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Discours du 13 mai 2026

Jérôme End · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°232

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Tout à fait !

Certains sujets, dans cette assemblée que j’ai rejointe récemment, transcendent les clivages politiques. Ce sont des thèmes pour lesquels le mot consensus prend tout son sens parce que l’intérêt général est en jeu. L’un d’eux nous réunit aujourd’hui : la lutte contre les cancers pédiatriques.Le constat est sans appel : chaque année, plus de 400 enfants et adolescents de 0 à 17 ans décèdent en France d’un cancer pédiatrique, et près de 6 000 à l’échelle européenne. Il s’agit principalement de leucémies, de tumeurs du système nerveux central et de lymphomes. C’est un phénomène que personne ne peut minimiser car il s’agit en France de la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de plus de 1 an. Les deux tiers de ceux qui survivent souffrent ou souffriront des séquelles de leur traitement, voire développeront à nouveau un cancer au cours de leur vie. C’est donc un enjeu de santé publique important.Or, malheureusement, les recherches sont peu développées pour les maladies rares telles que l’oncologie pédiatrique. Depuis 2009, sur 150 médicaments anticancéreux développés pour l’adulte, seuls 16 ont été autorisés pour une indication spécifique de cancer pédiatrique, et encore ne concernent-ils que des tumeurs responsables de moins de 4 % des décès par cancer chez les enfants. Sur cette même période, aucun traitement n’a été spécifiquement développé pour les enfants atteints des cancers les plus mortels.C’est donc un véritable angle mort de notre recherche que cette proposition de loi propose de combler, d’autant plus qu’en parallèle, comme le souligne très justement le rapport de notre collègue, l’écosystème d’innovation est fragilisé : la complexité croissante des innovations médicales rend le financement de la recherche et du développement toujours plus difficile et coûteux, et les investissements privés se concentrent malheureusement sur les aires thérapeutiques où les perspectives de marché permettent un retour sur investissement prévisible.Je tiens ici à saluer le travail de Mme la rapporteure Marie Récalde, qui nous offre ainsi l’occasion d’agir sur ces sujets. Je salue aussi l’ensemble des acteurs qui se mobilisent pour lutter contre les cancers de l’enfant : je pense aux professionnels de santé, aux cancérologues pédiatres, aux chercheurs, mais aussi aux associations de patients ou de parents de patients – j’ai pu échanger avec certains d’entre eux venant de mon département, la Moselle. L’examen de ce texte est l’occasion de les remercier pour les vies qu’ils sauvent.Vous l’aurez compris : le groupe de la Droite républicaine soutient la démarche engagée par cette proposition de loi, en particulier son article 1er. Celui-ci tend à créer un fonds d’investissement public visant à permettre le développement de start-up françaises du médicament pédiatrique en donnant la priorité aux cancers et aux pathologies de mauvais pronostic. Je le dis clairement : nous voterons ce texte, même si, en l’état de la rédaction de la proposition de loi, nous ne pouvons que regretter la solution de financement proposée à l’article 2 : une taxe supplémentaire sur le secteur pharmaceutique qui aurait pour effet d’alourdir la fiscalité.Pour nous assurer que ce texte puisse être définitivement adopté, et dans la mesure où nous n’en sommes qu’au début de son parcours législatif, je vous appelle, madame la ministre, madame la rapporteure, à explorer d’autres pistes de financement afin de trouver les 50 millions à 70 millions d’euros nécessaires. Il pourrait s’agir d’un gel des crédits des opérateurs financés par l’État et par la sécurité sociale dans le prochain budget, de la publication rapide des décrets d’application de la future loi sur la fraude fiscale et sociale, pour obtenir le plus rapidement possible les effets économiques escomptés, de l’adoption rapide du projet de loi sur les ruptures conventionnelles, qui permettrait de dégager jusqu’à 1 milliard, ou encore d’une réduction globale du train de vie l’État, une piste que nous défendons lors de chaque exercice budgétaire. Nous ne devons pas perdre de vue ce dernier objectif dans les futurs débats.Sachant qu’un amendement de repli, adopté en commission des affaires sociales, a ramené à 0,10 % le taux de la contribution initialement fixé à 0,15 %, et surtout parce que le cancer pédiatrique compte parmi les maladies les plus éprouvantes, tant par la souffrance qu’il engendre que par l’injustice qu’il représente, notre groupe votera en faveur de cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).