Discours du 11 juin 2026
Jean-Victor Castor · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268
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Le sénateur Georges Patient, la sénatrice Marie-Laure Phinera-Horth et des représentants de la collectivité territoriale de Guyane sont présents dans les tribunes. Je ne parle pas en mon nom, ni en celui du groupe GDR, mais au nom des Guyanais. Tous les élus de Guyane – les cinquante et un élus de la collectivité territoriale, les quatre parlementaires, à savoir les deux sénateurs et les deux députés, et les vingt-deux maires – ainsi que l’ensemble des organisations et des chambres consulaires ont pris position sur le texte proposé par le sénateur Patient. On ne peut pas faire mieux.S’opposer à ce que le débat ait lieu en proposant des amendements de suppression constitue une atteinte absolue à la démocratie représentative et à la possibilité d’entendre ce que dit le territoire. En tant que Guyanais, j’interdis à quiconque de parler et de se sentir plus expert que moi. Ici même, lors du débat relatif au zéro artificialisation nette (ZAN), nous avons eu des échanges tendus avec le ministre Béchu, qui nous a dit que de toutes les façons, il fallait que le ZAN soit appliqué en Guyane.Le territoire guyanais est constitué à 97 % de forêts. Le collègue Zulesi, la présidente Clémence Guetté, ici présente, le collègue Leseul et moi-même avons mené une mission d’information sur l’aménagement et le développement durables du territoire en Guyane. Quand ces collègues sont venus en Guyane, la première chose que j’ai voulu faire, c’était de leur faire survoler le territoire. Ils ont tous eu la même réaction : « Mais il n’y a que de la forêt ! »Monsieur Lescure, vous nous promettez qu’enfin, la France métropolitaine s’intéressera aux territoires d’outre-mer. Soyez sérieux : cela fait des dizaines et des dizaines d’années que l’on promet l’égalité sociale, le développement économique endogène, et cetera, et cetera, et cetera. Vous n’avez aucune connaissance de la réalité de nos pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.) Aucune ! Dans votre intervention, vous n’avez à aucun moment parlé de la région à laquelle nous appartenons – le canal du Mozambique pour Mayotte et le plateau des Guyanes pour la Guyane.Chers collègues, savez-vous qu’il y a de l’exploration et de l’exploitation pétrolières sur l’ensemble du plateau des Guyanes et que toutes les compagnies pétrolières sont présentes sur le canal du Mozambique ? Il faut cesser cette hypocrisie française qui consiste à dire « nous protégeons, nous protégeons, nous protégeons », alors que, par ailleurs, vous bénéficiez de l’exploration et de l’exploitation pétrolières qui se font partout dans le monde. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)Je suis ici debout, face à vous, pour vous dire que je suis un Sud-Américain, un Amazonien, et que je sais ce qui se passe dans ma région. Davy Rimane et moi-même nous sommes rendus au Guyana à la demande de l’ambassadeur de France, qui nous a priés d’aller voir ce qui s’y passait. Le Guyana a foré plus de trente fois avant de trouver des puits rentables. J’ai rencontré tous les experts, ceux du Brésil, ceux du Suriname et ceux du Guyana ; tous disent que la Guyane présente les mêmes caractéristiques géologiques et pédologiques et que nous avons affaire à la même nappe de pétrole et de gaz. (M. le ministre fait un signe de dénégation.)
Que M. Lescure utilise la parole de M. Pouyanné, soit, mais il est un peu gênant que des collègues de gauche prennent M. Pouyanné comme référence. Alors qu’il a obtenu des permis de recherche sur des surfaces maritimes de 26 000 kilomètres carrés, il n’a eu que quatre mois pour réaliser des forages en 2018-2019. C’est totalement impossible ! Sur quels éléments vous fondez-vous pour dire que c’est un mirage et qu’il n’y a pas de pétrole ? Chiche, monsieur le ministre : si vous considérez qu’il n’y a rien, qu’est-ce qu’on interdit ?
