse l’entendement, le gouvernement, lanterne rouge de l’Europe, continue à se prévaloir d’une compétence exclusive et imaginaire, prétextant toutes les crises possibles et imaginables pour justifier la dégradation des comptes publics, dont il est pourtant le seul responsable.Faut-il vous le redire, monsieur le ministre, tous les pays ont traversé le covid, tous ont connu les conséquences de la guerre en Ukraine ou de la crise iranienne, mais aucun n’est dans l’état de la France ; vous ne pourrez plus cacher ce désastre lors des débats de 2027. À chaque fois qu’un gouvernement d’Emmanuel Macron feint d’annoncer une bonne nouvelle, par exemple l’amélioration très relative d’un déficit monstrueux, celle-ci cache en réalité un coup de pouce dû à la conjoncture internationale et une amélioration du solde conjoncturel ; même l’année dernière, le solde structurel s’est dégradé de 0,1 point car vous n’avez fait aucune réforme.En réalité, depuis dix ans, vous avez commis deux erreurs magistrales. La première, c’est l’échec de votre politique économique. Si la politique de l’offre que vous avez commise avait été efficace, si l’économie était prospère, si la croissance était réelle, les caisses de l’État et celles de la sécurité sociale seraient pleines, et nous n’aurions pas ce débat. Si les caisses sont vides, c’est parce que vous avez ruiné notre économie.La deuxième, c’est l’absence de réforme structurelle. Si on lit l’ensemble des rapports publics annuels de la Cour des comptes de 2017 à aujourd’hui, les magistrats sont clairs : aucune baisse des dépenses structurelles n’est intervenue depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Même en 2017, alors qu’il était déjà aux affaires directement ou indirectement depuis cinq ans, la Cour des comptes indiquait que « le projet de lois de finances pour 2017 [n’était] porteur d’aucune économie structurelle » – et cela a été la même chose en 2018, en 2019, et tous les ans jusqu’à cette année. Pour 2025, je le répète, la très légère amélioration du déficit a été permise essentiellement par les 30 milliards de hausses d’impôt.À vrai dire, monsieur le ministre, je sais que vous vous moquez absolument de tout ce que les oppositions peuvent vous dire, et que vous ne tiendrez absolument pas compte de l’avis de l’Assemblée nationale. Votre gouvernement est aujourd’hui le plus illibéral de toute l’Europe. Cependant, je tiens à prévenir les Françaises et les Français du but réel de la dégradation des finances publiques. Emmanuel Macron a toujours su ce qu’il faisait ; il sait où il mène notre pays. Il faut toujours lire son action à l’aune d’un fil rouge : le fédéralisme européen. Le président de la République sait que les Français n’en veulent pas et n’en voudront jamais. À défaut d’être capable de les convaincre, il cherche à les contraindre en faisant passer notre pays sous les fourches caudines et la tutelle de la Commission européenne, comme l’Italie ou l’Espagne.La seule solution, une fois encore, c’est l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national, qui seul aura le courage de mener les réformes structurelles et de s’attaquer aux tabous, afin d’atteindre la cible des 3 % de déficit public. Courage, on arrive ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Sûrement pas !

Oui, puisque je n’ai pas eu de réponse !

Structurel, pas primaire !

La consommation des classes populaires, si !

Votre programme : pour sauver les chômeurs, supprimons l’assurance !

Les socialos sont des agents russes !

Sans blague !

Cela m’étonnerait !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).