Discours du 22 octobre 2024
Jordan Bardella · Nécessité urgente d'instaurer un cessez-le-feu au Liban et de protéger la mission de la FINUL au vu des récentes attaques (débat)
Madame la Présidente, mes chers collègues, le 10 octobre 2024, le contingent des Casques bleus des Nations unies au Liban a été la cible de tirs volontaires de la part de l’armée israélienne. Je veux dire ici qu’aucun pays, aucune démocratie ne peut tolérer ce type d’agression délibérée.
Depuis près de un an, dans le seul but d’assurer sa survie, Israël s’est lancé dans un combat légitime visant à neutraliser le totalitarisme islamiste au Proche-Orient. Une lutte nécessaire, qui doit se faire dans le respect du droit de la guerre et des conventions internationales. L’offensive israélienne récente a conduit à la neutralisation des terroristes du Hezbollah, à la solde de l’Iran, qui, depuis quarante ans, sèment la terreur et la pauvreté au sein du peuple libanais.
Parce que l’histoire nous lie, aucun Français, aucune Française ne peut rester indifférent à la situation préoccupante du Liban, à ses souffrances, à ses défis économiques, financiers, démocratiques et civilisationnels. L’histoire du Liban est le réceptacle de celle du Proche-Orient. Chaque crise, chaque conflit se répercute sur sa terre, dans ses frontières et dans sa chair.
La France en a payé un lourd tribut il y a tout juste quarante et un ans, le 23 octobre 1983, lorsque 58 soldats français avaient été lâchement assassinés par les islamistes du Hezbollah lors de la guerre civile. Je veux ici leur rendre hommage. Amie du Liban, protectrice des chrétiens d’Orient depuis saint Louis, la France doit tout mettre en œuvre pour que l’offensive militaire en cours épargne les civils et les infrastructures essentielles. «Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples», confiait le général de Gaulle.
La France a un rôle et une tradition historiques. Puissance d’équilibre, elle peut compter sur sa diplomatie comme rempart ultime face à la guerre généralisée au Proche-Orient et au Moyen-Orient, une guerre dont l’onde de choc serait ressentie jusqu’ici, en Europe, et qui provoquerait par la même occasion de nouvelles vagues migratoires sans précédent.
À l’heure où le conflit généralisé menace, il nous incombe de faire advenir ce qui paraît aujourd’hui impensable: la paix, la paix et la paix. Celle-là ne pourra se faire que lorsque le Liban aura recouvré la pleine souveraineté sur son territoire et qu’il sera débarrassé de la mainmise islamiste, du désordre intérieur et des désolations de la guerre.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.