Vous n’avez pas à avoir peur : s’il n’y a rien, aucune compagnie pétrolière ne viendra explorer et faire de la recherche. Votre postulat de départ consiste à dire que c’est un mirage. Levez l’interdiction : la collectivité territoriale de Guyane aura toute la compétence pour donner les autorisations, et on verra ce que l’on verra. Vous voulez interdire de savoir. Le Guyana a mis le temps qu’il fallait, parce que cet État avait la volonté et qu’il savait que cela pouvait être une manne importante. Passer de 4 à 5 milliards de dollars de PIB à 26 milliards, c’est énorme pour des pays qui ont de très faibles populations.Mon collègue Davy Rimane, la totalité des élus de Guyane, le monde socio-économique guyanais et moi-même ne sommes pas des climatosceptiques. Nous sommes des personnes très réalistes. Nous vivons dans des territoires – en Guyane, à Mayotte et à Saint-Pierre-et-Miquelon – où les choses se passent au moment où nous débattons. Au moment où je vous parle, de jeunes Guyanais quittent d’ores et déjà notre pays pour aller travailler au Guyana. Je l’ai dit en commission, quel que soit le président de la République qui sera élu en 2027, quel que soit le nouveau gouvernement, la situation en Guyane et dans le canal du Mozambique sera intenable. Face aux dynamiques à l’œuvre et à leurs conséquences économiques, commerciales, financières, diplomatiques et environnementales, nous ne pouvons pas laisser la Guyane hors du champ.S’agissant du risque majeur de fuite, vous voyez bien où se situe la Guyane : une fois que les plateformes pétrolières seront implantées au Brésil, à quarante-cinq minutes de la frontière à vol d’oiseau, la Guyane sera immanquablement affectée en cas de fuite dans ce pays. Il en sera de même en cas de fuite au Suriname ou au Guyana. Collègues, revenez sur terre ! Ne soyez pas déconnectés des réalités que nous vivons ! Il y a trois ou quatre jours, j’étais à Oiapoque, à la frontière. Trois ministres de Lula étaient présents. Oiapoque était une ville d’à peine 500 habitants il y a quelques dizaines d’années. Elle en compte déjà 40 000, et elle en comptera 150 000 d’ici cinq ans.Et en France, que se passe-t-il ? Quel est le regard de l’État ? Rien ne se passe. L’immobilisme est total, alors que la population s’appauvrit ! Monsieur le ministre, vous avez cité quelques indicateurs économiques et sociaux. Savez-vous à combien s’élève le taux de suicide chez les peuples autochtones, à l’intérieur de la forêt guyanaise ? Il atteint parfois des niveaux huit à douze fois supérieurs à ceux observés en France métropolitaine.Vous n’avez pas parlé de la précarité et du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté. En 2017, 30 % de la population guyanaise vivait sous le seuil de pauvreté – vous trichez sur ce seuil, qui est plus bas que celui de la métropole, pour que les chiffres ne gonflent pas. Cinq ans après, en 2022, ce chiffre s’élevait à 53 %. Imaginez une hausse de 23 % du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en l’espace de cinq ans en France ! S’il vous plaît, arrêtez les discours, arrêtez les promesses. Au moment où je vous parle, les Guyanais, mais aussi les habitants des autres territoires, en particulier Mayotte, suivent nos discussions et s’y intéressent.Toutes les promesses qui ont été faites pour la reconstruction de Mayotte m’ont fait penser à l’île de Saint-Martin, qui comporte une partie hollandaise et une partie française. Dans la partie hollandaise, tout a été reconstruit en un an ou un an et demi. Dans la partie française, la reconstruction n’est toujours pas terminée. La France n’est pas à la hauteur. Pendant près d’un siècle, les promesses qui ont été faites n’ont jamais été tenues. J’évoquerai les autres sujets lorsque je m’exprimerai en tant que rapporteur sur les amendements. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)
Ils ne sont pas guyanais !
