Discours du 12 mai 2026
Jean-Victor Castor · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°230
Monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas sans savoir qu’en Guyane, la situation est chaotique. Dans la commune de Camopi, il risque d’y avoir des affrontements entre les autochtones et les orpailleurs illégaux, fortement armés. Les cartels s’installent partout. Le système s’effondre. L’économie, les entreprises, par centaines, ferment. Et vous décidez de réduire de 60 % la ligne budgétaire unique, alors que vous savez que des squats s’installent partout en Guyane. C’est de la folie !Et vous persistez ! Je vais vous donner un exemple de décision absurde, idiote, qui ne tient pas compte de la réalité de la Guyane. Le président de la République a décidé de faire procéder à un nouvel inventaire des ressources minérales, lancé il y a un an. J’ai alors sonné l’alerte : les Guyanais ne devaient pas en être exclus. Or un point d’étape a eu lieu il y a quelques semaines, et qu’avons-nous observé ? Qu’aucune structure guyanaise, aucune structure locale n’est représentée dans le comité de pilotage ! Cette façon coloniale de procéder (Protestations sur quelques bancs du groupe EPR, auxquelles répondent des exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP)…
…en 2026 ramène la Guyane à des situations que l’on pensait ne jamais revoir.Les populations sont laissées à elles-mêmes, elles doivent faire face à l’incurie de l’État. Je le disais à la ministre hier encore : la Guyane a besoin d’un plan de développement endogène qui lui permette d’accéder à ses ressources, de les maîtriser et de les mettre en valeur. C’est la seule solution, car les décisions prises à Paris ou à Bruxelles mènent la Guyane à la catastrophe. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)
Les faits sont têtus. La Guyane est totalement exclue des décisions prises à Paris ou à Bruxelles. Voilà la réalité !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).