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Discours du 19 mai 2026

Jean-Pierre Farandou · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°236

Vous avez raison : le taux de chômage atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, ce qui représente une augmentation de 0,2 point sur le trimestre et de 0,7 point sur un an. Cette situation exige vigilance et mobilisation, et elles sont au rendez-vous.Je rappelle tout de même que le contexte international est dégradé,…

…marqué par des tensions commerciales, des incertitudes géopolitiques et le ralentissement de l’activité. Le marché du travail français fait preuve d’une résilience réelle. Ainsi, le taux d’emploi des 15-64 ans atteint presque 70 % – il est quasiment à son plus haut niveau historique –, tandis que le taux d’activité s’élève à 75,6 % – son plus haut niveau depuis cinquante ans. Autrement dit, jamais autant de Français n’ont travaillé ou souhaité travailler, y compris parmi les jeunes et les seniors. Depuis la fin de l’année 2019, cela représente une augmentation de plus de 1,1 million du nombre de personnes en emploi et de près de 1,2 million du nombre d’actifs.La hausse du chômage, réelle, traduit un ralentissement conjoncturel – vous en conviendrez – (M. Christophe Bentz s’exclame), mais aussi et surtout une hausse de la population active. En effet, la systématisation de la démarche d’accompagnement des bénéficiaires du RSA que prévoit la loi pour le plein emploi donne lieu à la comptabilisation statistique de personnes qui étaient très éloignées de l’emploi et qu’on ne voyait plus. L’Insee le montre très clairement : sur le plan comptable, au cours du trimestre écoulé, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits auprès de France Travail contribuent pour près de 90 % à la hausse totale observée du chômage. Cela signifie qu’une part déterminante de cette hausse est le fruit d’une meilleure identification et d’un meilleur accompagnement de publics qui n’en bénéficiaient pas hier.Avec France Travail et les filières industrielles, nous avons établi une feuille de route qui prévoit 600 000 recrutements cette année pour l’industrie. Nous avons lancé un plan d’accélération pour l’emploi des jeunes dits plan Emploi futur, qui comprend quinze mesures articulées autour de trois axes majeurs. Nous sommes pleinement mobilisés avec les entreprises pour développer l’emploi et offrir du travail à tous les Français, dans une période économique particulièrement difficile pour le pays.

Nous avons conscience des difficultés que rencontre votre territoire et de la situation sociale qui en découle. Avec ma collègue Naïma Moutchou, ministre des outre-mer, j’ai été saisi par le préfet de La Réunion mais aussi différents parlementaires ainsi que des élus locaux à propos du montant de l’enveloppe budgétaire allouée aux parcours emploi compétences. En novembre 2025, vous m’aviez interrogé sur les difficultés rencontrées par les missions locales à La Réunion. Je vous avais alors répondu que l’une de mes priorités serait de renforcer l’accompagnement des jeunes éloignés de l’emploi en misant sur les dispositifs d’insertion les plus efficaces. J’ai tenu mon engagement puisque, dans le dernier budget, nous avons renforcé de 2,6 % par rapport aux crédits consommés la dotation dédiée à l’insertion par l’activité économique pour La Réunion, ce qui représente, pour 2026, un abondement de 800 000 euros lié aux mécanismes de rééquilibrage territorial.S’agissant des PEC, sur le plan national, nous consacrons en 2026 33 millions d’euros aux contrats aidés, ce qui permettra de financer 15 000 contrats.Pour La Réunion, la programmation prévoit que 25 % de la totalité des PEC lui seront alloués. C’est donc le territoire qui bénéficiera le plus de ce dispositif.D’autre part, j’ai contacté le préfet de La Réunion pour lui donner toute liberté de manœuvre dans l’allocation des crédits du fonds d’inclusion dans l’emploi. Il peut donc redéployer des crédits prévisionnels afin de financer de nouveaux contrats parcours emploi compétences.Enfin, rappelons pour mémoire que La Réunion avait reçu l’an dernier des enveloppes d’une ampleur exceptionnelle, qui n’ont pas été reconduites cette année. Il faut apporter des solutions sur le court terme. Je vais réfléchir, avec la ministre des outre-mer et le préfet, aux mesures que nous pourrions prendre afin de répondre aux attentes exprimées dans vos territoires. Le mécanisme des emplois aidés doit être de nature à favoriser le retour à l’emploi. Sur ce plan, nous devons procéder à des ajustements.

Je suis ministre du travail, je travaille sur ce sujet et nous sommes prêts à examiner de plus près ce qui se passe chez vous. Les contrats aidés, je le répète, ne favorisent pas l’insertion dans votre territoire comme nous l’aurions espéré. Il faudra s’y pencher.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).