Je ne répondrai pas à toutes les interventions.Monsieur le ministre, je souhaite d’abord vous parler de Total. L’entreprise n’a jamais véritablement exploré le potentiel pétrolier de la Guyane. Pour l’unique forage qu’elle a réalisé, en 2018, elle s’est appuyée sur des données sismiques datant de 2011 qu’elle avait rachetées, sans campagne d’exploration, c’est-à-dire avec une connaissance extrêmement limitée du sous-sol. Par ailleurs, le titulaire principal du permis Guyane maritime n’était pas Total, mais Tullow Oil et Shell, qui ont mené l’essentiel des travaux d’exploration. Il est donc faux de prétendre que le potentiel pétrolier guyanais a été pleinement évalué.Il faut également rappeler que l’État ne détient aucune participation dans le capital de TotalEnergies et n’exerce donc aucun contrôle direct sur les choix stratégiques du groupe. Enfin, les performances de Total reposent largement sur d’autres activités que l’exploration pétrolière – vous le savez tous ici. En résumé, un seul forage réalisé en s’appuyant sur des données anciennes ne permet en aucun cas de conclure à l’absence de ressources exploitables en Guyane. Le postulat de départ – s’il y avait du pétrole, M. Pouyanné l’aurait annoncé – est donc faux.Je veux appeler votre attention sur un autre point. Nous avons débattu dans cet hémicycle à propos de la Nouvelle-Calédonie Kanaky. Les collègues qui parlent de façon péremptoire et paternaliste…
Chère collègue écologiste, faites attention à la façon dont vous vous adressez aux élus de Guyane, de Mayotte ou de Martinique. Vous n’avez pas à décider pour nous, à fixer notre trajectoire de développement. Les Guyanais ont-ils été consultés au sujet de la loi Hulot et de son périmètre ?
Avons-nous été consultés ? Non !
Laissez-moi terminer ! Par ailleurs, à l’époque, le Conseil d’État vous avait avertis en insistant sur le fait qu’il fallait tenir compte des territoires ultramarins. Ces derniers contribuent déjà largement à la lutte contre le réchauffement climatique. La forêt représente 97 % du territoire guyanais. Vous nous parlez de protéger la forêt et de lutter contre le réchauffement climatique : les orpailleurs illégaux ont complètement détruit 18 000 kilomètres carrés de sols forestiers.
On ne parle pas d’un peu de pollution, mais d’intoxication au mercure ! Ce fléau touche jusqu’à la ville de Kourou. Les promesses, cela fait quarante ans qu’on nous en fait ! Certains d’entre vous ont fait partie de gouvernements de gauche – Mme Voynet, par exemple – durant cette période où l’orpaillage a commencé à détruire la forêt et sa faune. C’est ce combat qu’il faut mener en Guyane, au lieu de nous interdire de tracer notre propre trajectoire !Quant au milieu halieutique, il subit les destructions causées par des filets dérivants qui font parfois trente ou quarante kilomètres de long, placés par des pêcheurs qui viennent de Corée ou d’ailleurs. Que fait le pouvoir régalien ? Que font les écologistes ?
Nous sommes très vigilants sur la question du climat et la protection de la nature – c’est dans nos gènes ! Nous n’avons pas de leçons à recevoir des pays occidentaux !
