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Discours du 18 décembre 2024

Jordan Bardella · Préparation du Conseil européen des 19 et 20 décembre 2024 (débat)

Madame la Présidente, Madame la Présidente von der Leyen, oserez-vous regarder les agriculteurs français dans les yeux? Il y a quelques jours, de votre propre chef, et manifestement en notre nom à tous, vous vous rendiez en Uruguay pour conclure un accord de libre-échange avec le Mercosur, qui s’apprête à signer la mort de milliers d’exploitations agricoles françaises. Le lendemain, comme l’aveu d’un crime économique et politique, vous renonciez précipitamment à votre visite prévue en France à l’occasion de la réouverture de Notre-Dame. Quel courage!

Ces dernières heures, votre formation politique, le PPE, refusait qu’un débat soit programmé aujourd’hui même sur l’urgence agricole et sur cet accord, que le Parlement français, celui de la deuxième économie du continent, celui d’un membre fondateur de l’Union européenne, a démocratiquement rejeté. Comment ne pas douter de cet accord de libre‑échange lorsqu’il s’apprête à nous mettre en concurrence avec des pays utilisant des antibiotiques activateurs de croissance ou des substances phytosanitaires qui, pour près de 80 % d’entre elles – celles utilisées au Brésil, notamment – sont interdites en France? Pour permettre à l’Allemagne d’exporter des Mercedes, vous décidez de sacrifier l’agriculture française. Madame von der Leyen, un paysan français vaut‑il moins qu’une berline allemande? Notre souveraineté alimentaire ne mérite pas d’être bradée sur l’autel de vos contradictions, de votre ivresse normative et d’accords commerciaux injustes et déséquilibrés.

Nos agriculteurs sont aujourd’hui à la croisée des chemins et au cœur d’un défi existentiel: exister ou disparaître. L’agriculture a forgé la puissance française et européenne. Elle a façonné nos paysages et dessiné la France. Elle n’est pas seulement une filière stratégique pour le pays ou la garantie de notre autonomie, elle est le cœur battant de la France et une part inestimable de notre identité nationale. Le combat contre ce traité n’est pas terminé, et je conserve l’espoir qu’une minorité de blocage soit constituée au Conseil. Devant votre jusqu’au-boutisme sur cet accord, qui rejoint votre rejet obsessionnel du nucléaire et votre acharnement à imposer aux entreprises européennes toujours plus de normes, il me vient une question en tête – au fond, la seule qui compte: pour qui et pour quels intérêts travaillez‑vous réellement?

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.