Nos us et coutumes impliquent que nous prenions ces questions en compte. (M. Davy Rimane applaudit.)Mais qui financera la transition écologique en Guyane ? Croyez-vous vraiment à ce que vous dites quand vous parlez d’un futur 100 % énergies renouvelables en Guyane ? Vous rendez-vous compte que la production d’énergies renouvelables ne représente que 25 % de notre consommation ? Et savez-vous pourquoi on utilise des hydrocarbures pour les 75 % restants ? Il n’y a pas de routes, chers collègues ! Sept de nos vingt-deux communes sont complètement isolées. Accepteriez-vous qu’en France, plus de 40 000 personnes ne puissent pas circuler durant quatre à cinq mois ? (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)
Laissez-moi parler ! Les habitants de Maripasoula, de Papaïchton, de Grand-Santi ont été contraints de passer par le Suriname – en prenant un avion depuis une île frontalière jusqu’à la capitale, Paramaribo – puis de prendre la route jusqu’à Albina avant de remonter presque toute la côte pour atteindre Cayenne ! Qui aurait accepté cela ici ? Personne ! (M. Frédéric Maillot applaudit.) Nous ne croyons donc plus aux promesses. Nous souhaitons simplement décider nous-mêmes des trajectoires de développement endogène, car nous disposons des ressources nécessaires.Un dernier point : la Chine contrôle 80 % de la chaîne des terres rares, de l’extraction à la fabrication de produits que nous utilisons tous, moi compris, comme les puces de nos téléphones. Sous l’impulsion de l’Europe, la France a décidé d’inventorier ses ressources minérales. La Guyane a été choisie dans le cadre de ce programme : un tiers du territoire guyanais est passé au crible. Donc, pour une question de souveraineté sur les terres rares, la France trouve normal de raser, de déboiser et d’exploiter. Cela ne gêne personne,…
…y compris à gauche !Mon collègue Davy Rimane et moi avons dû intervenir en début de législature car certains collègues de gauche avaient décidé de publier des communiqués appelant à exploiter la biomasse solide en Guyane, c’est-à-dire à déforester pour produire de l’énergie. Mais aujourd’hui, quand des autochtones ou des habitants de la Guyane coupent un arbre, l’Office national des forêts (ONF) vient leur causer des problèmes. Dans le même temps, on importe du bois du Suriname et du Brésil !Ce sont autant d’incohérences – des incohérences et non des frustrations, monsieur le ministre. Les Guyanais – et plus largement les habitants des territoires d’outre-mer – ne sont pas frustrés : ils constatent simplement l’échec complet de toutes les politiques publiques menées par l’État dans nos pays ! Nous voulons déterminer nos trajectoires et nous saurons le faire. Nous ne pouvons de toute façon pas faire pire que ce que vous avez fait chez vous, en Occident ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Jiovanny William applaudit également.)
L’avis sera défavorable, mais je me félicite que Mme Pannier-Runacher s’exprime sur le sujet, car lorsqu’elle était ministre de la transition écologique, j’ai eu l’occasion de l’interpeller à plusieurs reprises. Je me souviens, madame la ministre, vous avoir demandé de pouvoir participer aux COP – j’ai même dû vous relancer plusieurs fois.
La dernière fois que je vous ai interpellée, c’était pour vous dire que les orpailleurs illégaux étaient arrivés dans la station de captage de La Comté – c’est-à-dire qu’après avoir intoxiqué au mercure toute la population de l’intérieur, ils allaient faire de même avec la population de toute la Guyane. Quelle a été la réaction des pouvoirs publics ? Rien.
Le parc national vient de publier son dernier rapport, madame la ministre : il y a plus de 189 sites d’orpaillage illégaux dans le cœur du parc, pourtant censé être la zone la plus protégée de la forêt guyanaise. Quand je vous dis que les Guyanais ne vous croient pas, c’est bien parce qu’ils savent comme moi que vous avez été au pouvoir, que vous avez assumé des responsabilités en tant que ministre. Donc, nous ne vous croyons pas !
Sur la question du réchauffement climatique, nous vous le redisons : nous ne sommes pas des climatosceptiques.Enfin, juste un mot concernant le Guyana : ils sont en train de construire une route, une vraie route, qui partira de Georgetown et rejoindra la frontière du Brésil – soit 450 kilomètres de route, qui seront réalisés en deux à trois ans. Savez-vous combien de routes la France a construites en Guyane, madame la ministre ? 450 kilomètres, en quatre cents ans de présence.
Je ne peux pas vous laisser dire cela, monsieur le ministre. Je n’ai pas fait l’inventaire des constructions pétrolifères édifiées au Guyana, mais si vous parlez de votre carte, je pourrais vous en présenter d’autres qui montrent que la Guyane a exactement les mêmes caractéristiques géologiques et pédologiques.
Non, c’est totalement faux. Pourquoi la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) n’a-t-elle jamais communiqué aux collectivités de Guyane les éléments bruts des prospections que les compagnies ayant procédé aux recherches sont censées lui fournir après la fin du permis de recherches ? À aucune collectivité ! Et concernant l’inventaire des ressources minérales (IRM), un point d’étape a été présenté récemment par le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) : il est apparu que l’organigramme du comité de pilotage de l’inventaire ne comportait aucune instance guyanaise ! Ni les élus, ni la Fédération des opérateurs miniers de Guyane, ni les autochtones, personne ! Ce ne sont que des gens exogènes au territoire. Pensez-vous que ce soit normal ? La raison de tout cela est simple : tout est caché, tout est masqué, il a été décidé depuis des années que notre territoire devait rester sous cloche ! Raison de plus pour ne pas vous croire. Mais la nature a horreur du vide et quand les activités illégales prennent le dessus sur les activités légales, il n’y a plus personne pour arrêter les dégâts. Et je vous le dis ici : vous êtes en train de cautionner une catastrophe gigantesque en Guyane en permettant aux cartels de prendre la main ! Trafic d’or, trafic d’armes, prostitution, trafic d’êtres humains et orpaillage illégal ! Ce sont les mêmes qui s’infiltrent petit à petit dans les institutions guyanaises.Que voulez-vous donc, au juste ? Laissez-nous définir en Guyane, comme dans les autres territoires ultramarins, la façon dont nous voulons conduire notre développement, y compris pour ce qui concerne l’accès à nos ressources et la biodiversité. Savez-vous que nous ne percevons rien, absolument rien du produit de la taxe carbone ? Pas un euro ne va à la Guyane !
La Guyane, c’est pourtant 8,4 millions d’hectares ! (M. Frédéric Maillot applaudit.)
Ou en pirogue, peut-être !
Défavorable.
Défavorable. Nous avons auditionné notre collègue Lenormand, qui a indiqué que des prospections menées il y a une vingtaine d’années montraient des réserves de gaz. Il soutient l’élargissement du texte à Saint-Pierre-et-Miquelon décidé au Sénat.
Avis défavorable.
Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.
Mon avis sera défavorable. Pour rappel, les demandes font toujours l’objet d’une enquête. Cela ne sert à rien d’en rajouter.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Le vrai mirage, c’est ce qui vient de se passer ici.
Ce n’est pas un abandon des territoires d’outre-mer, c’est une continuation des rapports coloniaux. D’une façon paternaliste, on nous dit ce qui est bon et ce qui n’est pas bon pour nous.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, l’Occident, particulièrement la France, devrait commencer par réduire sa consommation – drastiquement.
Or elle ne le fait pas. Nos pays, en particulier la Guyane, constituent votre droit à polluer – ne l’oubliez jamais !Lorsque le collègue Davy Rimane a parlé tout à l’heure, il n’a pas agité une menace. Vous allez créer des troubles à l’ordre public. En effet, la démocratie représentative s’est exprimée ; l’ensemble de la classe politique guyanaise et l’ensemble des acteurs socioprofessionnels guyanais vous ont adressé une demande, Dès lors que vous la rejetez de cette façon, vous imprimez une autre trajectoire à la prise de parole et aux formes d’expression. N’oubliez jamais cela !En tant que député de la Guyane, compte tenu de ce qu’a été tout mon parcours politique, je le dis ici solennellement : j’appelle les Guyanais à la désobéissance civile.
Je sais que je n’ai pas le droit de le faire en tant que député, mais on ne peut plus croire aucun gouvernement ! Chaque fois, on en est resté au stade des promesses. Je vous l’ai dit en commission, et ne l’oubliez jamais : pendant que je vous parle, des Guyanais meurent – des jeunes, des adultes, des personnes âgées –, et c’est de votre responsabilité.
Les Guyanais et les habitants de l’outre-mer n’ont pas à protéger la nature ou la Terre plus que vous ne le faites !
M. le rapporteur s’en va ! (M. Jean-Victor Castor, rapporteur, regagne sa place sur les bancs du groupe GDR.)
Vous ne faites que des promesses !
Pas la peine !
Vous ne l’avez pas respectée !
C’est du blabla !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).